Dossier saharien: Les nouveaux défis de C. Ross

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Le mois de novembre a été particulièrement chargé pour le dossier du Sahara. A quelques semaines de la visite du roi Mohammed VI à Laâyoune, où il a prononcé un discours historique, annonçant la fin des tergiversations pour le Maroc qui entend mettre en marche la régionalisation avancée, Christopher Ross, l’émissaire de Ban Ki-moon au Sahara, a entamé une nouvelle tournée dans la région du Maghreb. A Rabat, deuxième étape de son périple maghrébin qui l’avait conduit d’abord à Alger, l’émissaire américain a été reçu, dans une atmosphère décontractée, par le chef de la diplomatie marocaine. Si rien n’a filtré sur la teneur des discussions auxquelles ont pris part Mbarka Bouaida, ministre déléguée aux AE et Omar Hilal, représentant permanent du Maroc à l’ONU, tout porte à croire que la partie marocaine n’aura pas manqué de rappeler au messi dominici les constantes sur lesquelle s’articule la démarche marocaine pour assurer un règlement définitif de la question saharienne. Soit l’offre d’autonomie dans le cadre de la régionalisation avancée que le Maroc a déjà mis en branle.  Faisant preuve de transparence, le maximum que Rabat puisse offrir aura été réitéré à C. Ross. Celui-là même qui, depuis Alger où il a été reçu par Abdelaziz Bouteflika, aura entendu le même discours éculé charpenté par la diplomatie algérienne autour du sempiternel principe d’autodétermination du peuple sahraoui. L’émissaire onusien sait à quoi s’en tenir, lui qui est appelé à produire, sous peu, un rapport au Conseil de sécurité sur ses missions de bons offices. Car ni « le dialogue direct » entre le Maroc et les séparatistes du Polisario, n’a pu aboutir au rythme des rounds de Manhasset. Ni les autres vois sondées pour éviter l’échec n’ont réussi à réaliser la moindre percée. C. Ross qui aurait été séduit par l’idée d’une confédération aura vite déchanté face à la fermeté du Maroc. Une fermeté exprimée, une nouvelle fois, lors du discours royal du 6 novembre, -et bien avant lui devant les Nations unies-, et qui recadre la démarche politico-diplomatique du Royaume dans ce cadre : l’autonomie et rien que l’autonomie, toute autre voie relèverait de l’aventure susceptible de faire basculer la région dans le chaos. « Il se leurre celui qui attend du Maroc qu’il fasse une tout autre concession. Car le Maroc a tout donné » avait notamment martelé le chef de l’Etat qui n’a pas hésité à faire le parallèle entre le Maroc qui développe ses provinces récupérées et la démarche algérienne bélliqueuse qui mobilise des milliards de dollars non pas pour assurer la dignité au supposé « peuple sahraoui » qu’elle instrumentalise, mais pour tordre le coup à l’Histoire, en cherchant à dénier au Maroc son légitime processus de parachèvement de l’intégrité territoriale, et annihiler la donne géographie en tentant d’amputer le Royaume de son continum saharien. La diplomatie marocaine est consciente des enjeux liés aux démarches de C. Ross et tente tout pour l’empêcher de torpiller la dynamique enclenchée par l’offre marocaine d’une large autonomie. Offre qui, faut-il le rappeler, a bénéficié et jouit toujours d’un apriori positif exprimé par la communauté internationale. L’émissaire onusien aura certainement eu écho de la ferme position de la diplomatie palestinienne qui rejette tout amalgame que d’aucuns seraient tentés d’emprunter. Il n’y a pas de raccourci à faire entre la communauté d’une noble cause, celle du peuple palestinien martyrisé, et celle qui confine à un mercenariat dont seule l’Algérie tire profit. « Nous soutenons l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc ainsi que les propositions visant à régler le conflit autour de la question du Sahara, et exprimons notre rejet catégorique et clair de toutes les comparaisons erronées et fallacieuses avec la cause palestinienne ». C’est en ces termes que s’est exprimé Riyad Al-Maliki, chef de la diplomatie palestinienne, lors de son séjour à Rabat. Une telle précision trouvera-t-elle écho, au-delà des frontières marocaines, au niveau des capitales nordiques, voire européennes, promptes à s’enflammer pour une machination machiavélique ourdie par le système algérien ? Nul besoin de rappeler à ce sujet que le désintérêt de la communauté internationale pour «le conflit de basse intensité » qui sévit au Sahara n’aide pas à trancher dans le vif. Pourtant, les processus de partition enclenchés ailleurs n’ont en rien réussi à instaurer la paix ni à apaiser les tensions. Et lorsqu’on sait que pour le cas saharien les sables restent mouvants, il ne saurait guère être étonnant d’établir déjà les accointances avérées entre la dérive séparatiste, encouragée par Alger, et l’instabilité dans la région sahélo-saharienne. Ne s’inquiète-t-on pas aux Nations-Unies des risques de voir la jeunesse sahraouie, à l’horizon bouché, alimenter les rangs du terrorisme ravageur ? Les services de Ban Ki-moon qui savent filter l’information ne sauraient blâmer en cela le Maroc qui a alerté, à plusieurs reprises, de tous ces périls qui marquent de leur sceau la région.
Si l’espoir de Christopher Ross vise rééllement à relancer les négociations entre le Maroc et le Polisario, rien ne l’empêche d’évaluer la capacité des séparatistes à pouvoir s’émanciper de la tutelle d’Alger. Et, pourquoi pas, de mettre le pouvoir algérien devant ses responsabilités. Surtout que dans la classe politique algérienne, des voix s’élèvent pour critiquer la gestion du dossier saharien par le système. N’est-il pas vrai que Amar Saadani, SG du FLN, a fait valoir, sur le plateau d’Ennahar TV, qu’il vaudrait mieux ne pas trop s’apesantir sur l’affaire du Sahara. Car lorsqu’il parlera de ce dossier, et il sait de quoi il est question, c’est le peuple algérien qui descendra dans les rues ? Plus, la leader du Parti du Travail, n’a-t-elle pas appelé à faire une sourdine sur la prétendue cause saharienne qui renferme en elle même les germes de la partition à l’échelle régionale ? Jamais le landerneau politique algérien n’a sonné le tocsin sur cette sombre affaire avec une telle force. La fin de règne suscite bien des débats à Alger où tous les scenarii restent envisageables. De tout cela, C. Ross n’en ignore pas les plus petits détails, lui qui avait officié, en sa qualité d’ambassadeur américain accrédité à Alger. Dès lors, sonder d’autres voies que celles que le Maroc a déjà fait valoir, dans le cadre de sa souveraineté, ne saurait relever que de la supercherie. On comprend dès lors pourquoi, en 2012 déjà, le Maroc avait retiré sa confiance au diplomate onusien en l’accusant de partialité. De quoi sera fait son prochain rapport qui ne saurait faire abstraction de la situation inhumaine qui sévit dans les camps de Lahmada ? Osera-t-il soumettre ce sanctuaire aux missions de contrôle onusiens, y compris en matière des droits humains ?
Quoi qu’il en soit, la stabilité qui règne dans les provinces sahariennes, appelées à vivre un développement socio-économique jamais égalé (avec la mobilisation de quelque 8 milliards de dollars sur 5 ans), doit inciter les uns et les autres à plus d’humilité. Le Maroc qui affiche une sérénité de bon aloi dans ses provinces récupérées depuis 40 ans déjà ne cédera point aux menaces d’où qu’elles viennent et de quelque nature qu’elles soient.

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