Enterrer Adnane … et pendre Assid & Co!

Les réseaux sociaux étaient au bord de la saturation au cours de ces dernières 48 heures. En cause, le débat enragé qui a accompagné le triste sort rencontré par Adnane, cet enfant arraché aux siens par un pédophile doublé d’un meurtrier.

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Enterrer Adnane et pendre Assid & Co!

Tout le monde, ou presque, s’est lâché pour exiger des autorités marocaines de réserver le pire des châtiments au détraqué mis aux arrêts après enquête policière. On réclamait, pour l’occasion, le retour de la peine de mort, la justice devant non seulement la prononcer à l’encontre du prévenu, mais l’appliquer. «Il faut pendre haut et court le meurtrier», lit-on sur une banderole placée au devant d’un cortège de protestation qui marchait dans les artères de la capitale du Détroit. Un slogan repris en chœur par des milliers d’internautes qui ne comprennent pas comment l’État rechigne à donner l’exemple.

C’est à croire que l’exécution d’un déséquilibré serait à même de dissuader tous les autres dépravés qui ne guettent que l’occasion propice pour se livrer à des pratiques que la morale réprouve. Le débat s’est tellement enflammé au point de se focaliser sur  les partisans de l’abolition de la peine capitale. D’aucuns ont même été traînés dans la boue pour avoir osé s’inscrire en faux vis-à-vis d’une «exigence populaire». Mohamed Assid, pour ne pas le nommer, en a pris pour son grade. C’est à peine si, via ce lynchage «médiatique», on n’exigeait pas la pendaison du pauvre activiste des droits de l’homme ! Et partant, tous ceux qui bataillent depuis des lustres pour expurger le code pénal de cette peine qui fait tâche dans un pays qui fait grand cas des droits humains et de leur sauvegarde. 

Tout ce charivari n’exprime, dans les faits, que l’état délétère dans lequel le tissu social se trouve au fil de décennies de privations. Et s’il faut donner raison à quelqu’un dans ce débat de société (il faut l’engager au niveau des médias publics pour expurger les vieux démons qui se nourrissent de la bêtise humaine), c’est bel et bien à ceux qui placent le gibet ailleurs que là où les conduit la vox pupuli. Les appels pressants lancés à cette occasion, certes triste mais catalysante, en faveur de l’école, de sa réforme dans la forme comme dans le fond, ne sont pas à dédaigner. Une école capable de prémunir nos enfants de toutes les formes de tentation et de  déviances, de les doter d’un esprit critique et de les former au mieux pour être les bâtisseurs de la société dans laquelle ils vivent. 

Les Marocains n’ont pas besoin que d’une police performante. Car aussi puissants seraient les moyens dont elle se doterait, aujourd’hui comme demain, l’institution en charge de protéger les citoyens serait dans l’incapacité de gérer le sous-développement ambiant. Si la revendication d’un projet de société clairement défini est toujours d’actualité, c’est parce que c’est à partir de lui que les priorités doivent être définies. Priorités qui appellent à verser, toutes, dans la construction d’un autre Marocain, mieux instruit et plus empathique. La rupture est bien là. Croire le contraire, c’est marcher dans le troupeau avec le risque de voir constamment surgir des moutons noirs et autres brebis galeuses. Osera-t-on faire le pas ?

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