Intervention turque en Libye: La parade du maréchal Al-Sissi…

Abdel Fattah al-Sissi a convoqué, jeudi 2 janvier, une réunion urgente du Conseil de sécurité égyptien composé notamment des ministres de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et le chef des services de renseignements. Objectif, répondre au feu vert du Parlement turc pour l’envoi de militaires en Libye.

Excipant la position tranchée du parlement turc avalisant la décision du Président Recep Tayyip Erdogan d’envoyer des troupes en Libye, le président al-Sissi s’est empressé de traiter de cette épineuse question avec les présidents américain, russe et français ainsi que la chancelière allemande, tous joints au téléphone.
Des entretiens qui ont porté «sur les dangers découlant d’une ingérence étrangère armée en Libye».

Officiellement, l’Égypte est pour une solution «politique» de la crise libyenne tout en soutenant diplomatiquement l’Armée nationale libyenne du maréchal autoproclamé Khlifa Haftar. Grâce à l’offensive de ce dernier contre Tripoli à l’ouest, la frontière égyptienne jouxtant l’Est libyen sur plus de mille kilomètres a été sécurisée.

Pour Le Caire, un renversement de la situation grâce à une intervention militaire turque placerait des djihadistes venus de Syrie aux portes de l’Égypte. Ce qui donne une autre dimension à la pression djihadiste exercée sur le pays des Pharaons déjà éreinté par la gestion difficile du péril djihadiste dans le Sinaï.
Al-Sissi qui est soutenu à bras le corps par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, fait toujours de la Turquie l’ennemi juré de l’Egypte.
Ankara est considéré comme le véritable vivier qui nourrit les Frères musulmans…

On signalera que de «graves inquiétudes» agitent l’Union européenne après que le gouvernement turc a autorisé l’envoi de forces armées en Libye.

«L’UE réaffirme sa conviction ferme qu’il n’existe pas de solution militaire à la crise libyenne», selon un communiqué du porte-parole du Haut représentant des Affaires étrangères.
Les actions pour soutenir «ceux qui se battent dans ce conflit ne peuvent qu’entrainer une déstabilisation accrue du pays et de la région», a estimé le porte-parole, cité par l’AFP.

L’UE appelle au «respect sans faille de l’embargo sur les armes de l’Onu» et à «soutenir les efforts» de l’émissaire des Nations unies en Libye, Ghassan Salamé, qui sont «la seule voie vers une Libye en paix, stable et sûre».
Le parlement turc a déjà voté une motion permettant au Président R.T. Erdogan d’envoyer des militaires en Libye pour soutenir le gouvernement de Tripoli.
Un développement qui inquiète aussi les USA. Donald Trump a aussitôt mis en garde, dans une conversation téléphonique avec son homologue turc, contre toute  «ingérence étrangère» susceptible de «compliquer» la situation en Libye.
Israël, Chypre et la Grèce ont aussi dénoncé une «menace dangereuse pour la stabilité régionale», de même que l’Egypte.

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