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Flambée des prix : L’opposition s’en prend à la passivité gouvernementale

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Un feu roulant de critiques a marqué la séance parlementaire du lundi à laquelle a sacrifié le chef du gouvernement. Ainsi, Abderrahim Chahid, chef du groupe parlementaire socialiste à la Chambre des représentants, a reproché au gouvernement d’adopter «la politique de l’autruche et ne prend pas de mesures sérieuses et proactives pour réduire la charge sociale pesant sur les familles marocaines, et de faire face aux prix élevés des matières premières et du carburant ».

Le parlementaire a appelé le gouvernement à «résoudre les problèmes, et non pas les justifier. Ainsi qu’à tenir les promesses électorales et à placer l’intérêt de la nation au-dessus de toute considération ». Comme il a souligné que «la pratique politique honnête exige que l’acteur gouvernemental soit au service du citoyen et non au service des clients » tout en estimant que «la communication et l’interaction avec l’opinion publique sont une nécessité fondamentale ». Et d’ajouter que le gouvernement devrait s’atteler à «remédier aux failles dans la méthodologie de son travail, et de tenir compte des attentes et des recommandations des institutions nationales ».

A. Chahid a aussi interpellé le patron de l’Exécutif sur la pertinence «de la politique des barrages et le Plan Maroc Vert après un demi-siècle du lancement de ces stratégies », en se demandant si ces dernières ont réussi ou non à doter le pays du « stock national nécessaire en matière d’eau et d’alimentation».

De son côté, Mohammed Ouzzine, représentant du groupe Haraki, a assuré que les mesures prises par le gouvernement en vue de juguler les hausses qui pénalisent le pouvoir d’achat des citoyens étaient « inutiles et sans effet ». «Pourquoi hésitez-vous à plafonner les prix (…) ou au moins réviser la tarification des carburants en examinant les marges bénéficiaires dans le but de les réduire temporairement ? », s’est-il interrogé en apostrophant A. Akhannouch. Et d’ajouter une couche en rappelant au patron de l’Exécutif que «la crise des prix du carburant est de la responsabilité des gouvernements précédents et actuels ».  Plus, il a rappelé que l’inexploitation des réservoirs de Samir pendant la crise sanitaire « alors que le baril de pétrole était de l’ordre de 20 dollars » avait « gâché l’opportunité d’une économie de 7 milliards de dirhams». Le parlementaire du groupe Haraki s’est aussi attaqué à un certain nombre de programmes lancés par le gouvernement dont «Awrach », rappelant  qu’il s’agissait ni plus ni moins que d’une ré-expérimentation du programme de la «Promotion nationale ». Ce qui l’a fondé à remettre en question les résultats qui pourraient découler de ces programmes. Tout en critiquant le gouvernement pour son recours aux influenceurs virtuels. «Cela signifie que nous sommes en face d’un gouvernement hypothétique qui a choisi de remplacer le Maroc institutionnel par un Maroc virtuel, puisqu’il a alloué un quart des 1,25 milliard de dirhams du programme “Forsa” pour la publicité en pleine crise », a-t-il martelé.

Pour sa part, Abdellah Bouanou, représentant le groupe du Parti de la justice et du développement, a rappelé au chef du gouvernement que «la hausse des prix du carburant est injustifiée », ajoutant que cela a un impact sur le transport, le coût de production et des services, l’inflation, le chômage, la criminalité et le vol.

A. Bouanou a également appelé à plafonner les marges bénéficiaires des compagnies pétrolières et à plafonner progressivement les prix, et ce dans l’optique d’achever la libéralisation institutionnelle et juridique des prix après une fois la situation économique actuelle surmontée.

Pour rappel, depuis la semaine dernière, la polémique bat son plein sur les réseaux sociaux, quant au lancement, par le gouvernement, du programme «Forsa» en mobilisant autour de ce chantier des «influenceurs» tout en boudant la presse. Le secrétariat général du PJD n’a pas raté l’occasion pour épingler l’Exécutif à ce sujet. Pour cette formation d’opposition, «les initiatives modestes et fragiles du gouvernement en matière d’emploi, telles que « Awrach » et « Forsa », en plus de ne pas être à la hauteur de ses grandes promesses électorales, font l’objet d’une logique d’exclusivité partisane étroite». Plus, le fait que le programme «Forsa» ait été confié à «une institution (la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), NDLR) qui n’a pas de compétence juridique, en plus d’être incapable et incompétente et dans le niveau minimum de professionnalisme et de bonne gouvernance, comme en témoignent les rapports officiels», a été rappelé. En sus, le même parti s’est déclaré « surpris » de voir le gouvernement «gaspiller 2,3 milliards de centimes d’argent public en l’allouant à la publicité et aux « influenceurs »» afin de «compenser et dissimuler les faiblesses de communication et la piètre performance de ses ministres».

l’Exécutif rassure…

A. Akhannouch, a affirmé que l’Exécutif mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour couvrir la charge de la subvention supplémentaire des prix de certaines matières alimentaires et suivre la hausse de leurs cours à l’international, tout en préservant les équilibres des finances publiques et sans recourir à une loi des finances rectificative (LFR).

Le gouvernement veille pleinement à préserver les équilibres de la loi de finances (LF) via le renforcement de leur reprise progressive, avec une mobilisation des moyens fiscaux et douaniers nécessaires, le développement de financements innovants, la gestion active du portefeuille de l’État, en plus de la poursuite des mesures de rationalisation de la gestion de l’administration, a indiqué le patron de l’Exécutif qui répondait à une question centrale à la Chambre des Représentants sur « la situation de l’économie nationale à l’aune des changements climatiques et géostratégiques ».

Dans ce cadre, il a souligné que le gouvernement a réussi, grâce à la veille et au suivi de la situation des finances publiques à la fin de 2021, de diminuer le déficit du budget de 1,6 points, passant de 7,6% du produit intérieur brut (PIB) en 2020 à 6% en 2021. L’endettement a ainsi reculé de 1,5 points à 74,9% du PIB. A. Akhannouch a, en outre, fait savoir que cette dynamique se poursuit au début de cette année, avec une augmentation des recettes fiscales de plus de 15 milliards de dirhams (MMDH), soit de 26% par rapport à la même période en 2021, ajoutant que le Trésor continue de régler les dettes extérieures et n’a pas eu recours jusqu’à présent à des crédits supplémentaires ni à une ligne de crédit.

Dans ce sens, le chef du gouvernement a assuré que la préservation d’une situation normale dans une conjoncture marquée par des crises successives inédites est « largement couteux pour l’État », notant toutefois qu’il constitue en même temps un grand accomplissement. Et de soutenir que la préservation du Maroc de son classement par la société de notation financière Standard & Poor’s, qui a affirmé les perspectives stables des équilibres financiers du Royaume, renforce la confiance dans la durabilité de ces équilibres dans le cadre de contexte difficile.

A. Akhannouch a, par ailleurs, souligné que le Royaume a accumulé une expérience significative en matière de résistance aux crises successives et a même réussi à en faire des opportunités de croissance et de développement. Il a mis en avant la disponibilité du gouvernement à mobiliser toutes les ressources possibles pour prendre les décisions publiques nécessaires, afin que l’ensemble des mesures prises soient compatibles avec la nature des chocs multiples que pourrait subir l’offre et la demande sur les marchés national et international.

Le chef du gouvernement a également rappelé qu’en dépit des efforts déployés pour faire face à cette conjoncture, qui a nécessité la mobilisation de sommes financières importantes, l’Exécutif a continué à œuvrer sur un ensemble d’engagements qu’il a pris dans le cadre de son programme gouvernemental.

A cet égard, il a évoqué le lancement d’un ensemble de programmes sociaux et de développement « prometteurs », dont notamment les programmes « Awrach » et « Forsa », l’appui aux secteurs touristique et agricole outre la mise en œuvre du projet relatif au registre social. Il a été aussi question, a-t-il poursuivi, d’allouer environ 8 MMDH comme augmentation de la masse salariale, pour régler notamment le statut d’un certain nombre d’employés (particulièrement dans le secteur de la santé) et d’injecter 13 MMDH dans l’économie nationale pour rembourser les arriérés des crédits de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

« Ces mesures ont eu un impact positif sur le pouvoir d’achat des citoyens et ont permis d’éviter des chocs au niveau de prix », a souligné A. Akhannouch, qui a fait savoir que « sans le système de soutien et les diverses mesures à caractère social prises par le gouvernement sous Hautes Instructions Royales, les prix aurait pris des courbes terribles ».

Il a estimé que jeter les bases d’un véritable dialogue social entre le gouvernement et les partenaires sociaux est le moyen le plus sûr pour améliorer le climat social et économique, trouver des solutions innovantes ainsi qu’un règlement équilibré entre les parties intervenantes. Avant de conclure que le gouvernement est déterminé à faire du dialogue social un véritable espace de création de solutions, notamment dans cette circonstance exceptionnelle et à formuler des options sociales conformes aux priorités sociales.

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