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La crise libyenne examinée à Paris : Rien n’est encore joué…

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Les élections libyennes prévues pour le 24 décembre ont été fixées dans le cadre d’une feuille de route adoptée l’année dernière et soutenue par l’Onu, qui a également établi un gouvernement d’unité intérimaire pour prendre le relais des administrations rivales qui se sont affrontées pendant des années.
Ce processus est considéré comme une chance afin de mettre un terme à la décennie d’instabilité et de guerre qui a suivi le soulèvement de 2011, soutenu par l’Otan, qui a chassé Mouammar Kadhafi et a depuis attiré des puissances régionales, menaçant ainsi la stabilité en Méditerranée.
En raison de différends sur la base juridique du scrutin, les principales factions des deux camps pourraient rejeter l’élection.
Un responsable français a déclaré aux médias que si les élections étaient à portée de main, la situation restait fragile. Certains acteurs étant prêts à profiter de toute ambiguïté pour faire avancer leurs propres intérêts, a ajouté le responsable sous couvert d’anonymat. « Les spoilers, les partisans du statu quo, ceux qui ici comme ailleurs, profitent des situations de crise, sont évidemment en embuscade et essaient de faire dérailler le processus électoral », a-t-il spécifié.
Le Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah, refuse depuis dimanche la loi électorale tout comme les islamistes et les milices de Tripoli. C’est Khaled al-Mechri, un frère musulman, à la tête du Haut Conseil de l’État qui mène la fronde contre la loi électorale. Il a affirmé à la chaîne qatarie al-Jazeera qu’il ne croit pas que les élections pourraient avoir lieu à la date prévue. À plusieurs reprises, il a mis en garde contre un retour à la case départ, donc à la guerre, si les élections n’étaient pas repoussées.
C’est suite à une réunion, mardi 9 novembre, à Tripoli entre des chefs de milices et le président du Haut Conseil de l’État K. al-Mechri, que 22 chefs ont dénoncé la loi électorale votée par le parlement pour la présidentielle du 24 décembre. Ils appellent à un référendum sur cette loi. Des exigences qui impliqueraient de repousser la date du scrutin. K. al-Mechri a tenu des propos virulents en incitant les Libyens à boycotter « des élections permettant à des criminels de se présenter » : Il désigne sans les nommer Saïf al-Islam Kadhafi et le maréchal Haftar. Après cette mise en garde, il s’est déplacé mercredi à Ankara. Le Premier ministre A. Dbeibah s’est, lui aussi, rendu en Turquie ces derniers jours. En rentrant d’Ankara dimanche, il a exigé de changer la loi électorale, affirmant qu’il avait le soutien de 49 députés. Plusieurs députés cités ont dit cependant ne pas être au courant.
Le communiqué final pourrait avertir les fauteurs de troubles potentiels qu’ils risquent des sanctions, selon des diplomates.
Près de 30 pays et organisations seront présents à Paris, dont les voisins de la Libye, et des pays qui ont été divisés sur le conflit.
Malgré l’objectif initial de Paris d’accueillir les chefs d’État turc et russe, Ankara et Moscou ont tous deux envoyé des représentants de niveau inférieur, ce qui démontre peut-être les complications liées au retrait des forces étrangères.
Des mercenaires du groupe russe Wagner sont retranchés aux côtés de l’Armée nationale libyenne (ANL) basée dans l’est du pays, soutenue par Moscou, les Émirats arabes unis et l’Égypte.
L’ancien gouvernement de Tripoli a bénéficié du soutien des forces turques présentes en Libye en tant que conseillers, ainsi que de combattants syriens alliés, a déclaré le gouvernement turc.
Les diplomates ont dit qu’il était peu probable que la Turquie agisse avant qu’il y ait des départs de l’est.
Les forces libyennes basées à l’est ont déclaré jeudi qu’elles avaient accepté de rapatrier 300 mercenaires étrangers de leur zone de contrôle, suite à une demande de la France.
Paris, de son côté, a mis en garde contre des perturbateurs en embuscade qui « essaient de faire dérailler le processus ». Il faut, souligne la présidence française, rendre ce processus électoral « incontestable et irréversible ».

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