La communauté musulmane en France écartelée : l’Islam des caves !

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Une première en France : la nouvelle instance de dialogue avec l’islam va se tenir à la veille de Ramadan. Le ministre de l’Intérieur multiplie rencontres et consultations pour discuter de la place de l’Islam en France.

Place Beauvau, Bernard Cazeneuve continue à labourer le champ religieux, l’Islam, cette « religion immigrée » naguère étant devenue « 2ème religion de France ». Cet intérêt revêt un caractère stratégique pour le ministère de l’Intérieur en charge des questions du culte. Surtout depuis les attentats contre « Charlie Hebdo » qui ont remis sous les feux de la rampe « l’islamisme radical » qui n’a point épargné un pays réputé pour sa laïcité, la France étant devenu un exportateur net de djihadiste. Alors que ses troupes combattent les milices d’Al-Qaida au Sahel et son aviation s’est jointe à la coalition internationale montée sous la houlette US pour barrer la route au groupe djihadiste hyper actif en Mésopothamie. B. Cazeneuve multiplie donc les rencontres avec les représentants de la communauté musulmane vivant en France. Celle qui a transcendé « l’Islam des caves », géré par des Imams qui officiaient dans les mosquées des foyers pour basculer dans « l’Islam riche » des mosquées rutilantes et des prêches cathodiques enflammés aux…pétrodollars. Il vient de recevoir une trentaine de Français de confession musulmane, des quadras majoritairement, parmi lesquels une douzaine de femmes. Ordre du jour, discuter des dossiers liés à l’islam. Le plaidoyer du ministre qui se base sur les piliers de l’inclusion des « enfants de la république » donne déjà u avant-goût de la rencontre programmée autour du « dialogue avec l’islam ». Telle est la démarche voulue par le gouvernement qui, pour la première fois, réunit à la mi-juin, la nouvelle instance de dialogue avec l’islam incluant le Conseil français du culte musulman (CFCM). A la veille du mois sacré de Ramadan, ce que les commentateurs affublent déjà du qualificatif de « sommet de l’islam de France » rassemblera plus de 150 personnalités issues du monde musulman français pour aborder des dossiers qui vont des actes antimusulmans jusqu’aux financements du culte. Déjà, un avant-goût des débats passionnés a du alerter le ministre lorsque le CFCM a été ouvertement critiqué. «Au bout de cinq mandats, il n’a résolu aucun des problèmes qui concernent le culte musulman. Rien n’a bougé», s’est-on entendu dire. Une telle charge n’a pas réussi à démonter le ministre qui pense que «  le CFCM a fait de son mieux», tout en reconnaissant aussi une «responsabilité de l’Etat» dans le fait que les dossiers n’aient pas suffisamment avancé. A propos du financement du culte ou des constructions de mosquées, le ministre estime qu’il faut «mettre des règles pour assurer la transparence». Plaidant pour une laïcité elle aussi «inclusive», il s’insurge qu’on l’invoque à tort et à travers, comme pour interdire les repas de substitution dans les cantines scolaires. Jouant la partition de l’apaisement, le ministre regrette l’instrumentalisation de questions liées à l’islam «pour alimenter les polémiques» politiques. B. Cazeneuve qui n’est clairement pas favorable à l’interdiction du voile dans les universités reste évasif sur la question de l’accompagnement des sorties scolaires par les mères voilées. A ses yeux, il s’agit d’un «prosélytisme à l’école» qui ne saurait être toléré par la République. De quoi alimenter, sans doute, d’autres polémiques. Surtout que la vision de l’islam comme possible frein à l’« intégration » des immigrés et de leurs descendants s’impose d’autant plus facilement auprès des fonctionnaires gouvernants de l’Intérieur que celle-ci rentre en écho avec les réactions que suscite au même moment, chez les services de renseignements, la montée en puissance de l’islam politique oppositionnel au Maghreb. Une conviction qui s’est forgée chez nombre d’analystes qui se sont intéressés à cet « islam de France ». Avec les risques que fait courir Daech, il faut croire que les officines françaises « ne s’intéressent pas à l’islam en tant que culte, mais à l’islam comme vecteur de politisation, voire de radicalisation.» Le dossier reste brûlant à l’heure où les alertes se multiplient quant au retour des djihadistes au bercail…

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