La Grèce oppose à la Turquie une résistance musclée

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé un « important » programme d’achats d’armes, notamment de 18 avions de combat français Rafale, face à la montée de tension avec la Turquie en Méditerranée orientale, où Athènes a le soutien affiché et appuyé de Paris. Ankara a dénoncé la militarisation de 18 îles grecques pour endiguer les ambitions turques. 

K. Mitsotakis a précisé samedi 12 septembre que la Grèce allait se procurer, outre les 18 Rafale, quatre frégates et quatre hélicoptères de la marine, recruter 15.000 soldats supplémentaires et financer davantage son industrie de défense. Le programme prévoit également la rénovation de quatre frégates, et l’acquisition d’armes anti-chars, de torpilles et de missiles, a-t-il ajouté.

« L’heure est venue de renforcer nos forces armées (…) Il s’agit d’un programme important qui formera un bouclier national », a déclaré le Premier ministre dans un discours à Thessalonique, dans le Nord de la Grèce. Il a assuré que ce programme devrait permettre la création de milliers d’emplois.

Florence Parly, ministre française des Armées, s’est félicitée dans un communiqué de la décision grèque en soulignant que « ce choix (…) vient renforcer le lien entre les forces armées grecques et françaises, et permettra d’intensifier leur coopération opérationnelle et stratégique ». « La France poursuit son action en faveur d’une Europe de la défense plus forte, plus autonome et unie, conformément aux orientations stratégiques » du président Emmanuel Macron, ajoute le communiqué.

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l’Otan, se déchirent à propos de gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, dans une zone qu’Athènes estime relever de sa souveraineté. La tension entre les deux pays est montée d’un cran quand la Turquie a envoyé, le 10 août, un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre dans des eaux revendiquées par la Grèce, ce qui a poussé Athènes à lancer des manœuvres navales, avec le soutien notamment de la France.

« Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie », a lancé samedi le président turc Recep Erdogan dans un discours télévisé à Istanbul, en référence aux sévères critiques émises par E. Macron envers Ankara à propos du différend gréco-turc.

L’hôte de l’Elysée et ses six homologues du sud de l’UE ont exhorté jeudi la Turquie à cesser sa politique de « confrontation » en Méditerranée orientale et l’ont menacée de sanctions européennes si Ankara continue à contester les droits d’exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone. E. Macron avait aussi estimé que le gouvernement turc « avait aujourd’hui des comportements inadmissibles » et devait « clarifier ses intentions ».

R.T. Erdogan a appelé samedi la Grèce à « se tenir à l’écart » des actions « erronées » soutenues par des pays comme la France.  « M. Macron, vous n’avez pas fini d’avoir des ennuis avec moi », a lancé le président turc, en s’en prenant pour la première fois directement et nommément à son homologue. Il l’a aussi accusé de « manquer de connaissances historiques » et a estimé que la France « ne pouvait pas donner de leçon d’humanité » à la Turquie en raison de son passé colonial en Algérie et de son rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda.

La Turquie revendique le droit d’exploiter des gisements d’hydrocarbures dans une zone maritime qu’Athènes estime relever de sa souveraineté. Ces dernières semaines, les deux pays ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manoeuvres militaires et d’envois de navires sur zone. La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc.

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