Examen de la réforme de la retraite

De l’électricité dans l’air !
Après un report qui a duré 4 mois en l’attente des résultats du dialogue social gelé par le gouvernement, la reprise des débats à la Commission des finances de la Deuxième Chambre sur les projets de lois relatifs à la réforme des retraites a été très agitée pour ne pas dire que le débat n’a pas eu lieu.
Prévue hier jeudi 26 mai, la première séance des discussions apparentées aux projets de lois relatifs à la réforme des retraites a été perturbée par des cris et des hurlements des différents groupes de l’opposition à leur tête celui de la CDT. Lors de cette houleuse séance, les ministres du Budget et de la Fonction publique, respectivement Driss El Azami et Mohamed Moubdiî n’ont pas pu présenter leurs textes de lois. A chaque fois qu’ils détaillaient un point de discorde avec les syndicats, le Conseillers d’en face ne cessaient pas de les interrompre. Face à cette situation, le président de la commission des finances Rahal Mekkaoui a décidé de suspendre la séance.
Rappelons que ces discussions ont été reportées à maintes reprises. « Face au blocage qui dure depuis quatre mois pour laisser le champ au dialogue social, j’ai saisi comme le stipule les statuts le Bureau de la Chambre qui à son tour avait saisi la conférence des présidents de groupes », a confié le président de ladite commission R. Mekkaoui. Selon ce membre du groupe istiqlalien de l’unité et de l’égalitarisme, la conférence des présidents de groupes a décidé de laisser un mois à ladite commission pour se prononcer, et à défaut, les projets de lois seront soumis à la plénière. Sinon, après cela les projets devront passer devant la Chambre des représentants. Une chose qui s’avère difficile au vu du temps pressant en raison des vacances parlementaires et, juste après, de la fin de la législature. « On peut d’ores et déjà s’attendre à une course contre la montre, les syndicalistes jouant le temps et le gouvernement essayant de passer en force », a confirmé une source parlementaire. D’autant plus que les centrales syndicales UMT, CDT, UGTM et FDT ont appelé à une grève générale le 31 mai, avec sit-in devant le Parlement le même jour, ajoute la même source.
Par ailleurs, commentant cette situation l’ex président du groupe fédéral FDT à la Chambre des conseillers (qui fait lui aussi partie de l’opposition), Mohamed Daidaâ, a donné raison aux syndicats. Les syndicats « n’ont pas d’autre choix que de refuser catégoriquement tout débat hors de l’institution du dialogue social face à un gouvernement qui se croit tout permis et se dit investi d’une d’une mission inébranlable ». D’autant plus, selon lui, qu’ « il s’agisse d’un dossier sociétal et éminemment stratégique ». « L’expérience a montré que ce genre de dossiers doivent faire l’objet d’un large débat et d’un consensus de toutes les parties prenantes », disait-il.
Pour lui, le fait que le gouvernement soit résolu à passer ses projets de lois coûte que coûte constitue « un abus de démocratie ». « Il s’agit-là de la dictature de la majorité », a-t-il dit en soutenant que « c’est ça la mainmise ».
Ce gouvernement qui se dit être victime de « la mainmise » est en train de faire pareil à l’endroit de l’opposition.

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