Habib El Malki au perchoir: Les difficiles jours d’après…

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L’affaire était-elle courue d’avance ? Le fait est que Habib El Malki a bel et bien été porté à la présidence de la Chambre des représentants alors que lors des tractations autour de la composition de la majorité gouvernementale, Abdelilah Benkirane, chef de gouvernement désigné, avait décliné, à l’issue de sa rencontre avec la délégation de l’USFP, la demande qui lui a été formulée dans ce sens par Driss Lachgar him self. La candidature du ténor socialiste, qui plus est reconnu comme homme du sérail, aura bénéficié du soutien de plusieurs formations politiques, toutes en délicatesse avec le leader du PJD. Il s’agit du Rassemblement national des indépendants (RNI, 37 voix), du Parti Authenticité et modernité (PAM, 102 voix), du Mouvement populaire (MP, 27 voix), et de l’Union constitutionnelle (UC, 19 voix) et, bien évidemment, de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, 20 voix). L’affaire est donc loin d’être consensuelle. Et le dissensus qui s’est exprimé, à l’occasion, a pris les formes du « bulletin blanc» agité pour l’occasion par le PJD et le PPS, l’union sacrée entre les deux formations étant ainsi sauve, et par le boycott intempestif de la délégation des députés istiqlaliens de la séance. Si l’institution législative a été mise en place avant la formation de l’Exécutif, c’est pour répondre à un diktat politico-diplomatique : l’adoption par le Parlement, dans ses deux composantes, de l’Acte constitutif de l’Union africaine, organisme panafricain devant accueillir le Royaume en son sein. En ce qui concerne les motivations expliquant l’attitude des élus du PJD, c’est Saad Eddine El Othmani qui est monté au front, l’absence du patron du PJD ayant été très remarquée à cette occasion. L’impératif saharien a été rappelé à cette occasion au même titre d’ailleurs que le retrait du PJD du champ de bataille pour épargner ce qui semble rester des chances d’une reprise des discussions pour la formation de l’Exécutif. Pour S. El Othmani, rien ne s’opposerait à l’aboutissement des pourparlers quand bien même l’agenda politique se trouve chamboulé par le déplacement royal dans plusieurs capitales africaines avant le sommet de l’UA devant se tenir fin janvier à Addis-Abeba. Le ton apaisé du bras droit d’A. Benkirane n’en exprime pas moins la décontenance du PJD face à la précipitation des événements politiques de nature à compliquer davantage la mission du chef de gouvernement désigné pour la formation d’une coalition gouvernementale. A. Benkirane ayant toujours eu le souci de placer un représentant de la majorité à la tête de la chambre basse du parlement, le PAM assurant la présidence de la chambre des conseillers. La question qui revient dans toutes les bouches serait de savoir si le leader du PJD finira par ravaler son excès de fierté (favorisée par les 125 élus obtenus lors des législatives) en composant autrement avec l’offre globale du patron du RNI, celle qui vise à disposer d’une majorité confortable (additionnant au RNI, l’UC, le MP et l’USFP)… Où à défaut, s’entêtera-t-il à exiger d’un Aziz Akhannouch de jouer la carte du facilitateur magnanime capable de calmer les ardeurs des socialistes ?

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Le jour d’après le lundi 16 janvier dégrisera-t-il tous ceux qui pronostiquèrent la facilité de l’exercice auquel A. Benkirane devait vaquer au lendemain du verdict des urnes en surclassant toutes les autres formations politiques ? Dur aura été le réveil. Et le plus dur est encore à venir.

 

 

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