Indépendance de la Catalogne: Madrid traine les indépendantistes en justice

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Des milliers de personnes se sont rassemblées devant le tribunal supérieur de justice de Catalogne, à Barcelone, lundi 6 février, en signe de soutien à l’ancien président de la Catalogne, Artur Mas, et deux ex-ministres régionaux, Joana Ortega et Irene Rigau, au premier jour de leur procès. Chef d’accusation : l’organisation le 9 novembre 2014 d’une « consultation populaire » illégale sur l’indépendance de cette riche région autonome de 7,5 millions d’habitants. Il y a lieu de souligner que c’est l’Assemblée nationale catalane (ANC), principale association indépendantiste, qui est à l’origine de la mobilisation. Elle a invité les fonctionnaires à poser un jour de repos et affrété 120 bus de toute la Catalogne pour assurer le transport aux 40 000 personnes inscrites sur son site afin de soutenir l’ex-président. Drapeaux indépendantistes et photos géantes d’A. Mas ont accompagné les accusés tandis qu’ils se dirigeaient vers la salle d’audience.
Plus de 2,3 millions de Catalans avaient voté ce fameux 9 novembre 2014, et le oui à l’indépendance avait emporté 80,7 % des suffrages. Pourtant, cinq jours plus tôt, le tribunal constitutionnel avait suspendu l’organisation de la consultation, jugée illégale par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy car elle portait sur l’unité de l’Espagne, affaire qui doit être débattue par tous les citoyens du pays.
Passant outre l’arrêt, l’exécutif catalan avait recruté des bénévoles pour l’organisation, via un site Internet, réquisitionné lycées et collèges, distribué des bulletins de vote, et mis à disposition 7 000 ordinateurs portables pour la transmission et le décompte des résultats. Pour le parquet, ce fut un « acte de désobéissance grave » et même de « prévarication » – un délit consistant à agir en connaissance de cause.» Dénonçant un « procès sans socle légal », un « montage politique », A. Mas a promis d’aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme pour se défendre. « Nous avons respecté le mandat de notre Parlement, majoritairement favorable à une consultation », avait-il justifié.
La polémique qui secoue le pays ne porte cependant pas tant sur la désobéissance ou non d’Artur Mas, mais sur l’opportunité de saisir la justice sur une question politique qui, loin de s’être résolue depuis, promet de nouveaux casse-tête à Madrid.
Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy assure qu’il utilisera tous les moyens dont il dispose pour empêcher la tenue de ce référendum. La possibilité de suspendre partiellement l’autonomie de la Catalogne ou de faire fermer les bureaux de vote par la police autonomique, les Mossos d’Esquadra, n’est pas exclue.

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