La normalisation avec Israël ne passe pas au Soudan

Plusieurs formations politiques soudanaises montent au créneau depuis que le pouvoir intérimaire a pris la décision de normaliser ses relations avec l’entité sioniste. Ils dénoncent une dérive inacceptable. Un front unifié du refus est désormais constitué pour dire non à un pacte que l’opinion soudanaise rejette en majorité.

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La normalisation avec Israël ne passe pas au Soudan

Au Soudan, le peuple dit niet à l’ouverture de leur pays sur l’entité siuoniste. Les opposants à l’accord – annoncé vendredi dans un communiqué conjoint des États-Unis, d’Israël et du Soudan – ont déclaré qu’ils formeraient un « front unifié » contre cette normalisation. Parmi eux se trouvent le plus grand parti du pays, le Parti Oumma – un parti politique islamique centriste – ainsi que le parti Baas,  le Parti du Congrès national et le parti communiste.

Le chef du Parti Oumma, l’ancien Premier ministre Sadiq al-Mahdi, a notamment critiqué samedi l’annonce de la normalisation des relations avec Israël, ont rapporté les médias israéliens.

Des manifestations contre l’accord ont également eu lieu samedi à Khartoum. Lors d’une de ces manifestations, un drapeau israélien a été brûlé et les protestataires ont scandé « allez (brûler) en enfer » et « non à la normalisation avec Israël », selon le Guardian.

Khartoum et Tel Aviv ont convenu de normaliser leurs relations, sous l’égide du président Donald Trump qui, du coup, a retiré le Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme. Autant dire que le deal politicodiplomatique s’apparente à une rançon arrachée par l’administration US. 

Pour rappel, Donald Trump a déclaré qu’Israël et le Soudan avaient accepté de normaliser leurs relations, selon le service de presse de la Maison-Blanche. Dans une conversation téléphonique avec le Président américain, le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok et le président du Conseil de transition Abdel Fattah al-Burhan, le Premier ministre israélien s’est félicité de l’expansion rapide du cercle de paix.

«Quel formidable revirement! Aujourd’hui, Khartoum dit « oui » à la paix avec Israël, oui à la reconnaissance d’Israël et à la normalisation avec Israël», s’est extasié B.Netanyahou dans une déclaration en hébreu transmise par ses services à l’AFP.

Le Président US a en outre «informé le Congrès de son intention d’annuler formellement la désignation du Soudan comme État parrain du terrorisme», a indiqué l’exécutif américain, qualifiant ce développement de «moment charnière» pour le Soudan et les relations entre Washington et Khartoum. Le Premier ministre soudanais a aussitôt remercié l’administration américaine dans un tweet.

Le Soudan emboîte ainsi le pas des Émirats arabes unis et Bahreïn qui ont conclu les accords de normalisation ces derniers mois. L’Égypte et la Jordanie ont signé des traités de paix avec l’État hébreu en 1979 et en 1994 respectivement. 

De « nombreux autres» accords étaient en préparation et au moins cinq autres pays arabes veulent faire la paix avec Israël, a affirmé D. Trump. Les médias israéliens évoquent le cas d’Oman, mais aussi lorgnent du côté saoudien. Mais pour l’heure, il faut dire que Riyad ne semble pas particulièrement portée sur une normalisation avec Israël tant que la reprise des négociations entre Israéliens et palestiniens sont au point mort. Le prince héritier saoudien, alias «MBS», voit ses ardeurs réfrénées par la position du roi saoudien…

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