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Grève dans la santé : les blouses blanches s’entredéchirent

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Au moment où le syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) appelle à une grève nationale demain 25 mai, les autres syndicats de la santé relevant des centrales syndicales (CDT, FDT et UGTM) décident d’organiser le même jour des manifestations (sit-in et des marches) à travers le Royaume. Deux initiatives distinctes et une désunion qui risque d’affaiblir le mouvement et de porter préjudice au lourd dossier revendicatif.
Sommes-nous devant une lutte intersyndicale faisant partie des inconvénients du pluralisme syndical ou bien face à des syndicats qui, dans l’anarchie ambiante, s’entretuent dans le cadre d’une désunion qui porte atteinte aux nobles fondements du syndicalisme ? Ou bien les deux à la fois ? Dans un communiqué publié en début de semaine qui fustige la politique du ministère de tutelle, le bureau syndical indépendant des médecins du secteur public a accusé le ministre El Houssine El Ouardi de porter atteinte au corps médical et lui collant ainsi sur le dos la responsabilité de l’échec de la politique de santé, pour appeler à une grève le 25 mai courant. Quelques jours après, les syndicats de la santé relevant des centrales syndicales (CDT, FDT et UGTM) ont sur la base du même dossier revendicatif et à quelques nuances près décidé d’organiser le même jour des manifestations qui consistent en des sit-in et des marches à travers le pays! Une initiative qui, à première vue, laisse entendre que les organisations syndicales se consacrent plus à des rivalités qu’à défendre les droits légitimes des adhérents. Un avis qui n’a pas été du goût d’un leader syndical appartenant à l’une des centrales en question.
Interrogé sur la date choisie pour cette initiative, il a confié que ça faisait partie d’un « programme de lutte établi antérieurement qui a été mis en veilleuse dans l’attente des résultats du dialogue social ». Le refus de commenter ou critiquer à visage découvert l’action du SIMSP n’a pas empêché ce syndicaliste d’adresser de fortes critiques à l’endroit de ce syndicat. « Ils n’ont jamais réussi à décrocher quoique ce soit au profit des médecins. Pas même un centime », a-t-il dit. Pourquoi dès lors ne pas adhérer à l’initiative de ce syndicat? Ce à quoi le militant rétorque; « et pourquoi n’adhèrent-ils pas, eux, à nôtre démarche? ». De surcroît, il ajoute que les centrales sont contre « la logique restreinte du syndicat indépendant ». « Nous, on ne défend pas que les revendications des médecins, mais celles de toute la corporation y compris les infirmiers et les autres travailleurs dans le secteur ». Pire, selon une source proche du dossier, l’action devant être engagée par ledit syndicat n’est pas motivée par des soucis revendicatifs, mais plutôt par les intérêts d’une infime minorité. « Pour vous mettre dans le bain, les chefs dudit syndicat avaient eu une réunion avec le ministre il y a de ça quelques années et ils avaient sorti un PV commun. A travers ce PV, ils avaient fait comprendre aux médecins du secteur public qu’ils ont le droit d’exercer dans le secteur privé. Chose qui est en parfaite contradiction avec la loi en vigueur », nous a expliqué un ancien syndicaliste. « Et maintenant, ils appellent à un sit-in en réponse à El Ouardi suite à la sanction de certains de leurs adhérents qui exerçaient dans le privé », a-t-il conclu.
Cette situation d’anarchie dans laquelle se sont installées les syndicats pousse de vieux briscards à sortir de leurs gonds en réclamant une grande purge. Car les intérêts corporatistes sont noyés dans ceux plus individuels.
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