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Endettement et croissance : Des ratios alarmants !

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L’endettement bat son plein. N’ayant cessé d’enfler depuis l’arrivée d’A. Benkirane aux affaires, son ascension vers des étages supérieurs inconnus jusque-là semble irrémédiable. Le seul taux d’endettement public est appelé à passer, selon le HCP, la barre des 81,2% en 2016 (contre 78,2% en 2014). Une progression insoutenable face à une décélération de la croissance.

Une année après l’investiture du gouvernement Benkirane, on assiste à un glissement incontrôlé de l’endettement du pays. La dette publique qui représentait près de 57% du PIB allait chatouiller dangereusement la barre « tolérable » des 60%. Mais depuis 2012, le processus n’allait guère être enrayé. Il a suffi d’un an pour que la ligne rouge des 60% soit dépassée. À fin 2013, assure le Haut commissariat au plan (HCP), elle atteint 678 milliards de dirhams, soit 77,4% de PIB ! Dès lors, A. Lahlimi s’alarme-t-il pour rien ? Loin s’en faut ! Surtout lorsqu’on sait qu’un tel seuil ébranle la confiance en des économies plus solides que la nôtre. Le traité de Maastricht (Traité sur l’Union européenne) est assez parlant en ce sens qu’il souligne que tout Etat ayant franchi un tel plafond est passible de sanctions si jamais rien n’est entrepris pour faire revenir la dette à des niveaux soutenables. Mais l’économie marocaine qui n’est pas tenue par le respect drastique des « facteurs de convergence » n’en a cure. Du coup, c’est l’envolée de la dette qui semble poindre à l’horizon. Selon les dernières statistiques actualisées du HCP, le ratio de l’endettement public global, qui s’est élevé à 78,2% du PIB durant l’exercice écoulé, devrait atteindre 79,6% durant l’exercice en cours. Pis, son trend haussier marquera aussi de son fer l’année prochaine. Le HCP prévoit un dépassement de la barre de 81% en 2016 !
Autant dire qu’à court terme, le risque est grand de voir se profiler le défaut de paiement comme ce fut le cas en 2012. Rappelons qu’il a fallu attendre 2 ans avant que le Chef du gouvernement ne passe aux aveux en soulignant que le Trésor n’avait pas de quoi payer les salaires des fonctionnaires durant cette année-là jusqu’à ce que les vannes des aides des pays du Conseil de coopération du golfe (CCG) soient ouvertes.
Le dossier reste brûlant. Et l’actuel gouvernement est dans l’incapacité de briser le cercle vicieux de la dette, quatre années après avoir été propulsé à la cabine de pilotage. Le Haut commissaire au plan qui s’exprimait, fin juin, lors de la présentation du Budget exploratoire de 2016, n’a pas écarté la possibilité de voir le Maroc recourir de nouveau au marché obligataire international. « Il se peut qu’on assiste très prochainement à une nouvelle sortie du Trésor sur le marché financier», a-t-il précisé. Selon lui, la décompensation, avec ce qu’elle implique en termes de réduction des dépenses budgétaires, associée à l’augmentation de la pression fiscale (renforcement de la collecte des recettes fiscales) devraient se traduire par un allégement du déficit budgétaire à 4,4%, en 2015, au lieu de 5,2 en 2014. Ce qui n’empêcherait tout de même pas le Trésor de s’endetter encore plus. Dans ce sens, A. Lahlimi a souligné que « l’endettement global du trésor devrait représenter 63,8% du PIB en 2015 au lieu de 63,4% en 2014 ». Partant de l’hypothèse optimiste selon laquelle il y aurait « un accroissement des flux nets des investissements directs étrangers de 15% !», le HCP prévoit, « compte tenu de la préservation des stocks en devises à 6,1 mois d’importations (…)», que « le besoin de financement complémentaire devrait être mobilisé sous forme d’emprunt public sur le marché international ». Notons, par ailleurs, que le recours au marché international opéré durant les trois dernières années n’est intervenu qu’après épuisement des possibilités de lever des fonds sur le marché intérieur. Et ce, au vu de ce qu’a provoqué le recours inouï à l’endettement intérieur en matière d’assèchement des liquidités. Mais, également, compte tenu des craintes d’une hausse des taux d’intérêt, sous l’influence de ce qu’appellent les économistes «l’effet d’éviction» déclenché quand l’Etat recourt intensivement à la dette pour financer son déficit budgétaire, provoquant ainsi l’amenuisement de l’épargne. Une raréfaction qui, par conséquent, conduit à la hausse des taux d’intérêt.
Cette dérive prend des proportions plus inquiétantes à l’aune de la décélération prévue du taux de croissance économique. Ce qui interpelle à plus d’un titre quant à la soutenabilité de la dette marocaine. En effet, l’économie marocaine va de plus en plus mal comme l’atteste la décélération de son principal moteur de croissance, à savoir la demande intérieure. Celle-ci a poussé le HCP, malgré la bonne compagne agricole, à réviser à la baisse le taux de croissance pour 2015 évalué à 4,8%. Désormais, la croissance sera plus modeste avec un taux de 4,3%. Pis encore, les conjoncturistes du HCP ne prévoient pas d’éclaircie, le cycle de la décélération de la croissance étant inscrit dans le moyen terme. Pour 2016, le taux de croissance pronostiqué ne dépasserait pas les 2,6%. Une contreperformance qui s’explique, selon A. Lahlimi, par « la légère reprise des activités non agricoles sous l’effet (…) d’une demande intérieure moins soutenue ». Apparemment la clémence de Dame nature n’arrive plus à lisser les creux de la vague. « La demande intérieure restera la locomotive de la croissance en 2015 », a-t-il affirmé avant de souligner qu’on remarque qu’elle risque de tomber en panne. Plus préoccupant encore, l’«on remarque, d’année en année, une décélération de la demande intérieure », a souligné A. Lahlimi.

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