DOSSIER SÉCURITAIRE : LE DJIHADISME EN POINTE

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L’armée marocaine est sur le qui-vive au niveau des diverses frontières. Objectif : empêcher toute violation du sol national. Et les divers services en charge de la veille sécuritaire sont sur les dents pour empêcher que le pays ne vive au rythme de drames sanglants. Car les alertes sont multiples. D’abord, parce que l’environnement « immédiat » n’est pas réconfortant au vu de ce qui se passe dans l’espace sahélo-saharien, de l’effondrement de l’Etat libyen et des diverses opérations menées par la Tunisie, comme par l’Algérie, en vue de juguler le danger terroriste. Ensuite, parce que des rapports étrangers font clignoter tous les signaux d’alerte. Car le Maroc, sur la foi de révélations faites par de sérieux centres d’analyses, aurait involontairement « exporté » depuis 4 ans quelque 8.000 «combattants » vers le Machrek, combattre dans les rangs du Front Al-Nosra, filiale d’Al-Qaida en Syrie, et de L’Emirat Islamique d’Al-Baghdadi
(Daech). On est loin des 3.000 combattants, voire moins, dont les médias ont parlé. Dans un rapport élaboré par l’Institute for Near East and Gulf Military Analysis (ENIGMA), cette énumération serait le fruit de « révélations » obtenues par les experts US auprès de responsables marocains. L’affaire est sérieuse lorsqu’on sait que l’instabilité en Irak et en Syrie a tendance à se déplacer. Et que l’EI ne manque guère de moyens financiers pour s’assurer des recrutements d’envergure au sein d’une jeunesse sans repères. Les experts d’ENIGMA parlent de 34 milliards de dollars. Plus, The Intre-University Center for terrorisme studies (IUCTS), brosse un tableau des plus inquiétants pour la région maghrébine à la lumière de la déconfiture de l’Etat libyen. Pour l’IUCTS, 2015 reste identique en termes de dangers que l’année qui s’est écoulée. Et rien ne vient confirmer que la région renouerait avec la normalité de sitôt. On comprend dès lors pourquoi le Maroc a décidé de bloquer son ciel face aux avions libyens. Comme la célérité avec laquelle il s’est empressé de soumettre toute importation de drones à une autorisation préalable. D’ailleurs, les Casablancais ont eu à découvrir combien l’œil des services est vigilant lorsqu’une mallette suspecte au Maarif a été vite prise en charge par les éléments du déminage. En parallèle, il y a lieu de rappeler que «les frappes préventives » que subissent les milieux soupçonnés de djihadisme se sont multipliées ces derniers mois. Renforçant ainsi le pipe de la chambre correctionnelle chargée des affaires de terrorisme à l’annexe de Salé. Cette juridiction relevant du tribunal de Rabat résonne des échos d’un grand procès de terrorisme dans lequel sont poursuivis 20 mis en cause, dont 18 ont été déjà auditionnés. Les 20 prévenus sont accusés de recrutement de volontaires pour le djihad en Syrie, volontaires dont le nombre s’élève à 60 personnes, dont trois femmes qui ont rejoint leurs maris sur place. Les prévenus sont poursuivis pour appartenance à des organisations terroristes, constitution d’une bande criminelle avec intention de commettre des actes terroristes dans le cadre d’un projet collectif visant à porter gravement atteinte à l’ordre public, appartenance à une organisation religieuse interdite, tenue de réunions publiques sans autorisation, financement du terrorisme et apologie d’actes terroristes. Des charges qui se répètent au fil des arrestations. Bien entendu, le combat mené contre le terrorisme se fait, valeur aujourd’hui, avec bonheur. Et les experts marocains n’hésitent pas faire la nouba de capitales étrangères pour analyser un modus operandi jugé ailleurs aussi pertinent qu’irréprochable. Le Maroc ayant fait de la lutte contre le terrorisme non seulement une affaire purement sécuritaire, mais aussi économique et cultuelle. C’est dans ce cadre-là qu’il faudra placer la multiplication des échanges d’expertise entre le Maroc et les pays amis. D’ailleurs, tout récemment, le DG de la Sûreté Nationale a reçu son homologue français pour parler coopération opérationnelle. Terrorisme et nouvelles technologies, échange d’informations et d’analyses stratégiques, expertise technique et scientifique ont été les sujets abordés à cette occasion. Et ce qui court avec les Français cout aussi pour nos voisins espagnols ou encore nos amis américains. Cela sans oublier nos partenaires arabes en proie à la lutte contre le terrorisme. Même avec l’Algérie, pays qui continue à condamner sa frontière avec le Royaume, il faut dire que la coopération sécuritaire se fait même si elle reste à un stade des plus faibles.
En tout cas, si l’EI a tendance à globaliser ses actions, notamment en s’étendant à d’autres espaces, la lutte contre le terrorisme appelle, elle aussi, à être globale. La coopération, dans ce cadre-là, servant de base à toute action porteuse.

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