Khashoggi aurait été assassiné à Istanbul :

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Khashoggi aurait été assassiné à Istanbul 

Le gouvernement d’Ankara a indiqué aux officiels américains détenir des vidéos et des bandes sonores qui prouvent que le journaliste  Jamal Khashoggi a été assassiné dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, révèle The Washington Post, journal avec lequel coopérait le journaliste disparu.

Selon le quotidien qui cite des fonctionnaires turcs comme américains, les enregistrements confirment la piste selon laquelle J. Khashoggi est entré dans le consulat le 2 octobre dernier avant d’y être tué, après quoi son corps a été découpé par des agents saoudiens. «On peut entendre sa voix et les voix d’autres personnes qui parlent arabe. On peut écouter comment il a été interrogé, torturé et ensuite assassiné», affirme un des interlocuteurs du quotidien.

Washington et Londres ont mis la pression sur Riyad et lui ont demandé des explications. Pour sa part, Riyad rejette les allégations turques tout en affirmant que le journaliste a quitté le bâtiment, sans preuve à l’appui. Le mystère de la disparition du trublion journaliste ne fait que s’épaissir.  Accréditant la thèse d’un assassinat politique commis sur ordre de la monarchie saoudienne. Voilà pourquoi l’affaire J. Khashoggi est grosse d’une crise diplomatique sans précédent. Même si Mohammed Bin Salmane, Prince héritier saoudien a pris le soin d’appeler Jared Kouchner, gendre de l’hôte de la Maison Blanche, pour lui affirmer être étranger à cette sombre affaire. Si Donald Trump reste dans l’expectative, en attendant de plus amples informations, il n’en reste pas moins qu’il s’est empressé de souligner que cette scabreuse affaire ne doit pas assombrir les relations économiques avec Riyad. Un partenaire qui annuellement passe des commandes militaires de l’ordre de 110 milliards de dollars. Budget qui a tout pour exploser avec l’enlisement du conflit génocidaire au Yémen.

La Maison Blanche a précisé que deux des plus proches conseillers du président, son gendre Jared Kushner et le responsable du conseil de sécurité nationale, John Bolton, avaient parlé mardi au prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane. J. Kushner est connu pour sa proximité avec le très puissant prince, dont la dérive autoritaire et les aventures guerrières au Yémen suscitent l’embarras croissant de ses alliés occidentaux. A ce stade, la France qui entretient des relations privilégiées avec le royaume n’a pas émis de position sur l’affaire. Alors qu’à Londres, autre soutien zélé de Riyad dans le conflit qui l’oppose aux houthis au Yémen, Jeremy Hunt, ministre britannique des affaires étrangères, a assuré jeudi que les autorités saoudiennes s’exposeraient à de « graves conséquences » si elles s’avéraient responsables de la disparition de J. Khashoggi. « Si les Saoudiens veulent parvenir à une conclusion satisfaisante (dans cette affaire), nous devons trouver M. Khashoggi. Ils disent que ces accusations ne sont pas vraies, alors où est M. Khashoggi ? », a dit le ministre. « Nous sommes extrêmement inquiets », a insisté M. Hunt, disant avoir fait part de sa « vive préoccupation » à l’ambassadeur saoudien à Londres et au ministre des affaires étrangères saoudien.

Plus tôt dans la journée, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, déjà en délicatesse avec Riyad avant même la disparition de M. Khashoggi, a employé un ton plus menaçant qu’à l’accoutumée, avertissant que la Turquie ne resterait pas sans rien faire au sujet du journaliste saoudien disparu. Depuis le début de l’enquête, Ankara affirme qu’il n’est jamais ressorti du bâtiment du consulat saoudien à Istanbul, alors que Riyad assure le contraire. Des images de vidéosurveillance tournées à l’extérieur du consulat ont déjà été diffusées par les médias turcs montrant le journaliste y entrer puis un va-et-vient de véhicules, alors que les Saoudiens ont affirmé que les caméras du consulat ne fonctionnaient pas ce jour-là.

Se montrant sceptique, le président Erdogan a souligné dans des propos rapportés jeudi que l’Arabie saoudite a les systèmes de vidéosurveillance « les plus avancés ». A bord de l’avion qui le ramenait d’une visite à Budapest, il a déclaré à des journalistes, employant des termes imagés, que « si un moustique sort (du consulat), leurs systèmes de caméras vont l’intercepter ». 

Tout en se montrant prudent, le président Erdogan a fait part des « inquiétudes » d’Ankara au sujet du journaliste et a ajouté : « Cet incident s’est déroulé dans notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux ». Bien que les autorités turques aient obtenu mardi l’autorisation d’inspecter le consulat saoudien, la fouille n’a pas encore eu lieu. Contrairement aux déclarations de Donald Trump, des sources diplomatiques turques ont démenti toute coopération avec des enquêteurs américains dans cette affaire.

Riyad qui a nié son implication dans cette affaire qui prend les allures d’une boule de neige s’est muré dans le silence. La disparition de ce reporter intervient alors que le royaume doit accueillir du 23 au 25 octobre une conférence économique de premier plan destinée à attirer des investissements dans le royaume. Doivent notamment y participer le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin et la directrice du FMI Christine Lagarde. Une messe qui sera boycottée en partie par des médias US de renom.

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