Forte désaffection des Marocains de la politique et de ses symboles

Quid des rapports qu’entretiennent les citoyens avec les partis politiques, syndicats et Parlement ? Dans le rapport établi par le Think tank Al Mountada, la désaffection reste reine. De quoi donner du fil à retordre aux organes de régulation en place. 

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Forte désaffection des Marocains de la politique et de ses symboles

Le verdict est sans appel. Les Marocains sondés par Al Mountada n’ont presque aucune confiance dans les institutions censées les représenter. Si 83 % de nos comptariotes avouent ne pas s’intéresser à la politique, seuls 13 % estiment que les élus et dirigeants politiques sont honnêtes. Le sondage qui a concerné 1001 participants a été réalisé par des cercles de travail composés de 310 personnes réparties sur 16 provinces. Al Mountada affiche dès lors le sérieux de sa démarche. 

Ainsi, la compilation des données lève le voile sur un ressenti : aux 83 % des sondés qui ne font pas confiance aux partis politiques, 72 % éprouvent le même sentiment pour les syndicats et 65 % pour le parlement. Désaffection et défiance sont donc les traits caractéristiques du momentum politique. Plus, les deux tiers des sondés ne font pas, non plus, confiance au gouvernement. Le tiers des sondés vont jusqu’à qualifier de «corrompus» les élus et dirigeants politiques et 55 % préfèrent, eux, ne pas se prononcer. Un silence lourd de sens puisque seuls 13 % des sondés pensent que les élus et dirigeants politiques sont honnêtes. 

D’après le rapport, les jeunes de 18 à 24 ans, comme les catégories les moins aisées, sont le gros du contingent qui a tourné le dos à la politique et à ses représentations. Plus, 87 % des sondés pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas des besoins des citoyens et doivent donner la preuve de leur honnêteté (57 % des sondés) et tenir leurs promesses (56%).

Réagissant aux institutions qui leur inspirent le plus confiance, la balance des sondés penche en faveur des forces de l’ordre. La palme d’or revient à la police (81 % des suffrages), loin devant les autorités locales (68%) et la justice (63%). Encore faut-il préciser que les sources d’insatisfaction des sondés concernent principalement l’éducation (72%) et la santé (69%). Pourtant, les sondés considèrent ces deux secteurs comme prioritaires dans tout développement du pays. 

Al Mountada appelle à ce que le citoyen soit placé au centre de toute action puisque c’est l’unique façon viable pour exiger de lui de consentir des efforts et de se mobiliser. Le Think tank assure que «la panne de l’ascenseur social est à l’origine de la fracture entre les élites et les autres catégories de la population». Dès lors, restaurer la confiance ne saurait être sans une répartition juste et équitable des richesses, garantir une vie décente à tous les citoyens et lutter contre les inégalités sous toutes leurs formes.

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