La cour des comptes diagnostique l’ingénierie touristique: La SMIT en prend pour son grade !

0
Les magistrats opérant sous la coupe de Driss Jettou ont de nouveau frappé. Cette fois, c’est la SMIT, société en charge de l’ingénierie touristique qui a morflé. Ainsi dans un rapport publié sur le site de la cour, la société est épinglée sur différents points à commencer par son cœur de métier à savoir la réalisation d’études d’ingénierie touristique et la promotion des investissements. Pour l’instance pilotée par D. Jettou, les études stratégiques réalisées par la SMIT depuis sa création portaient uniquement sur des actions en relation avec sa propre réorganisation. Elles ne détaillent pas le processus de mise en œuvre des différentes composantes des Visions publiques en matière de tourisme. En effet, l’étude stratégique (baptisée SMIT Relaunch- stratégie 2020) réalisée en décembre 2011 avait conclu à l’établissement d’un plan pour l’implémentation de la Vision 2020. Ce dernier a plutôt suggéré des tâches à accomplir par la SMIT tels que la veille et l’étude de préconcept, mais sans aller jusqu’à formuler une démarche globale. Pis encore, la SMIT qui soutient réaliser chaque année un nombre considérable d’études en ingénierie du produit touristique, schémas de développement, stratégie… ces études s’avèrent être réalisées par des cabinets privés alors que d’autres étaient de simples actions d’accompagnement à d’autres entités. Par ailleurs, les études appelées « schémas directeurs » ou « veilles » se limitent à des inventaires des tendances de valorisation et de consommation de produits touristiques au niveau mondial, plutôt que d’être des études spécifiques avec des descriptions détaillées des processus de réalisation de tels produits touristiques sur des sites déterminés au niveau national argumente la cour. Sur le registre de la promotion des investissements touristiques menée principalement via la participation aux salons internationaux spécialisés, l’organisation de Road Show, des contacts B to B ou des mailings, la SMIT affirme avoir approché entre 2012 et 2015 un total de 158 prospects. Toutefois, les résultats ont été modestes constate la cour puisque seulement trois conventions ont été signées. En effet, les conventions, au nombre de dix sur la période précitée, ont été signées essentiellement à l’occasion des rencontres type B to B ou des Road Show. Par contre, le bilan des participations aux forums est néant en termes de conventionnement. Il a été relevé aussi que le site Internet de la SMIT n’est pas encore pourvu en données, même sommaires, concernant les projets touristiques à placer auprès des investisseurs. Ainsi et au vu des réalisations de la SMIT, les magistrats de la cour ont estimé qu’après plus de huit ans de son existence, la société n’a pas pu développer une réelle activité de démarchage lui permettant de participer activement à la promotion des investissements touristiques. S’agissant des contrats-programmes régionaux de développement touristique tels que décliné dans la vision 2020, le rapport de la Cour des comptes pointe une contribution limitée de la SMIT dans le processus de mise en œuvre des CPR. La SMIT s’est engagée dans une série d’études sans pouvoir amorcer une vraie dynamique de mise en œuvre des produits touristiques. Quant à la situation financière de la SA, le rapport de la Cour des comptes constate que la SMIT vit de la cession de son patrimoine foncier et non de sa propre production, notamment en services de conseil et d’ingénierie touristique. Aussi les magistrats de la cour ont produit plusieurs recommandations à l’intention de la SMIT dont la première est de revoir son modèle d’affaires maintenu jusqu’à présent grâce à une situation de rente dont elle bénéficie depuis sa création, vu son incohérence avec son statut de société. Ils appellent aussi la société à faire preuve de plus d’efficacité dans ses actions de promotion et de démarchage des investisseurs ainsi que de remplir pleinement ses engagements dans les processus de déploiement et de réalisation des politiques publiques en matière de tourisme, et plus particulièrement ceux de la Vision 2020 et ses contrats-programmes régionaux. En définitif, la cour de Jettou appelle la SMIT à assurer plus de transparence dans la gestion des ressources humaines, notamment lors du recrutement, et d’éviter toute situation de cumul de rémunérations ou d’imprécisions dans les tâches à accomplir par les experts contractuels.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus