Dossier saharien : Manœuvres algériennes

Le dernier rapport de l’ONU sur le Sahara n’aura pas été du goût des séparatistes du Polisario. Conspués dans les camps de Lahmada pour gabégies et incompétence, les dirigeants séparatistes n’ont rien trouvé de mieux que de lancer des manœuvres militaires.

Début mai, dans la région de Tifariti, les observateurs des Nations Unies qui savent que la zone est démilitarisée, n’auront pas manqué de « signaler» à qui de droit les nouvelles manœuvres militaires que le Polisario a démarré. Ce sont là les troisième du genre à être médiatisées pour faire passer un message des plus belliqueux. Les forces du Polisario qui ont rassemblé leurs unités de combat, « plus professionnalisées » signalent-on, n’ont pas manqué de faire étalage de leurs capacités offensives. Grand cas a été fait de leur infanterie et autres batteries de missiles anti-aériens.
En face, c’est avec sérenité que les FAR suivent la situation. Et une telle démonstration de force ne saurait en quoi que ce soit changer la situation sur le terrain où tout est sous contrôle. Car de pareilles saillies des séparatistes sont habituelles lorsque l’étau diplomatique se resserre sur eux. Comme ce fut le cas lors de la présentation du dernier rapport sur le Sahara par le Secrétaire général de l’ONU, à New York, devant le Conseil de sécurité. Rapport qui allait renouveler le mandat de la Minurso pour un an supplémentaire. Sans pour autant que la nature dudit mandat soit « ni revu, ni corrigé » comme le souhitaient les adversaires de la marocanité du Sahara. Ceux-là mêmes qui avaient bataillé dur pour que ledit mandat soit élargi au contrôle des droits de l’homme dans les provinces méridionales du Royaume. Et qui, à court d’arguments pour faire valoir une telle perspective, le rapport de Ban Ki-moon faisant état d’une situation tout à fait normale dans le Sahara marocain, avaient jugé bon d’imposer l’Union Africaine, de laquelle Rabat s’était retirée, pour contribuer à régler un dossier litigieux des plus factices. Bien entendu, c’est la diplomatie algérienne qui s’est évertuée à avancer de pareils pions. Sans pour autant que la moisson ne soit bonne. Aucun membre du Conseil de sécurité n’a été dupé par les lacs ainsi tendus par la machine algérienne emballée par les pétrodollars qui emplissent l’escarcelle des lobbyisites, à Washington comme à New York, et qui achètent les consciences.
Mais si la diplomatie marocaine a su comment résister aux bourrasques algériennes, il ne faut pas s’attendre à ce que les adversaires de la marocanité du Sahara réduisent pour autant leur voilure. Ramtane Laamamra qui vient d’être confirmé comme chef incontesté de la diplomatie algérienne, en montant en grade en devenant ministre d’Etat, reste la cheville ouvrière des menées anti-marocaines. Comme celles qui s’opèrent, au-delà du périmètre nord-américain, dans d’autres contrées, notamment sur le Vieux Continent. Tout est instrumentalisé par les hommes de Laamamra pour minorer les acquis arrachés par le Maroc et réduire leur portée. Il ne faut pas s’étonner dès lors à ce que le Parlement européen soit mis à contribution, une nouvelle fois, pour « neutraliser » les efforts du Royaume. Comme il ne faudrait pas, non plus, minorer la capacité de nuisance dont dispose la diplomatie algéienne au niveau de Bruxelles, là où s’active la Commission européenne. Ni procéder à un quelconque relâchement auprès des capitales européennes acquises à la thèse marocaine jugée « crédible et réaliste », celle de l’autonomie large à concéder aux provinces sahariennes dans le cadre de la régionalisation avancée.

Car comme on l’a vu, si les combines n’en finissent pas de secouer le système algérien, comme cela a été vérifié à l’occasion du dernier remaniement du gouvenement algérien, la seule constance qui résiste à l’épreuve de toutes les manœuvres est bien celle qui vise à déstabiliser le Royaume. Et il ne faut dès lors pas s’étonner de voir ce voisin qui tente de tétaniser le Maroc à défaut de l’annihiler, jouer avec le feu. La mobilisation des forces algériennes le long des frontières avec le Maroc, là où plusieurs points d’observation et de contrôle ont été renforcés, et le rassemblement de l’armada polisarienne pour des manœuvres militaires sont autant de signaux susceptibles de « dégeler » un conflit mineur. Le danger réside, à ne point douter, en la faiblesse du système algérien qui craquèle au rythme des scandales qui le secouent et des conflits sociaux qui s’enveniment. Dès lors, exporter la crise interne pourrait tenter les faucons qui gravitent autour du Palais Al Mouradia. L’heure à la prudence…

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