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La diplomatie marocaine a mal: Des serviteurs qui se servent…

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C’est une boite de Pandore qui s’ouvre avec le ramdam qui entoure le remplacement au pied levé de l’ambassadeur du Maroc accrédité à Madagascar. Un diplomate qui plus est « doyen des ambassadeurs » dans la Grande Ile est tombé en disgrâce pour des raisons qui dépassent l’entendement. La liste des méfaits reprochés à Mohamed Amar va des détournements de fonds humanitaires destinés à la population malgache jusqu’à l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays ami en passant par des comportements peu recommandables qui plus est venant d’un diplomate. Jamais un scandale aussi retentissant n’a éclaboussé autant la diplomatie marocaine. Une affaire qui n’est absolument pas anodine à l’heure où le Royaume qui se déploie avec force et énergie dans le continent africain a besoin d’une diplomatie des plus performantes pour baliser la voie à l’action politique et économique et faciliter le rapprochement entre Rabat et les capitales ciblées. L’affaire est donc grave et suffisamment révélatrice des lacunes dont pâtit la machine diplomatique dont le moteur doit ronronner sans le moindre à-coup. Certes, il faut croire que le choix des hommes et des femmes devant représenter le Royaume dans les diverses contrées s’opère sur la base de critères sélectifs des plus rigoureux. Et nombreux sont les cadres qui ont intégré le ministère des Affaires étrangères et de la coopération avec bonheur. En accomplissant leurs tâches dans le respect total des us en vigueur et en portant haut l’étendard marocain. Mais il est tout aussi vrai que dans la masse des ressources humaines promues à des missions des plus régaliennes, bien des brebis galeuses réussissent à passer le filtre de la sélection, sans accroc… Pour être propulsées à des postes de haute responsabilité dont ni l’épaisseur de leur CV, ni le poids de leur capital relationnel, combien même il serait étoffé, ne les prémunissent contre le cumul des ratés. Combien de carriéristes à la peau endurcie ont réussi à nager entre deux eaux sans se mouiller alors que le retour sur investissement, sur leur petite personne, n’a rien apporté au pays? Pourtant, dans le monde actuel, la diplomatie exige des profils pointus qui ne raisonnent pas en des termes bassement mercantiles du type « pas d’intérêt, pas d’action », l’intérêt en question ici étant bassement personnel. Un diplomate est supposé servir dans les règles de l’art les intérêts supérieurs de son pays avec, à l’esprit, une haute estime de la fonction qu’il occupe. Bref, un vrai patriote qui place la main sur son cœur lorsqu’il est question de faire redorer le blason de son pays. Et s’interdit de se servir dans les fonds mis à disposition pour assurer une parfaite défense des intérêts nationaux et un meilleur rayonnement de la patrie.
Il faut croire que la diplomatie marocaine est bel et bien malade d’un trop plein de nonchalance et de relâchement. La plus haute autorité du pays l’a relevé en soulignant, à plusieurs reprises, la nécessité de mettre l’action diplomatique au diapason des défis de l’heure. La pro-activité étant la valeur sûre et cardinale pour déjouer les desseins malveillants des adversaires du Royaume. Une telle démarche principielle est-elle pour autant tombée dans les bonnes oreilles ?
En attendant, la diplomatie marocaine ronronne. Elle réagit plus qu’elle n’agit en amont, comme vient de le démontrer le triste épisode du sommet arbo-africain de Malabo. Elle siphonne les fonds, « caisses noires » en premier, pour permettre à d’indignes représentants du pays à l’étranger de faire fortune pour atterrir, une fois le retour au pays « négocié », sur un matelas confortable. Seuls les vrais militants peuvent dormir tranquilles à l’idée d’avoir accompli la mission pour laquelle ils ont été choisis. Quant aux autres, tous les autres, l’idée du moindre contrôle de leur patrimoine, et les signes de richesse qu’ils étalent pour épater la galerie ne manquent pas, les fait trembler de la tête aux pieds. Comme des feuilles mortes juste propres à mettre, à coup de pelletés, dans les poubelles de l’histoire.
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