FORUM INTERNATIONAL AFRIQUE DÉVELOPPEMENT : PLACE AU CONCRET !

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Co-organisée par le Groupe Attijariwafa Bank et Maroc Export, la troisième édition du Forum Afrique développement a pour objectif de galvaniser un partenariat Sud-Sud porteur d’espoir et de progrès pour les peuples africains. Mohamed Kettani, PDG de la première banque du pays, ne s’est pas contenté des salamalecs d’usage plus qu’il n’a fait un large exposé sur les opportunités d’affaires en Afrique et dont il est témoin en tant qu’opérateur bancaire de référence sur le continent.A ses yeux, « la crise financière internationale a accéléré les changements et nous a fait accéder dans un univers de volatilité » (du pétrole, des métaux, des devises, des cycles économiques et de la hiérarchie même des puissances économiques). Et d’ajouter que « dans cet univers en proie aux changements constants et accélérés, notre continent a également changé. Sa forte croissance économique et démographique, ses ressources naturelles et agricoles, sa classe émergente de nouveaux consommateurs en font certes de plus en plus un relais de croissance pour les investisseurs internationaux, voire la nouvelle frontière, mais l’Afrique a changé car elle sort des schémas du passé pour entrer dans une dynamique de transformation profonde ». Preuve en est que de plus en plus d’Etats africains se sont désormais dotés de visions sectorielles structurées et cohérentes, matérialisées par des plans chiffrés et de projets d’investissements ciblés dans tous les domaines et ayant comme objectif ultime la valorisation des matières premières.

Ces plans donnent confiance et visibilité aux opérateurs économiques : infrastructures, énergie, télécommunications, valorisation des ressources naturelles dans les industries agro-industrielles et minières, développement du tourisme et des services… Autant d’opportunités de partenariats publics privés, de coopérations triangulaires nord sud-sud créatrice d’emploi et de valeur ajoutée, de transfert de compétence et de savoir-faire, d’innovation et de ruptures technologiques.

D’où le thème de ce troisième forum qui désormais prendra une cadence annuelle afin de répondre à la forte demande émanant des opérateurs économiques et franchir une nouvelle étape dans la dynamique de projet au service du développement de notre continent et de la coopération sud-sud.

LE TEMPS DES PME

L’Afrique représente aujourd’hui un potentiel encore inexploité. Le continent a réalisé en 2014, un taux de croissance de 3,6% et devrait afficher un taux qui avoisine les 5% au cours de cette année, soit mieux que la moyenne mondiale. L’Afrique sera, dans les 5 prochaines années, parmi les 3 régions du monde qui connaîtront la croissance la plus rapide. Le plus important est que plusieurs pays pauvres et sans ressources naturelles ont atteint des taux de croissance forts et soutenables sur une période relativement longue. L’Afrique se dirige vers un modèle de croissance normalisée. Cette croissance sera notamment portée par les chantiers d’infrastructures économiques et sociales mais également par le développement d’une production locale. Dans ce sens, les investisseurs et particulièrement marocains ont réalisé que l’avenir de leur expansion est d’abord en Afrique et grâce à ce forum, ce n’est pas les opportunités qui manquent. Le Maroc est fortement engagé en Afrique, il a consacré 56% de ses investissements étrangers directs à l’Afrique, et au cours des cinq dernières années, 41 milliards de DH ont été injectés dans des infrastructures économiques et sociales.

Le mouvement est porté par des grands groupes. Ils sont essentiellement dans la Banque, l’Assurance, les Télécoms, l’Immobilier, le BTP… Pour l’heure, il s’agirait de donner de la profondeur à cette logique d’intégration régionale, créer une capillarité industrielle et commerciale entre les économies africaines. Chaque implantation devrait générer des écosystèmes locaux avec des emplois locaux et de la valeur ajoutée locale. Des systèmes où les PME trouveront leur place dans les chaînes de valeur créées comme le confirme la présidente de la CGEM. Meryem Ben Saleh a souligné que « si on veut une Afrique intégrée, qui se nourrisse d’ellemême, il faut faire porter cette dynamique par les PME. Je crois que nous sommes tous
aujourd’hui convaincus qu’il est temps pour les PME de nos pays respectifs de sortir de leurs bases. »

MODUS OPERANDI

Le ministre marocain de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique My Hafid Elalamy, présent lors de l’ouverture des travaux du Forum, n’a pas manqué d’étaler le modus operandi pour le resserrement du partenariat Sud-Sud autour de projets de co-développement, tirant parti des forces d’un pays pour compenser les insuffisances de l’autre.Se fondant sur les objectifs du Forum, notamment de faire émerger par des dialogues publics-privés riches et intenses, des projets de partenariat et d’investissement concrets dans les domaines de l’énergie, de l’agrobusiness et des infrastructures, le ministre a proposé ses recettes déclinées en quatre priorités.Il s’agit d’œuvrer à « la recherche active de gisements de complémentarité, à l’effet de l’intégration des chaines de valeur respectives, qui gagnerait à s’opérer via la mise en place d’écosystèmes régionaux, dans divers secteurs à fort potentiel, tels que la transformation et la valorisation de nos matières premières, de nos productions agricoles et industrielles».

Ces écosystèmes seraient le fait d’entreprises locomotives qui «développeraient leurs activités en fédérant autour d’elles des PME de nos pays, créant, ainsi, des relations de proximité entre les filières porteuses de complémentarité, situées sur nos territoires, et garantes de compétitivité partagée». Selon lui, «la structuration de nos chaines de valeur en écosystèmes régionaux constituerait un levier stratégique dans l’attraction d’investissements structurants en provenance des grands portefeuilles d’investissement internationaux ».En outre, le ministre invite à accélérer l’intégration économique via la signature tant de l’Accord de partenariat économique préférentiel entre le Maroc et l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine que de l’Accord Commercial préférentiel entre le Maroc et la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale.«Ces accords sont les garants d’un développement significatif, dans une logique gagnant-gagnant, des échanges commerciaux et des investissements entre nos pays, et plus globalement de multiples avantages »: activités économiques multipliées, compétitivité accrue, utilisation plus efficace des ressources et impulsion pour la croissance et le développement qui pourraient découler de l’intensification des échanges d’idées, de services, de biens, de financements et de personnes.

La troisième priorité consiste à privilégier des modes de collaboration de type public-privé « pour la concrétisation de notre partenariat, tant ils sont, de par la logique de bonne gouvernance à laquelle ils obéissent, vecteurs de synergies, de transfert technologique et de progrès ». Enfin, plaide My Hafid Elalamy, il faut mettre en place des cadres favorables et attractifs aux affaires et propices à la démultiplication des partenariats publics privés sud-sud, dont les clefs sont, notamment des cadres incitatifs à l’investissement.

Au-delà des speechs de circonstance, le Forum de Casablanca a représenté une occasion pour les nombreux opérateurs présents de nouer des courants d’affaires. Le « B to B », privilégié en la circonstance, devra engendrer ultérieurement des résultats probants. Les déclarations dans ce sens ne manquent pas…

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