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Fitch Rating encourage le Maroc à passer au change flexible: Confirmation du « BBB – » avec des perspectives stables

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Tout en confirmant la note « BBB- » du Maroc, l’agence de notation Fitch Ratings a affirmé que ses fondamentaux « restent plus faibles que la moyenne ». Ce qui ne l’a pas empêché non plus de l’encourager, par la même occasion, « d’augmenter progressivement la flexibilité du taux de change » qui pourrait l’aider « à absorber les chocs futurs ». Remettant en cause les affirmations de ladite agence, l’économiste Rachid Achachi affirme que ce sont les agences de notation qui ont encouragé le gouvernement à s’endetter en surévaluant sa note et que « ça va être une catastrophe si le Maroc va jusqu’au bout en termes de convertibilité totale du dirham».
Emboitant le pas à son alter ego Standard & Poor’s, l’agence de notation Fitch Ratings vient de confirmer à son tour les notes du Maroc pour ses émissions de long terme en devise étrangère et pour ses émissions de longue maturité en monnaie locale à « BBB-», avec des perspectives stables. Tout en confirmant la note du Maroc, l’agence de notation Fitch Ratings affirme qu’il ressort de son évaluation de l’économie marocaine que « la performance économique, les finances publiques, les mesures de financement externes et les caractéristiques structurelles, restent plus faibles que la moyenne ». En dépit de cela, l’agence internationale a indiqué, paradoxalement, que « l’intention des autorités d’augmenter progressivement la flexibilité du taux de change pourrait aider le pays à absorber les chocs futurs ». Interpellé sur cette contradiction, l’enseignant-chercheur de l’Institut supérieur d’ingénierie et des affaires (ISGA), Rachid Achachi, remet en cause l’étude de l’agence de notation en expliquant que les équilibres dont parle Fitch Ratings ont été encouragé par celle-ci. « Ces déséquilibres dont ils parlent, c’est eux qui les ont encouragés », assure-t-il avant de s’interroger « Combien de fois ces agences donnent une note surévaluée à un pays comme c’était le cas avec le Maroc ? ». Selon lui, s’ils ont donné le triple B au Maroc, alors qu’il mérite moins, c’est pour l’encourager à s’endetter. « Parce qu’ayant une bonne note, il peut avoir le crédit moins cher. La dette sera moins chère, car le taux d’intérêt sera favorable ». Le Maroc se retrouve dans l’engrenage de la dette en partie à cause des surévaluations de ces agences.
L’agence de notation a rappelé, dans la même veine, que « les finances extérieures ont été renforcées depuis 2012 », en raison, entre autre, « d’une combinaison d’une baisse du prix du pétrole et d’une hausse des exportations manufacturés ». Dit autrement, grâce à des facteurs exogènes et conjoncturels. Fitch considère que « le déficit du compte courant reste exposé à la reprise des prix du pétrole. Nous attendons donc seulement un élargissement modéré sur l’horizon de prévision, à 2,6 % du PIB en 2018 contre 2,2 % en 2015, alors que les exportations de phosphate et des produits manufacturés reprennent le rythme », peut-on lire sur ladite étude.
A travers ces affirmations, il s’avère que l’amélioration des tendances concernant les grands équilibres de l’économie marocaine ne sont pas assez solides, alors pourquoi une telle surévaluation ? Pour notre économiste, le fait de donner une note qui ne reflète pas la vraie solidité de l’économie marocaine a fait que celui-ci a été encouragé durant le dernier quinquennat de 2011 jusqu’à présent à s’aventurer sur le terrain de la dette en se disant que la dette ne coûte pas chère vu qu’on a une bonne note. Or, « actuellement que cette dette a accentué les déséquilibres macro-économiques, ils viennent nous dire qu’il y a des problèmes au niveau de la solidité et de la stabilité et qu’il faut encore aller plus loin et qu’il faut passer à un régime de convertibilité totale du dirham », affirme-t-il.
« Et quand on va le faire ça va être une catastrophe », pronostique membre-fondateur et chercheur du Laboratoire d’économie du développement en indiquant que « si on le fait jusqu’au bout, ils viendront nous reprocher ça ». Remettant en cause la crédibilité des ces agences, R.Achachi estime qu’il s’agit d’une « invitation subtile vers davantage de libéralisme ». « L’argument principal, c’est qu’il en faut toujours plus. Et si ça ne marche pas, c’est parce qu’on n’a pas assez libéralisé. Or, ça ne marche pas », nous a-t-il confié. « Ces déséquilibres macroéconomiques qu’on vit actuellement, c’est le résultat direct du discours libéral dont les agences de notation ne sont qu’un vecteur et un outil de pression », a-t-il conclu.
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