La CAF, cette pétaudière qui dit pas son nom…

Alors que l’on s’attendait aux réformes structurelles recommandées par le cabinet d’audit PwC, commandité par la FIFA, Ahmad Ahmed, président de la CAF a monté en sauce une mue des commissions permanentes qui frise la comitologie. 

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Ahmad Ahmed, président de la CAF

Délictueuse et défectueuse la CAF (Confédération Africaine de Football) s’englue de plus en plus dans une pétaudière qui n’a jamais dit son nom. En procédant hier au redéploiement des commissions permanentes, Ahmad Ahmed et ses acolytes ont enfreint les dispositions statutaires et brocardé les recommandations du rapport accablant du cabinet britannique PwC qui a épinglé la gouvernance de la CAF.

A quelques mois de fin de mandat de l’actuel Comité Exécutif de la CAF, Ahmad Ahmed et son copain Faouzi Lekjâa ont ‘’malaxé’’ les commissions statutaires monopolisés par des membres issus de trois pays du Grand Maghreb (Tunisie, Maroc, Algérie). Le redéploiement de ses commissions s’est fait d’abord sans réunion du Comité Exécutif à qui revient la tâche de désignation sur proposition du président. 

Deuxième constat et non des moindres : la majorité des membres des commissions ne sont pas éligibles du fait qu’ils ne sont pas membres du Comité Exécutif. Ce qui est une contrainte statutaire explicitement énoncée dans l’alinéa 2 de l’article 28 des statuts. Mais il semble que ces changements conjoncturels cachent des desseins électoralistes pour capter des suffrages lors de la prochaine Assemblée Générale Élective dont la tenue n’est forcément pas tributaire de l’organisation de la CAN et qui, en vertu des statuts adoptés en juillet 2017, se tient chaque quatre ans et/ou au cours en marge de la CAN.

Quand les médias ont rapporté des extraits du rapport d’audit, la CAF a rendu public un communiqué pour démentir des accusations en rappelant que « les réformes structurelles de la CAF continueront malgré les tentatives de dérailler ce processus par presse interposée.» Une façon comme une autre de rassurer le patron de la FIFA, Gianni Infantino, que la CAF va mettre en œuvre les recommandations. Des recommandations qui nécessitent d’abord d’élaborer de « nouveaux statuts de la CAF conformément aux statuts de la FIFA ». En premier lieu, il est question « d’introduire une séparation claire des pouvoirs entre les organes législatif, exécutif et judiciaire ». 

En deuxième lieu, le Comité exécutif et le Comité d’urgence doivent être dégagés des « responsabilités de gestion et d’administration ». Sur le plan financier, des dérives graves y ont été constatées. Des millions de dollars se sont volatilisés sans justificatifs au point d’avoir enregistré des ordres de virement au profit de fédérations nationales de football en Afrique dans des comptes en Pologne et en Estonie sans parler de plusieurs grosses sommes d’argent dépensées en espèces !

Dès lors, ces recommandations demeurent jusqu’à présent lettre morte et Ahmad Ahmed n’entend répondre ni aux recommandations du cabinet PwC ni aux injonctions de la FIFA. 

En attendant, la commission d’Éthique de la FIFA tarde à rendre publique sa sentence contre ceux qui sont pointés du doigt dans le rapport d’audit. Des sanctions qui sont visiblement dans le pipe et qui vont jusqu’à taxer les fautifs d’inéligibilité. 

Il est à rappeler que le rapport d’audit a brossé un tableau noir sur la gouvernance de la CAF et a porté sur trois axes : La bonne gouvernance, gestion financière et procédures internes, l’organisation efficace et professionnelle des compétitions et la croissance et développement du football africain.

 

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