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Epreuves électorales : Scrutins et enjeux lourds

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Les épreuves électorales ont démarré avec les professionnelles. Et consacré la supériorité d’une opposition que l’on donnait pour moribonde. Le PAM assume la fonction de « superstar » en essuyant les foudres du PJD. Pourtant, rien n’est encore bouclé pour des élections aux enjeux multiples. Les yeux sont déjà braqués sur les législatives de 2016.

Pas de changement de dernière minute pour le calendrier électoral. Au ministère de l’Intérieur, les responsables ont été catégoriques face aux arguments présentés par les partis de l’opposition. Avant d’être rejoints en cela par le chef du gouvernement dont les affirmations visaient à lever tout équivoque sur toute impréparation du processus. Ni la saison estivale et la période des vacances, ni la rentrée scolaire et politique n’ont constitué, entre autres, d’arguments valables pour procéder à un quelconque décalage. Quand bien même d’autres considérations, moins triviales celles-là, ont été avancées par les mêmes formations pour empêcher que les épreuves ne soient entachées d’une quelconque irrégularité. Il en va ainsi de la prolongation de l’inscription sur les listes électorales, prolongée jusqu’au 20 août, soit à la veille du démarrage des élections territoriales. Ce qui, chemin faisant, pose un problème en terme de corps électoral figé, soit le nombre de votants potentiels, et charrie aussi dans son sillage les questions liées aux processus d’invalidation. Comme il en va aussi pour la délimitation des collectivités locales et leur publication dans le Bulletin Officiel, surtout que la carte a été modifiée selon le dernier découpage dont la validation est encore en souffrance. En 2009, s’évertue-t-on à rappeler, tout ce processus technico-politique avait été bouclé au mois de février alors que les élections furent programmées pour juin. Est-on dès lors face à une opération marquée du sceau de l’improvisation ?
L’irrecevabilité de ces arguments politico-juridiques par le gouvernement a fait que le meccano s’est emballé dès le 4 août pour l’élection des représentants des chambres professionnelles. Celles-ci, devenues désormais plus régionales que locales, en conformité avec les dispositions de la Constitution, devant aboutir, le 2 octobre, à la désignation des élus devant occuper les 20 sièges qui représentent le 1/6ème de la deuxième chambre. Et il faut dire que les commentaires à chaud d’une telle épreuve qui a consacré la victoire des formations de l’opposition, PAM en tête, restent des plus mitigés.

SOUFFRE-DOULEURS
En effet, si le taux de participation aura été de 43%, en amélioration de 3 points par rapport au précédent suffrage, il n’en reste pas moins que l’on n’a pas assisté à un raz-de-marée électoral. Les politiques minorent, à ce stade, le poids réel d’une telle performance en se contentant de souligner que la bataille des élections professionnelles ne mobilise pas, traditionnellement, grand monde. Et préfèrent se focaliser sur les autres épreuves qui s’avèrent beaucoup plus expressives à leurs yeux : les élections municipales et régionales. Celles-là mêmes qui contribueront à former « le gros morceau » du nouvel habillage de la chambre des conseillers. Mais pas seulement. Car à une année des prochaines législatives, les états-majors politiques, mobilisés autour de ces épreuves, restent convaincus de l’importance des résultats qui préfigureraient déjà de la carte politique du Maroc en 2016. C’est à l’aune de cette réalité qu’il faudra lire les déclarations au vitriol faites par le chef du gouvernement à l’endroit du PAM. Elyas El Omary, cheville ouvrière de « la chose électorale » s’étant félicité de la performance des encartés PAM qui ont dominé les élections professionnelles (19% des élus) et, en fin manœuvrier, sollicitant par là même les félicitations du patron du PJD qu’il s’empêche d’exprimer en faveur d’un rival taxé de tous les maux. Pourtant, ces épreuves qui n’ont pas consacré la suprématie de la majorité qui cogère les affaires du pays n’ont pas été totalement inopportunes ni pour le PJD, ni pour le PPS, allié de circonstance d’une coalition qu’il défend avec bec et ongles. Ces deux formations ont réussi à doubler leurs performances par rapport à 2009. Des performances qui restent assez pâles face aux prouesses réalisées par des machines électorales assez bien rodées de la trempe du RNI, parti majoritaire d’appoint, et de l’Istiqlal.
Si les politiques préfèrent parler de « petit corps électoral » mobilisé pour les professionnelles, c’est pour se donner bonne contenance. Car au niveau de la représentativité partisane, ce corps est loin d’avoir été politisé à 100%. En effet, 18% des candidatures se sont présentées à ces épreuves sans étiquette politique, avec pas moins de 27 listes. Ce qui ouvre la voie aux tractations et autres marchandages de bas étage qui contribuent à travestir le jeu électoral. Et c’est bien à ce niveau là que l’on mesure le poids réel des baronnies et autres puissants lobbies qui marquent de leurs empreintes indélébiles le champ politique. D’ores et déjà, on parle d’une majoration du score réalisé par le PAM de 3 points. Et le reste suivra…

ATTENTES
Si le marqueur de ces premières épreuves a profité à l’opposition, même si les socialistes en ont fait les frais, il n’en reste pas moins que « la messe est encore loin d’être dite », résument les divers acteurs politiques obnubilés davantage par les communales et les régionales. Car l’enjeu politique est de taille pour ces élections qui contribueront aussi, faut-il le rappeler, à meubler la chambre des conseillers. D’abord, parce que ces épreuves-là sont considérés comme un test grandeur nature pour les législatives programmées pour 2016. Pas moins de 14 millions d’électeurs, en effet, sont invités à y prendre part pour choisir les dirigeants des entités territoriales, locales et régionales. Un enjeu qui n’est pas à minorer, non plus, au regard de la mobilisation des « grands gabarits », de l’opposition comme de la majorité, pour conduire les coalitions futures. Le PJD a choisi de propulser au devant de la scène pas moins de 5 de ses ministres pour en découdre avec les adversaires jugés de poids. Mais les questions qui se posent avec acuité ont trait, d’abord, à la capacité des formations en lice à drainer un taux de participation des plus honorables. Car avec un pourcentage faible des suffrages exprimés le processus encaisserait un coup des plus sévères en terme de crédibilité. Consacrant de la sorte le schisme déjà constaté entre la classe politique et les masses qu’elle est censée représenter. Ensuite parce que le pays qui vit un décalage en matière de développement socio-économique, a besoin d’une nouvelle élite d’édiles capables de gommer les aspérités qui confirment la séparation entre un Maroc jugé utile et un autre, plus vaste, considéré comme inutile. Et last but not least, il s’agira de mettre sur rails le projet de régionalisation avancée que le pays promeut, depuis quelques temps déjà, pour éviter les divers écueils dressés face au règlement définitif du dossier du Sahara.
Bien entendu, l’édifice constitutionnel gagnera en clarté avec ces épreuves qui prendront fin en octobre prochain. Toutefois, bien des voix qui participent aux diverses épreuves électorales ne se font point d’illusions quant à la gestion des villes, comme des régions, conformément aux attentes démocratiques que consacre la déconcentration. En effet, contrairement aux partisans du « tout démocratique », la voie choisie n’a pas encore opéré de rupture définitive avec la primauté allouée aux représentants de l’Etat à l’échelle des entités territoriales. Quand bien même on se serait focalisé sur la dimension démocratique du principe qui lie la responsabilité à la reddition des comptes. Verra-t-on des gouverneurs et/où des walis répondre de leurs actes en orientant les dépenses vers tel ou tel projet ? La question est tout sauf tranchée…

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