Fièvre électorale débordante : Silence, on agresse !

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A quelques jours du scrutin du 7 octobre, l’atmosphère est loin d’être festive. Les incidents se multiplient dans plusieurs villes entre les représentants des chapelles politiques en compétition. Ici, on poignarde, là-bas on bastonne. Mais de quoi cette atmosphère déliquescente est-elle le nom ? Sans aucun doute de l’excès d’embrigadement des militants au point que ces derniers se ferment à tout dialogue avec les adversaires plutôt relégués au rang d’ennemis à abattre. Considérés comme tels de part et d’autre, rien d’étonnant à ce que les débordements sanglants aient lieu. Alors, on est en droit de nous interroger sur la capacité réelle des formations politiques d’encadrer les citoyens. Un encadrement qui doit se baser, on s’en doute, sur le débat contradictoire. N’est-ce pas à l’école partisane que le b.a.ba de la démocratie est inculqué aux militants ? Mais au-delà de cette explication « formelle » qui ne manque pas de poids, il y a lieu de retenir que le recul des militants idéologisés ne saurait conduire qu’à ce genre de confrontations pour le moins désolantes dans un pays qui cherche à asseoir l’expérience démocratique dans la durée. Un vrai militant ne vaut que par sa formation idéologique qui lui délimite les contours de l’action politique au-delà desquels il ne faudrait guère songer. Du coup, lorsque l’embrigadement des citoyens par les formations politiques se fait sous d’autres standards qu’idéologiques, on peut s’attendre au pire : l’intolérance des courants contraires ! On comprend dès lors pourquoi il est dangereux que nos bêtes politiques réduisent leur discours à une seule phrase : « avec moi ou contre moi ». La gloire n’étant le lot, bien sûr, que de ceux qui font du « suivisme » une règle de conduite si ce n’est une doxa. Ne serait-ce que le temps d’un moussem électoral.
Mais on peut expliquer les débordements qui marquent la campagne par l’exacerbation des frustrations des gens mobilisés pour le scrutin. Le doute étant un des vecteurs de la violence. Celle dont ne réchappent même pas les représentants de l’administration territoriale.
Dommage qu’aucun parti n’aie dévoilé au fil de l’étalage des programmes électoraux ne serait-ce qu’une once d’intérêt pour la violence qui marque les esprits des Marocains. A l’ère du « tcharmil », rien ne doit plus étonner de la part des partisans qui jouent aux casseurs et aux fiers à bras. Dommage que dans la bouche de nos politiques on entend éructer contre des « bandits » et autres trafiquants »

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