Discours royal depuis Dakar : La constance du jardinier…

Le Roi n’en finit pas d’étonner en bousculant les traditions bien ancrées. C’est ce qu’il a fait en ayant opté pour Dakar pour prononcer le traditionnel discours du 6 novembre marquant l’anniversaire de la Marche Verte. Comme il n’en finit pas de désarçonner, de la sorte, les adversaires de la cause nationale en multipliant les démarches diplomatiques susceptibles de se traduire par des gains susceptibles d’amorcer une dynamique porteuse pour enterrer un conflit somme toute factice. C’est au cœur de l’Afrique, au Sénégal où il entame une visite d’Etat qui succède à l’équipée royale dans deux pays de l’Afrique de l’Est, Rwanda et Tanzanie, que le Souverain a réaffirmé une fois de plus sa volonté, ferme, de voir le Maroc intégrer l’Union africaine (UA) après avoir claqué la porte à l’OUA en 1984. « Le Maroc est de retour pour retrouver sa place naturelle » dans le Continent a plaidé le Roi en ce dimanche 6 novembre tout en réaffirmant la « marocanité immuable » des Provinces sahariennes récupérées depuis 1975.
Après une escale au Gabon, Mohammed VI a rendu un vibrant hommage au Sénégal, pays qui n’a jamais failli à ses obligations à l’endroit du Maroc et de son intégrité territoriale. Le message de Dakar n’est pas anodin en ce sens qu’il consacre cette « constance du jardinier » que déploie le Roi en terre africaine pour faire entendre la voie de la raison non seulement à ses principaux détracteurs dans le Continent, l’Algérie ayant réussi, dans sa lutte contre les intérêts bien compris du Royaume, à gagner les faveurs de deux puissances africaines qui comptent : l’Afrique du Sud et le Nigéria, mais aussi à tous les autres Etats que les basses machinations d’une diplomatie algérienne encore conquérante auront réussi à convaincre des thèses sécessionnistes. Le meilleur moyen pour infléchir les positions des uns et des autres étant un travail au corps au sein même des instances de l’union panafricaine que le Maroc avait choisi de déserter. Depuis la mi-juillet, une demande expresse a été formulée par Rabat pour un retour à l’U.A qui permettrait, sans aucun doute, d’inverser la vapeur. « Le Maroc dispose d’une majorité écrasante pour occuper son siège au sein de la famille institutionnelle africaine », a assuré Mohammed VI. « Et lorsque nous annonçons notre retour, nous ne demandons la permission de personne pour obtenir notre droit légitime », a-t-il martelé. Comprenne qui voudra, une sourde bataille étant menée par Alger et ses soutiens inconditionnels pour multiplier les embuches face à la démarche marocaine. Bien entendu, le Souverain n’a pas manqué de réaffirmer les fondamentaux de la démarche marocaine. Le retour à l’UA « ne changera rien dans nos positions immuables concernant la marocanité du Sahara » devait-il préciser tout en rappelant le bien fondé d’un tel come back qui, note-t-il, « nous permettra plutôt de défendre nos droits légitimes et de corriger les contre-vérités colportées par les adversaires de notre intégrité territoriale, notamment au sein de l’organisation africaine », et partant de « contrecarrer leurs manœuvres ». Certes, l’enjeu de l’intégrité du Royaume reste crucial. Mais cette ouverture marocaine sur l’Afrique est tout aussi stratégique puisqu’elle permet, en outre, de capitaliser sur un retour pour mieux déployer sa politique africaine. « La politique africaine du Maroc ne se limitera pas à l’Afrique occidentale et centrale » mais, martèle le Roi, elle aura « une portée continentale » et englobera « toutes les régions de l’Afrique ». La diplomatie économique aidant, le Royaume n’exclue pas une plus grande implication dans la lutte contre le terrorisme qui menace le Continent, une gestion aussi humaine que solidaire des questions migratoires, et la défense des intérêts du Continent en proie aux défis pressants du changement climatique. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si le Souverain a tenu à rappeler, depuis Dakar, la tenue d’un sommet africain le 16 novembre à Marrakech, lors de la COP 22 que le Maroc accueille du 7 au 18 novembre. Les intérêts africains s’exprimant, pour ce lourd dossier, en termes de financement et de transfert de technologie. Et last but not least, le Souverain a tenu à remobiliser l’opinion sur la pertinence du choix africain du Maroc. Une remobilisation qui implique aussi le prochain Exécutif. « Nous aspirons à ce que la future politique du gouvernement soit globale et intégrée vis-à-vis de l’Afrique, et que celle-ci y soit perçue comme un ensemble. Nous attendons également des ministres qu’ils attachent à l’Afrique le même intérêt qu’ils accordent à leurs missions et à leurs déplacements dans les pays occidentaux. » La messe est dite…

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