La Méditerranée, ce « carrefour stratégique qui fait peur », selon JP Chevènement

0 56

Lors d’une conférence animée récemment à l’Institut français d’Alger, sur le thème «Enjeux de sécurité dans le bassin méditerranéen et au Moyen-Orient», Jean Pierre Chevènement, ancien ministre français de la Défense, a estimé que le bassin méditerranéen est en passe de «redevenir le carrefour stratégique du monde en raison d’abord de la concentration des ressources, mais aussi pour les conflits qui agitent la région». S’appuyant sur une rétrospective des moments forts qui ont remodelé la géopolitique de la région et qui déterminent les événements d’aujourd’hui, JP. Chevènement retient quatre dates importantes. L’arrivée au pouvoir de Khomeiny en Iran (1979), l’invasion de l’Afghanistan par l’armée soviétique et la montée du fondamentalisme, la première guerre du Golfe qui «marque la fin de la guerre froide dont le Monde arabe était l’otage». Le journal « Al Watan » qui rapporte l’analyse de ce fin politique français rappelle qu’à l’époque, Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense sous la présidence Mitterrand, avait démissionné de son poste pour son opposition à l’intervention militaire occidentale. En 2003, «Bush junior finit d’achever le travail engagé par Bush père.

En détruisant l’Irak, les Américains n’avaient pas anticipé sur les conséquences et cela allait renforcer l’Iran qui s’offre la région», analyse le conférencier. Arrive enfin le Printemps arabe qui propulse des pays comme la Libye et la Syrie dans l’enfer. «Au face-à-face sanglant entre la régime et la rébellion s’adosse une guerre par procuration menée par la Turquie, ce qui va brouiller le jeu dans la région avec son lot de victimes et de millions de réfugiés.
En arrière-plan, se profile le conflit chiites-sunnites avec une Arabie Saoudite qui se sent de plus en plus fragilisée avec le retour de l’Iran dans le jeu régional», observe Jean-Pierre Chevènement. Il estime qu’à la faveur des problèmes multiformes qui écrasent la région que «l’univers est en présence d’une perspective effrayante et que les Etats contrôlent de moins en moins les choses dans un monde chaotique». Que faire pour «reprendre le contrôle», s’interroge Jean-Pierre Chevènement, qui milite sans relâche pour un règlement pacifique des crises. L’ancien sénateur français plaide pour «une gouvernance mondiale et pour reprendre le contrôle».

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus