EL KHALFI DANS LA DJELLABA DE YESSEF – ABSURDIE & CO

ISSEFLe pimpant porte-parole du gouvernement et ministre
de la comPjidiste, Mustapha El Kahlfi, semble atteint
par l’usure de l’action publique. D’où sa démarche «
offensive » qui le place chef parmi les conservateurs
de l’équipe Benkirane. Dans les habits de la fonction
qui lui est dévolue, il faut dire que les coutures ont
tendance à se craqueler empêchant le journaliste
qu’il fut de réussir à ourler ce qui peut l’être. Autant il
a le verbe haut pour déstabiliser ses vis-à-vis, autant
il fait preuve de célérité à actionner les ciseaux de
la censure pour plaire à une vieille garde décrépie.
S’il a trébuché sur le blockbuster de Ridley Scott,
en interdisant la diffusion de la saga Exodus, avant
de se rattraper en permettant sa reprogrammation
dans les salles moyennant une coupure de quelques
secondes pour le moins confuses, il s’est armé de
tout son courage en interdisant purement et simplement
nombre de titres de la presse françaises qui
ont choisi de se solidariser avec « Charlie Hebdo » en
reproduisant des caricatures jugées expressivement
blasphématoires. Comme quoi, de simples planches
qui n’auraient pas réussi à ébranler la foi des Marocains
ont fait trébucher un El Khalfi qui n’ignore
pourtant pas la mévente de la presse en général et
celle française en particulier. Pas de quoi piquer la
curiosité des lecteurs nationaux s’il s’en trouve peu
portés sur la caricature, un genre à part canardé sans
pitié tout le long des années de plomb. Le fort en
gueule ministre a de quoi se justifier en plaçant la foi
là où il ne faut pas. Pas si intelligent que ça, Monsieur
le ministre…
Car la raison exige de composer autrement avec
l’irréfragable liberté de la presse à laquelle s’accrochent
la gente médiatique qui se respecte. Celle
qui voit mal comment les Oulémas du cru ont préféré
garder motus et bouche cousue devant la boucherie
qui a cherché à étêter un canard tant de fois mis
dans les cordes par la bêtise humaine. Le Marocain
moyen aura juste gobé le discours de l’exclusion que
des Imams ont claironné le vendredi qui a suivi les
attentats contre Charlie Hebdo. Discours qui fait la
part belle au soutien inconditionnel à apporter aux
Moujahidines sur la voie de Dieu contre les Juifs,
les Chrétiens et les impies. Mortel est le silence de
Mohamed Yessef, figure de proue des Oulémas nationaux
qui aurait gagné en sympathie s’il aurait juste
fait d’ânonner ce que les foukahas d’Al Azhar ont su
dénoncer. Dommage !

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