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La corruption fait des ravages en Corée du Sud : La Présidente destituée par les élus !

Face à une très pression populaire, les députés sud-coréens ont voté, vendredi, la destitution de la présidente Park Geun-hye, accusée de corruption, la privant ainsi de ses vastes pouvoirs exécutifs. Pourtant, Park Geun-hye a été élue chef de l’État en 2012 sur une image d’intégrité et de probité. La motion a été adoptée par l’Assemblée nationale par 234 voix contre 56. Cette décision prive la chef de l’État de ses vastes pouvoirs exécutifs mais elle conserve son titre de présidente, le temps que la Cour constitutionnelle valide ou non la motion, ce qui pourrait prendre jusqu’à six mois. La motion l’accuse notamment de violations de la Constitution et de délits pénaux, d’échec à protéger le peuple, de corruption, d’abus de pouvoir… Park Geun-hye était pourtant entrée à la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne, en affirmant être « mariée à la nation ».
Ce vendredi, des centaines de manifestants s’étaient encore une fois rassemblés devant l’Assemblée nationale en hurlant à l’intention des députés : « Destituez Park ! »
Le scandale est surtout centré sur Choi Soo-sil, une amie proche de la présidente. Arrêtée début novembre, cette confidente attend son procès pour extorsion et abus de pouvoir. La « Raspoutine » sud-coréenne est accusée d’avoir utilisé ses relations d’amitié avec la présidente pour forcer les groupes industriels à verser environ 70 millions de dollars à des fondations douteuses, et de s’être servie de ces dernières comme tirelire personnelle. Elle est aussi soupçonnée de s’être mêlée des affaires de l’État. Ce qui démontre que la classe politique entretient traditionnellement des rapports malsains avec les sphères économiques.
Fille du dictateur Park Chung-hee, au pouvoir de 1961 à 1979, Park Geun-hye est aujourd’hui orpheline. Ses deux parents furent assassinés, en 1974 et 1979, elle n’avait ni mari ni enfant, n’entretenait plus de relations avec son frère et sa sœur et se croyait invulnérable au népotisme.
« Je n’ai pas de famille à surveiller, pas d’enfant qui hériteront de mes biens », avait-elle dit lors de sa campagne en 2012. « Je veux me consacrer à la Nation et au peuple ».
Cette image avait séduit l’électorat conservateur, qui percevait Park Geun-hye comme la survivante vertueuse d’une histoire familiale tragique. Mais le parangon s’est vite effiloché…

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