Donald Trump découvre le Congrès: «America first»

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Le président américain a donné mardi soir son premier discoursdevant le Congrès. L’occasion de défendre sa politique de « l’Amérique d’abord ». Cette première pour le locataire de la Maison Blanche lui a permis de dérouler un discours devant les deux chambres du Congrès réunies en session commune, mardi 28 février. L’occasion de défendre sa politique de « l’Amérique d’abord », devant les députés, sénateurs, ministres et certains juges de la Cour suprême. Mais il faut dire que cette première s’est révélée assez singulière ay regar de l’accueil glacial réservé par les démocrates au président. La plupart sont restés assis dans leurs sièges, le visage fermé, les bras croisés. En signe de protestation silencieuse, une quarantaine d’élues démocrates étaient habillées de blanc, couleur symbolisant la défense des droits des femmes. N’empêche que selon un sondage CNN, une majorité de téléspectateurs ont réagi positivement au discours du nouveau locataire de la Maison Blanche. Certains commentateurs pro-démocrates ont même déclaré sur cette chaîne que Donald Trump avait pour la première fois parlé de manière « présidentielle ».
D. Trump a rendu hommage aux « célébrations du mois de l’Histoire des Noirs » et a solennellement condamné « les dernières menaces en date visant des centres de la communauté juive et le vandalisme contre des cimetières juifs », ainsi que l’attaque raciste contre deux ressortissants indiens il y a une semaine dernière dans le Kansas, et dont l’un a été tué. Le Président a salué le « renouveau de l’esprit américain » et une « nouvelle fierté nationale », promettant de tenir ses promesses envers le peuple. Il a appelé les élus démocrates et républicains à s’unir pour le bien du peuple américain. « Un nouveau chapitre de la grandeur américaine débute », a-t-il affirmé. Le président américain a rappelé les annonces d’investissement de plusieurs constructeurs automobiles, devant mener à la création de nombreux emplois. Il s’est aussi félicité de la reprise des travaux des oléoducs (et tant pis pour les engagements anti-pollution) Keystone XL et Dakota Access Pipeline, en favorisant le recours à l’acier américain. Appelant à un effort de « reconstruction nationale », il a énoncé deux principes : « Achetez américain, engagez américain ». « Pour lancer la reconstruction du pays, je vais demander au Congrès d’approuver une législation qui déclenchera des investissements de 1 000 milliards de dollars pour les infrastructures aux États-Unis, financés grâce à des capitaux à la fois publics et privés, et créera des millions d’emplois », a-t-il déclaré. L’hôte de la Maison blanche n’aura pas manqué de revenir sur le dossier de l’immigration. « Je pense qu’une réelle réforme positive de l’immigration est possible, pour autant que nous nous concentrons sur les objectifs suivants : améliorer l’emploi et les salaires des Américains, renforcer la sécurité de notre pays et restaurer le respect de nos lois », a déclaré le président républicain. Qui a profité de l’occasion pour confirmer son intention de construire le fameux mur à la frontière avec le Mexique. Pourtant, quelques heures avant l’allocution, lors d’une rencontre avec des journalistes de télévision à la Maison Blanche, il a surpris en évoquant la possibilité d’une loi de régularisation pour les sans-papiers n’ayant pas commis de délit.
Le chef de l’État a promis une réforme fiscale « historique ». « Notre équipe économique est en train de préparer une réforme fiscale historique qui réduira le montant des impôts de nos entreprises pour qu’elles puissent concurrencer n’importe qui et prospérer n’importe où et avec n’importe qui. En même temps, nous réduirons de manière massive les impôts pour la classe moyenne. »
Donald Trump a demandé au Congrès de promulguer une loi pour « remplacer » Obamacare, la loi sur la santé emblématique de Barack Obama. « Ce soir, j’appelle ce Congrès à abroger et à remplacer Obamacare avec des réformes qui étendront le choix, donneront un meilleur accès (aux soins) et réduiront les coûts. »
Le discours a aussi servi de prélude à la bataille pour le budget 2018 qui s’ouvre dans un Congrès contrôlé par ses alliés républicains. Donald Trump a demandé au Congrès une rallonge pour le budget de la défense de 54 milliards de dollars, soit près de 10 %.
Il a néanmoins réaffirmé que son rôle n’était pas « de représenter le monde mais de représenter les États-Unis d’Amérique ». « Nous voulons l’harmonie et la stabilité, pas des guerres et des conflits », a-t-il martelé, réaffirmant son attachement à l’Otan. « Comme promis, j’ai demandé au ministère de la Défense de mettre en œuvre un plan pour démolir et détruire l’EI (…) Nous travaillerons avec nos alliés, notamment nos amis et alliés du monde musulman pour éradiquer de la planète cet ennemi abominable », a lancé Donald Trump, qui a rappelé sa volonté de combattre le « terrorisme islamiste radical », employant une expression que son conseiller spécial à la Sécurité avait appelé à laisser de côté.

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