La justice tranche pour la liquidation de Samir

0 64
Alors qu’on a cru un certain moment qu’une autre voie que la liquidation de la Samir était possible, la Cour d’appel de Casablanca a confirmé ce mercredi 1er juin le jugement prononcé le 23 mars dernier en première instance. La mise en liquidation de la filiale de Corral Petroleum, société de droit suédoise, n’est qu’une affaire de temps.
Au terme de plusieurs mois de débats procéduriers, et à la déception de l’actionnaire principal Mohammed Hussein Al Amoudi et des créanciers qui s’étaient joints au parquet demandant le redressement, la liquidation de Samir a été confirmée. Finalement, l’audience du mercredi 18 mai n’a fait que nourrir de faux espoirs du côté du Saoudien qui n’a pas pu convaincre les magistrats de la Cour d’appel de son offre les amenant à conforter la position de la Chambre du Conseil. Selon une source présente lors de l’audience de cette matinée, « l’engagement de l’actionnaire majoritaire auprès de la Cour à injecter plus de 6 milliards de dirhams au cas où la liquidation était remplacée par le redressement a été considéré comme imprécis et manquant de preuves bancaires de l’existence de la somme promise en plus de ne pas être assorti de délai ». Dans le même sillage, une source impliquée dans le dossier nous a confié que « les magistrats ne sont pas aussi dupes pour croire en l’offre d’Al Amoudi », précisant que « parmi les créanciers demandeurs du redressement, il y a des gens qui sont impliqués et fortement responsables de la débâcle de l’unique raffinerie du Royaume ».
« Les créanciers qui ont demandé le redressement sont tous des petits créanciers qui ont des intérêts directs avec le DG Baamer à l’image d’un spécialiste de la réalisation des travaux de peinture qui avait une entreprise dénommée Iso-montage puis une autre sous le non de MIESA et qui n’a pas cessé de changer les entreprises tout en multipliant les marchés ». Des observateurs avertis affirment que « cet homme qui bénéficiait des contrats de gré à gré, sans appel d’offres, a fini par remporter le marché de la maintenance de la Samir et devenu au fil des ans un acteur social important de la ville de Mohammedia ».
Aux yeux du Secrétaire général du syndicat du pétrole et du gaz, Houssine El Yamani « ce scénarios était attendu vu que rien n’a changé depuis le jugement en première instance », et juge dès lors la décision du tribunal « juste ».
Cependant, quoiqu’en dise de part et d’autre la question de la liquidation est loin d’être définitivement résolue. Il y a lieu de souligner que la liquidation ne peut être effective qu’après reprise de l’exploitation et évaluation indépendante pour arrêter la situation réelle de la raffinerie étant donné que les chiffres avancés par le management de la société manquent de fiabilité. Face à cette situation qui peut perdurer, les syndicalistes insistent sur la nécessité d’accélérer le processus du redémarrage de la raffinerie. « Ce qui nous importe le plus en tant que syndicalistes, c’est le retour de la production dans le cadre de la liquidation judiciaire. Le tribunal doit élaborer un cahier des charges et ouvrir les enchères et chercher un repreneur », précise El Yamani. Tout en rappelant l’engagement de l’Etat pour la continuation des contrats de travail et la préservation des droits des travailleurs », celui-ci insiste sur la nécessité d’un « retour de l’Etat, qui est l’un des plus grands créanciers, dans le capital de la Samir.»
Pour ce qui est du pourvoi en cassation qui s’avère la seule voie qui reste devant l’actionnaire majoritaire et qui, selon la loi, devrait être formé dans le délai de 10 jours, à compter de la prononciation de l’arrêt en appel, H.El Yamani voit qu’ « Al Amoudi n’a rien à gagner en y allant ». Faut-il le croire ?

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus