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Expertise/ zakia driouich gestion durable des ressources: Le seuil des 85% attaint

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Evaluation à mi-parcours de la stratégie « halieutis », gestion des pêcheries, dialogue social et coopération internationale sont autant de volets abordés dans cet entretien réalisé avec zakia driouich, secrétaire générale au ministère de la pêche. Si le secteur vit des hauts et des bas, le ton est officiellement à l’optimisme. Eclairages.

PERTINENCES : LA STRATÉGIE « HALIEUTIS » MISE EN PLACE DEPUIS QUELQUES ANNÉES DÉJÀ A-T-ELLE TENU TOUTES SES PROMESSES ? LE BILAN D’ÉTAPE EST-IL SATISFAISANT ? ET VERS QUELS NOUVEAUX PALIERS S’ACHEMINE-T-ON ?

ZAKIA DRIOUICH : Il est certain que la stratégie Halieutis s’est fixée des objectifs ambitieux qui concernent plusieurs maillons et plusieurs intervenants. Globalement les réalisations de la stratégie Halieutis sont plus que satisfaisantes. Nous citons ici quelques réalisations phares dont les retombées sur la filière sont très importantes en termes de préservation de la ressource et de création de la valeur ajoutée. Grace aux actions entreprises dans le cadre de  l’axe durabilité de la stratégie Halieutis que 85% des espèces exploitées sont actuellement gérées de manière durable contre 5% au départ. Sur le plan performance, la généralisation de l’utilisation des contenants normalisés constitue une réalisation de taille en terme de conservation de la qualité des captures et la préservation de la ressource. Egalement le projet d’organisation et de mise à niveau du maillon mareyage a permis l’amélioration des conditions de commercialisation des produits de la mer et l’intégration de ce maillon dans la filière pêche. Sur le plan compétitivité, la stratégie Halieutis a permis le lancement de la création de trois pôles de compétitivité des produits halieutiques dans le but d’améliorer l’environnement des affaires des industries de valorisation des produits de la pêche. Dans le même sens, la stratégie Halieutis a permis le lancement du plan de marketing institutionnel à dimension  nationale et internationale pour l’amélioration de l’image de marque des produits halieutiques marocains.

LA GESTION DES PÊCHERIES SE FAIT EN FONCTION DE L’ÉQUILIBRE DE LA BIOMASSE. QUE POUVEZ-VOUS NOUS DIRE SUR LES DIVERS PLANS D’AMÉNAGEMENT PROGRAMMÉS ?

Z.D : Effectivement, l’exploitation durable des ressources halieutiques doit obéir à certaines règles conventionnelles notamment l’approche de précaution lorsque l’information scientifique n’est pas disponible ou de faible qualité. Toutefois, lorsque cette information est disponible, l’avis scientifique portant sur la délimitation du potentiel d’exploitation se construit autour de celle-ci. Ainsi, à partir de cet avis scientifique se fonde la décision de gestion qui intègre aussi, d’autres paramètres, sociologiques, économiques, politiques, environnementaux et technologiques. Comme vous avez pu le suivre, 85% des pêcheries nationales ont été aménagées à fin décembre 2014. Ce niveau sera porté à 95% d’ici fin 2015 alors que la stratégie s’était fixé cet objectif à l’horizon 2020. Nous serons donc en avance de 5 ans sur ce « rendez-vous » Ces plans d’aménagement élaborés en étroite collaboration avec tous les représentants institutionnels et associatifs de la profession, concertation élargie même dans certains cas aux capitaines des navires de pêche comme le plan des crevettes, ne font que confirmer que le Royaume du Maroc est la 1ère puissance halieutique au niveau du continent africain au-delà des performances en terme de production. Ces plans ont été bien évidemment accompagnés par des mesures de soutien qui sont venus renforcer l’arsenal réglementaire et matériel existant, pour veiller au respect de leur application (Loi INN, généralisation du VMS, contrôles en mer et à terre..)

Ce capital immatériel a non seulement conforté la position du Royaume au niveau de la scène internationale mais aussi fait de lui un modèle dans la bonne gouvernance des ressources halieutiques.

LA CONCERTATION AVEC LES PROFESSIONNELS, SOUHAITABLE DANS UNE DÉMARCHE INCLUSIVE (L’APPROPRIATION DE  LA GESTION DURABLE PAR TOUS), PROGRESSE-T-ELLE AVEC SÉRÉNITÉ ?

Z.D : La concertation a été toujours été une approche de travail prônée par le département. Aucune mesure de gestion des ressources n’est prise sans avoir été étudiée par l’Institut National de Recherche Halieutique et présentée pour discussion et avis de la profession. Il est évident que dans certains cas, il arrive que les avis diffèrent et c’est ce qui fait la force de ce secteur avec toutes ses composantes mais lorsque la raison et l’intérêt collectif prennent le dessus, toutes les décisions sont prises dans un esprit de compromis dans l’objectif d’une exploitation durable et pérenne des ressources, grâce à une prise de conscience de la profession qui commence, elle-même, à proposer des mesures restrictives pour les préserver. Cette situation est visible aussi dans tous les pays côtiers

LA RESTRUCTURATION DE LA PÊCHE CÔTIÈRE FAIT PARTIE INTÉGRANTE DE LA STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT. OÙ EN EST-ON ? LES PROFESSIONNELS JOUENT-ILS LE JEU ? ET LE SECTEUR FINANCIER ?

Z.D : Depuis 2008, le Département a mis en place le programme « Ibhar » pour accompagner la mise à niveau et la modernisation de la pêche artisanale et côtière. Doté d’un budget de 5 milliards de Dh dont 1 milliard de subventions publiques, ce programme n’a pas encore atteint les objectifs qui lui ont été assignés.En effet, au 31/11/2014, il a atteint un taux de réalisation de 14%. Caractérisé par son volontariat, c’est-à-dire qu’il n’est pas contraignant (le choix est laissé libre à l’armateur d’y adhérer ou pas), ce programme prendra fin en Mai prochain.

LA COOPÉRATION INTERNATIONALE A-T-ELLE PRIS DE LA CONSISTANCE EN LA MATIÈRE ? QUELS SONT LES PRINCIPAUX PARTENAIRES IMPLIQUÉS DANS LE CADRE DU TRANSFERT DU SAVOIR-FAIRE ?QUE POURRAIT-ON DIRE DES EXPÉRIENCES PASSÉES, NOTAMMENT AVEC LE JAPON, EN MATIÈRE D’ÉLEVAGE DU THON ROUGE ?

Z.D : Comme vous le savez l’exploitation du thon rouge obéit à des règlements régionaux Recommandés par la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés (ICCAT). Depuis 2008, cette commission a décrété un gel de la capacité de pêche et d’engraissement du thon rouge.En 2014, le Maroc a lancé une ferme expérimentale pour l’engraissement du thon rouge dans la région de Larache. Ce projet conduit par des investisseurs marocains avec des partenaires espagnols, a donné des résultats très significatifs. En effet, un volume de 200 t a été engraissé. Les thons ont été pêchés par des madragues marocaines et acheminées vers cette ferme pour y subir un engraissement pendant 5 mois environ. Ce projet qui a été suivi par l’Institut National de Recherche Halieutique et contrôlé par des observateurs internationaux mandatés par l’ICCAT, a donné des résultats intéressants, résultats qui seront ré examinés au terme de la seconde année d’expérimentation qui sera conduite cette année. Quant à l’élevage du thon rouge, il nécessite une technologie et des conditions environnementales et du milieu très spéciales. A ce jour seul le Japon conduit l’expérimentation de l’élevage du thon rouge au niveau du pacifique. Vous avez bien fait de citer l’exemple du projet d’élevage du thon rouge qui a été conduit à M’diq dans le cadre de la coopération japonaise, mais qui n’a pas pu aboutir, malheureusement, à des résultats concluants en raison des conditions environnementales et du milieu qui ne lui ont pas été favorables

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