Formule-1 : Une saison pas comme les autres !

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On avait l’habitude d’entendre ici et là que la formule 1 a perdu de sa substance. Il faut dire que les dernières saisons n’ont pas été riches en rebondissements à même d’aiguiser l’appétit des amoureux des sports mécaniques. A moins d’un miracle, les premiers tours de piste donnaient le nom du vainqueur qui réitérait son exploit les manches suivantes. Mais la saison 2016/2017 semble à priori démentir les déçus puisque les dernières courses sont loin de désigner un pilote champion du monde.
Si Mercedes domine le haut du padock, cette firme a su s’illustrer aussi bien à Barcelone qu’à Monaco pour faire parler d’elle, mais pas toujours de belle manière. Et si Ferrari peine à sortir du rouge, les petites écuries ne semblent plus vouloir jouer aux figurants car elles grignotent des points précieux qui permettront, à terme, de leur donner les moyens de grandir au sein d’une famille gourmande en ressources humaines et en millions de dollars. N’est-ce pas là le nerf de toute guerre ?
Barcelone : Taureaux et testostérone
Parce qu’elle refuse, à ce jour de mener des courses d’équipe et par conséquent désigner un pilote majeur et un figurant, Mercedes lâche la bride à ses pilotes pour se toiser les uns les autres sur la piste et nul par ailleurs. C’est tout en son honneur sauf que sa logique a trouvé ses limites à Barcelone quand ses deux pilotes se sont embourbés dans le bac à sable dès le premier tour tels des gamins gâtés avec des jouets qui valent des millions de dollars et conçus par 1300 ingénieurs et techniciens!
La course s’annonçait radieuse pour la firme bavaroise puisque ses deux monoplaces grises ont dominé, comme à l’accoutumée, les séances de qualification devançant une étonnante ligne bleue composée des deux Red-Bull et décevante ligne rouge Ferrari. Sous un soleil éclatant dont seule la Méditerranée a le secret, Mercedes s’affichait gagnante. Mais c’était sans compter avec les égos démesurés de ses pilotes qui ont tout simplement ruiné ses espoirs au bout de… 300 mètres. Les commentateurs se sont déchainés pour blâmer l’un ou l’autre. Mais finalement, les deux pilotes ont reconnu leurs erreurs et l’enquête diligentée par les commissaires de course s’est close sur une conclusion : l’accident est un fait de course. Fermez le ban, il n’y a plus rien à voir. Et non car la nature a horreur du vide.
Si l’étoile de Mercedes s’est éteinte ce dimanche elle a donné naissance à une autre, celle de Max Verstappen au volant de la Red-Bull. Ce pilote néerlandais s’est illustré comme le plus jeune pilote de la formule 1 à avoir gagné une course. Petit jeunot à peine installé dans le baquet d’une monoplace dédié jusqu’alors à l’incontrôlable russe Danii Kvyat – rétrogradé pour fautes à répétition chez la modeste Toro Rosso – Verstappen a su résister à la Ferrari de Vettel pendant de longues minutes avant de voir le drapeau à damier s’abaisser pour le sacrer vainqueur d’une course dont il était l’obscur outsider.
Avant cette issue heureuse, les deux team Red Bull et Ferrari ont adopté deux tactiques identiques improvisant un bal de souris des plus inédits à ce niveau de la compétition. L’une de Riccardo calquée sur celle de Kimi Räikkönen et la seconde de Verstappen copiant celle de Vettel.
Le suspens fut total jusqu’aux derniers mètres qui ont promu Max victorieux. Chaleureusement félicité par Vettel et Alonso, il a été fêté par ses mécaniciens et le staff Red Bull qui voit en lui une pépite à garder face aux appétits féroces et de Mercedes et de Ferrari.
Un Prince sur le Rocher
Quinze jours plus tard, la caravane de la course a franchi les Pyrénées pour s’installer, le temps d’une course, dans la principauté de Monaco. C’est la manche la plus glamour du calendrier et tous les pilotes rêvent de la gagner.
Sur les terres de la principauté monégasque on attendait « le régional de l’étape » Nico Rosberg. Mais l’étoile de ce dernier n’a pas été au rendez-vous princier laissant à son coéquipier Hamilton le soin d’animer et de gagner la course.
Sous une pluie battante, le grand prix de Monaco fut une manche inédite. Alors que les qualifications ont eu lieu sous un soleil tapant et une température printanière, la course a commencé avec un temps quasi hivernal. Ecuries comme pilotes ont couru à l’aveuglette puisque les monoplaces étaient réglées pour le sec.
C’est le souriant australien Ricardo qui s’est adjugé la pole position à bord de sa Red Bull. Mais c’était sans compter sur la malchance et la hargne d’Hamilton qui, tout en sirotant un thé à la menthe, ironisait sur le mauvais temps qui n’est plus l’exclusivité de l’Angleterre.
En effet, après s’être débarrassé de son coéquipier quasiment absent de cette course mythique pour cause de problème de freinage, il a caracolé en tête aidé par un arrêt interminable de Ricardo dans les stands pour changer de pneumatiques.
Pour Lewis, c’était la course à gagner. Parti troisième, il a su manœuvrer avec maestria même si son pilotage fut limite par moment pour empêcher le pilote australien de le doubler.
Cette victoire, la 44 ème de sa carrière, tombait à pic car c’est son numéro fétiche pour lequel il courrait depuis la fin de la saison dernière. Aidé par un départ derrière la Safety Car, il n’a pas eu à gérer les aléas du premier virage qui laisse toujours des monoplaces sur le bas-côté.
Inattendue, la modeste Force India a hissé son jeune pilote mexicain sur la troisième marche du podium. Le pilote mexicain jubilait à l’issue de la course. Sa joie égalait presque celle de Lewis et tranchait avec l’amertume et la déception de Ricardo. Au bord des larmes, il a refusé de commenter la course tellement il sentait que la victoire lui appartenait, si son équipe avait été à la hauteur. Un peu plus tard, il a déclaré un brin agacé « Je sais que j’ai quand même eu un podium aujourd’hui à Monaco. Je devrais être extrêmement heureux et reconnaissant… mais être privé de la victoire deux fois d’affilée, surtout ici… J’étais le plus rapide en début de course, j’avais creusé un joli écart. Je ne sais pas quoi vous dire à propos de la stratégie, ce qu’il s’est passé avec les pneus. »
« Ce n’était pas ma décision de rentrer aux stands à ce moment-là du Grand Prix, c’était celle de l’équipe, donc ils auraient dû être prêts. »
Quant à Ferrari, après l’erreur de pilotage de Räikkonen qui lui a valu l’abandon dès les premiers tours, Vettel n’a pas pu rivaliser avec Perez à bord de sa Force-India. Suite à cette énième déconfiture, la presse italienne s’est déchainée contre la scuderia. Volant au secours de son équipe, le quadruple champion du monde a déclaré que comparé à « l’année passée, nous étions dans un no man’s land. Nous concédions trop de terrain à la référence du plateau, Mercedes, mais nous avions trop d’avance sur nos plus proches poursuivants. Cette année, par la force des choses, les écarts sont plus faibles, et je pense que nous sommes plus proches de Mercedes. » Optimiste sur la suite de la saison, Vettel a conclu sa déclaration en estimant que Ferrari est « sur la bonne route ». Espérons que celles des circuits à venir sauront lui donner raison. Après cette courte parenthèse sur le vieux continent, le padock posera ses valises au Canada où l’on espère assister à une course haletante dont seul ce circuit a le secret.

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