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En dépit des appels de Moscou à la retenue : La Turquie met le feu au nord syrien

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Le centre de Tel Rifaat a essuyé jeudi 16 juin, plusieurs tirs d’obus d’artillerie turque, ainsi que le village avoisinant d’Abyan, situé dans la province Est d’Alep, ont rapporté vendredi des médias locaux.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une tribune médiatique de l’opposition syrienne en exil, une base militaire russe se trouve dans la ville de Tal Rifaat et des obus sont tombés dans ses environs. Les bombardements ont également ciblé les zones de déploiement des forces kurdes à proximité de Mara’ et Mara’anaz, au nord d’Alep, précise l’OSDH, selon lequel « l’axe Cheikh Issa a été le théâtre d’échanges de tirs de mitrailleuses moyennes et lourdes, entre les forces kurdes d’une part, et les factions soutenues par la Turquie de l’autre ».

Tal Rifaat, ville située à 35 kilomètres au nord d’Alep, est sous la menace d’une invasion turque dans le cadre d’une éventuelle nouvelle offensive militaire, notamment après les déclarations du président turc début juin sur la possibilité de l’attaquer ainsi que Manbij, sous prétexte de « protéger la sécurité nationale turque ».

Elle est depuis 2016 entièrement sous le contrôle de la milice à majorité kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui occupent aussi Manbij. Cette ville, plus proche de l’Euphrate, occupe une position géographique stratégique qui permet de surplomber toutes les régions situées à l’est et à l’ouest de ce fleuve.

Jeudi, Alexander Lavrentiev, envoyé spécial de la Russie en Syrie, a révélé que la Russie a tenté, lors des pourparlers au Kazakhstan, de dissuader les Turcs de lancer cette opération. « Nous avons essayé de les convaincre que l’affaire devait être résolue par des moyens pacifiques, sans recourir à la violence, car cela pourrait conduire à une escalade », a déclaré le diplomate, selon l’agence de presse russe TASS. Il a assuré que « la Russie ne combattra pas les forces turques et l’Armée nationale syrienne affiliée à Ankara ».
«Nous n’avons pas d’unités militaires là-bas. Notre réponse est que nous essaierons de convaincre la Turquie de la futilité de cette étape »,
a-t-il ajouté, soulignant que la Russie a explicitement informé la Turquie que l’opération en Syrie pourrait conduire à un nouveau cycle d’affrontements armés et stimuler la sécession, en allusion « aux administrations autonomes du nord-est de la Syrie ». « Comme nous le savons, la décision finale sur l’opération n’a pas encore été prise », a poursuivi l’envoyé russe, ajoutant qu’ « Ankara devrait s’abstenir ».

A. Lavrentiev a fourni, venbredi, davantage de précisions sur les efforts russes pour éviter cette nouvelle escalade.
Il rapporte avoir mis en garde les Turcs qu’elle apportera de nouvelles menaces sécuritaires à la Turquie « car le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les Forces démocratiques syriennes (FDS) ne vont pas disparaitre par ce scénario ». En plus du fait qu’elle stimulera leurs velléités séparatistes. A ses yeux, « l’éventuelle opération turque dans le nord de la Syrie pourrait pousser les Kurdes à établir un État indépendant, et cela aura des conséquences pour la région… Nous avons dit à nos collègues turcs que cela pourrait conduire à une augmentation des sentiments séparatistes parmi les Kurdes et les motiver à établir un État, et ce n’est pas dans l’intérêt de la Syrie ou de la Turquie, ni de l’Iran ou de l’Irak ». ajoutant que « la Turquie considère qu’il est impossible de négocier avec les Kurdes syriens, et ne participe donc pas à un dialogue avec eux ».

Il a aussi fait état d’efforts russes déployés auprès des Kurdes. « Moscou essaie, en même temps, de persuader les Kurdes de parvenir à un compromis avec Damas, de restaurer l’unité du territoire syrien et d’intégrer les FDS dans les rangs de l’armée syrienne, ce qui empêcherait une évolution négative de la situation en Syrie». Il n’a pas indiqué qu’elle a été leur réaction.

Depuis 2016, la Turquie a lancé, avec l’appui des milices syriennes, 4 offensives militaires contre le nord de la Syrie. Elle occupe plusieurs centaines de kilomètres carrés sur une profondeur de 30 km. Ce que Damas condamne avec la dernière énergie. Au même titre d’ailleurs que ses allies russe et iranien.

La tension risque de s’aggraver à la lumière des dernières révélations sur un raid russe sur des positions US dans la région d’Al-Tanaf. Avant que les avions russes n’entrent en action, la partie US avait été avertie du raid, premier du genre depuis le déploiement, en Syrie, de l’armée russe. Le signal se veut être fort à destination non seulement des Américains, mais aussi vis-à-vis de Tel-Aviv, dont des missiles avaient mis hors d’usage l’aéroport international de Damas, et d’Ankara.

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