La Banque Mondiale analyse le Maroc émergent: Le chemin truffé de défis

La banque mondiale vient de publier sa note d’information sur les perspectives économiques de la région MENA. Tout en passant en revue la situation actuelle et future de l’économie mondiale, ce rapport se penche sur les perspectives de croissance, mais aussi  les avancées réalisées et (ou) à entreprendre pour la sous région dont fait partie le Maroc. Dans ce sens, et dans le chapitre consacré au Royaume, on retrouve le même constat dressé par les institutions nationales (HCP-BAM) quant à la situation économique du pays qui a été marquée par une chute des récoltes qui a pesé sur la croissance au cours de l’exercice 2016. Selon l’institution de Bretton Woods la croissance du PIB du Maroc devrait ralentir à 1,5 % en 2016, lorsque l’impact de la sécheresse de l’automne 2015 se fera pleinement sentir. Le PIB agricole devrait reculer de 9,5% en 2016 avant de repartir à la hausse, avec une croissance attendue d’environ 8,9% en 2017. La croissance du PIB non agricole devrait tourner autour de 3% en l’absence de réformes structurelles plus décisives. Pour la banque mondiale, et en dépit des performances économiques relativement flatteuse du Royaume dans la région MENA ces dernières années, l’économie du pays est restée structurellement orientée vers des activités échappant aux échanges commerciaux (le bâtiment, les travaux publics et les services à faible valeur ajoutée) et vers une agriculture volatile, à faible productivité et non irriguée. Et de ce fait, le Maroc a réalisé peu de gains de productivité au cours des deux dernières décennies malgré des niveaux élevés d’investissement. Les efforts d’investissement dominés par des grands projets d’infrastructure sur financement public n’ont pas encore déclenché un décollage de la croissance. Il reste au Maroc à obtenir les gains de  productivité et la compétitivité nécessaires à la poursuite de son intégration dans les marchés mondiaux. Cela nécessite encore des efforts pour renforcer la gouvernance publique, améliorer l’environnement économique et le climat d’investissement et accroître le capital humain. À moyen terme, renforcer la croissance du secteur privé et la création d’emplois sous l’égide du secteur privé, réduire les inégalités et accroître la prospérité partagée demeurent  des défis primordiaux du pays selon la Banque mondiale. Cette dernière voit d’un bon œil  la performance des industries nouvelles (automobile, aéronautique et électronique) et l’expansion des entreprises marocaines en Afrique de l’Ouest qui ont le potentiel d’instaurer les conditions d’un renforcement de la position du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales. Toutefois, la banque relève que  les perspectives économiques du pays et la consolidation de ses gains en matière de stabilité macroéconomique à moyen terme dépendent de la formulation de politiques macroéconomiques saines et de l’approfondissement de réformes structurelles visant à accélérer les gains de productivité, à réduire le chômage des jeunes, à accroître la participation des femmes au marché du travail et à réduire davantage la pauvreté et les inégalités. En supposant une pleine mise en œuvre d’un programme complet de réformes après les élections législatives de l’automne 2016, la croissance pourrait accélérer jusqu’à atteindre 4% à moyen terme, avec une inflation maintenue aux environs de 2%. Entretemps, accroître la compétitivité de l’économie, accélérer la croissance et la création d’emplois, étoffer les tampons fiscaux et tirer parti de la stabilité politique constituent les principaux défis à relever, conclut la banque mondiale. 

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