El Ferdaous, Zaatout et le petit lait !

Miloudi Chaghmoum. Qui en sait quelque chose ? Personne, si l’on excepte ses anciens étudiants et condisciples qui regrettent de voir l’un des romanciers et essayistes les plus prolixes dans le Royaume mourir à petit feu. Pourtant, la Culture, ce département hérité (même s’il est déshérité) par Othmane El Ferdaous, quadra plus « technocrate » que « politique », n’a pas bougé le petit doigt pour venir en aide à cet intellectuel que la maladie consume. A contrario, le ministre n’a pas hésité à voler au secours des « gens du spectacle », ces « artistes » dont les voix aident surtout à meubler le vide sidéral qui accompagne l’aventure culturelle sous nos Cieux.

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El Ferdaous, Zaatout et le petit lait !

En débloquant quelques millions de dirhams d’aide à une escouade d’artistes, ou assimilés comme tels. Un fait d’arme qui s’ajoute à un autre non moins polémique auquel le même département a sacrifié, pour faire « bonne presse», au profit des médias. 

Si la démarche du département est louable en soi, le pays ayant mesuré l’ampleur des dégâts charriés par la pandémie sur nombre de secteurs, il n’en reste pas moins que l’approche reste des plus sélectives. Preuve en est qu’à l’occasion de la distribution des dons à la nouvelle liste des « artistes » pointés par le département, un tollé a accompagné l’opération. Le mal est si profond que le pactole mobilisé par la Culture ne représente, in fine, qu’une goutte dans un océan de…misère ! Les larmes versées par la talentueuse Latifa Raafat ne peuvent renvoyer au fameux registre de l’illustre Abdelilah Benkirane qui agitait les crocodiles à tout bout de champ. Elles expriment, avec le hoquet en plus, comment il est difficile d’ignorer les milliers d’ouvriers de la scène qui tombent des calculs des décideurs. Faute de buzz et/où à cause d’un engagement assumé. 

Certes, le ministre pourrait tenir un raisonnement des plus carrés en se cachant derrière ce qui a été dit ailleurs, le budget du ministère ne suffirait pas éponger toute la misère du monde. Et que moins de sous mobilisés et/ou mobilisables, valent mieux que rien du tout… Toujours est-il judicieux de rappeler au ministre que chaque démarche qu’il entreprend doit être mûrement réfléchie pour éviter tout ratage. Preuve en est le choix de Facebook par le ministre pour jouer une transparence après-coup dont l’effet ne saurait occulter le mal ressenti déjà par les contingents d’artistes passés par la rubrique pertes et profits. Encore heureux que le ministre aie échappé à l’ire du duo qui fait vibrer toutes les « kaadas » du Royaume, « Tsunami » et « Traks », deux de nos illustres « chikhates », ayant été cataloguées par la blogosphère dans le registre des appointées au ministère de l’Equipement ! 

O. El Ferdaous qui use et abuse de l’un des outils lancés par les GAFA devrait être mieux inspiré s’il s’efforçait de faire le nécessaire pour que les géants du Net ne persistent pas à siphonner les budgets publicitaires en mettant à genoux les médias locaux. Un processus d’assèchement qui a tout pour s’inscrire dans la durée au risque de forcer l’État à mobiliser toujours plus de deniers publics pour porter à bras le corps le secteur de la presse et les activités connexes. 

Plus, une autre politique culturelle devrait être négociée avec les véritables acteurs qui apportent le plus nécessaire à l’essor symbolique du pays. Loin de tout a-priori et de tout parti pris. Les structures devant accueillir pareil débat ne manquent pas. Il suffit d’ouvrir grands les yeux pour lister les bonnes adresses. Celles qui cherchent, non sans peine, à doter le pays d’un véritable potentiel de « soft power ». Sans quoi, en marocain convaincu, O. El Fedaous n’ignore pas que « la recette que génère le petit lait est vite usurpée par Zaatout ». Un dicton à méditer pour le week end. A bon entendeur, salut !

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