jeunesse & sport : UN MINISTERE OBSOLETE

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aisant partie du casting gouvernemental marocain sous plusieurs appellations depuis l’installation du premier gouvernement le 7 décembre 1955, le ministère de la Jeunesse et des Sports s’est vermoulu avec le temps. Voilà donc un département qu’il faut repenser de fond en comble. En commençant par la partition de la jeunesse et du sport: la jeunesse est une tranche d’âge tandis que le sport est une activité sectorielle. Soixante années après, l’anachronisme de ce ministère continue à servir la soupe aux politicards sans stratégie claire pour développer le sport sur des bases modernes.

Du mouvement sportif
Les dysfonctionnements qui minent le ministère de la Jeunesse et des Sports ne datent pas d’aujourd’hui ou de ce scandale des raclettes du Mondialito des clubs de football. En fait, ça n’a été que la partie invisible de l’iceberg mais aussi l’occasion de réfléchir sur une Grande Réforme d’un ministère qui pourrait avoir droit de cité mais pas de la manière dont il existe depuis plus d’un demi – siècle. Changer de ministre c’est vouloir changer le changement afin que tout change pour que rien ne change. Le mouvement sportif ne peut être l’apanage ni du Mouvement Populaire ni d’aucun parti politique. Qui des partis politiques marocains depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui a une vision transversale et/ou un plan de développement du sport sur la base d’une étude bien ficelée? Question rhétorique.

C’est d’autant plus le même constat pour le gouvernement et l’Etat qui galèrent.
Le mouvement sportif (CNOM, Fédération, Ligues et Clubs) a besoin d’un organisme régulateur pour l’accompagner, l’impulser et le promouvoir. Un organisme régulateur fort de par ses moyens humains hautement qualifiés, financiers consistants investis dans une logique de développement et non dans l’événementiel démentiel : Le cas du football entre autres où la FRMF est un État dans l’Etat.

Des politiques publiques
La Lettre Royale sur le Sport et les recommandations qui ont découlé du grenelle de Skhirate en octobre 2008 n’ont rien laissé au hasard. L’objectif majeur ne consiste pas à réorganiser le sport sur tous les plans mais à l’ancrer dans les politiques publiques locales, régionales et nationales. Mais l’Exécutif ne les a pas traduites en plan d’actions et ne s’est jamais fait la peine d’évaluer et de délibérer sur le sport en Conseil du Gouvernement en vertu de l’article 92 de la constitution.

Substitut de la faillite des politiques, le sport fait social global, est souvent sous le couperet des mesurettes, des tâtonnements et du replâtrage pur et simple. Le ministère de la Jeunesse et des Sports n’est plus une administration de mission mais de démission. Son décret organisationnel, amendé en juin 2013, est incohérent. Taillé sur mesure par le ministre relevé de ses fonctions, ce décret sert plus les desseins et les appétits politiciens que d’en faire un organisme qui sert l’intérêt général de la Jeunesse et du Sport.

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