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La normalisation maroco-israélienne sous pression: Fortes turbulences en perspective

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Le groupement des députés du PJD a demandé, via une lettre adressée au président de la Chambre des représentants, la comparution de Nasser Bourita, chef de la diplomatie marocaine, devant la Commission des Affaires étrangères, de Défense et des Marocains résidant à l’étranger. Les élus de la formation islamiste qui chapeautait l’Exécutif lors de la reconnaissance d’Israël par le Maroc et la signature des accords de normalisation, cherchent à savoir de quoi sont faites les mesures prises par le Maroc face aux dernières agressions israéliennes en Palestine, notamment à Al Qods.

Pour rappel, en avril dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné «l’incursion des forces d’occupation israéliennes dans la mosquée Al Aqsa, la fermeture de ses portes et l’agression des fidèles désarmés dans l’enceinte de la mosquée et sur ses esplanades, causant de nombreux blessés».

Parallèlement à cette demande, le PJD a sollicité une prise de parole au terme de la prochaine session hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants, prévue le lundi 16 mai, pour aborder «les crimes et les agressions sionistes contre les lieux saints, les citoyens et les journalistes».

Le S.G du PJD avait adressé ses condoléances à l’ambassadeur de l’État de Palestine au Maroc, regrettant la «grande perte» que représente l’assassinat de la journaliste palestinienne Shereen Abu Aqleh. Et de préciser qu’«Abdelilah Benkirane a affirmé sa condamnation de cet acte criminel, qui montre une fois de plus le caractère agressif de la puissance occupante, qui bafoue toutes les normes et conventions internationales».

Saadeddine El Othmani, ancien secrétaire général du PJD et ex-chef du gouvernement qui a cédé sa place à Aziz Akhannouch, a également réagi à l’exécution de la journaliste palestinienne, en affirmant qu’il s’agit d’une «autre preuve de la nature de l’occupation, qui craint la parole et la vérité, ainsi que la résistance et le soulèvement». «Sa merveilleuse performance face à l’occupation à l’intérieur de la Palestine prouve que la résistance médiatique fait partie intégrante de la résistance globale contre l’occupation», a-t-il ajouté à propos de la défunte.

Au niveau des formations de l’opposition, ce « crime de trop » a fait réagir diversement les instances décisionnelles. Ainsi, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a réagi au drame. Lors de la réunion hebdomadaire de son bureau politique, tenue mardi, la formation politique dirigée par Mohamed Nabil Benabdallah a «fermement condamné le crime odieux commis par les forces d’occupation sionistes dans la région de Jénine», dénonçant un «assassinat de sang-froid» qui survient «dans le contexte de l’agression en cours contre le peuple palestinien».

«À la suite de cette tragédie, le parti présente ses plus sincères condoléances à la famille de la martyr, à l’ensemble du corps journalistique dans le monde, à la femme palestinienne et à tout le peuple palestinien», poursuit le PPS qui souligne que «ce crime odieux appelle une réaction internationale et la poursuite de ses auteurs devant la justice internationale compétente, compte tenu des éléments clairs du crime de guerre».

Plus radical, le Parti socialiste unifié (PSU) a souligné que le meurtre de la journaliste, ayant « reçu une balle dans la tête (…) alors qu’elle portait une combinaison de protection pour les journalistes, prouve l’intention de la tuer ». Et cette formation que dirige Nabila Mounib de relever qu’il s’agit-là d’un « nouveau rappel de la nature de l’occupation criminelle, en particulier pour ceux qui se précipitent pour normaliser avec une entité raciste et criminelle. » Précisant sans ambages que « le Maroc, en tant que pays qui a souffert du colonialisme et qui lutte toujours pour achever la libération de son sol national, ne devrait avoir aucune relation avec cette entité criminelle ».

Plusieurs autres personnalités et partis politiques marocains ont présenté leurs condoléances à l’ambassade de Palestine au royaume et au peuple palestinien.

Ainsi, le prince Moulay Hicham a affirmé, sur sa page Facebook, que «les forces d’occupation israéliennes ont assassiné la journaliste Shereen Abu Aqleh», qu’il a qualifiée de «voix ayant défendu les droits palestiniens avec courage, mais avec un grand professionnalisme». «Le crime de réduire au silence une icône de la presse arabe n’obscurcira pas la réalité de l’occupation, mais révélera davantage son visage odieux», a-t-il ajouté. «En cette occasion douloureuse, nous présentons nos condoléances à la famille de la martyr, à la chaîne Al Jazeera, au peuple palestinien et à tous les peuples libres du monde», a conclu le cousin germain du roi Mohammed VI.

 

Liaison continue ?

Réagissant à chaud, le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation et le Groupe d’action nationale pour la Palestine ont lancé un appel à tous les « organismes qui soutiennent la cause palestinienne et rejettent la normalisation avec l’entité criminelle sioniste » en d’organiser un sit-in de solidarité, mercredi, devant l’ambassade de l’Etat de Palestine à Rabat. Sit-in suivi le lendemain par un autre, devant la Commission des Nations unies pour dénoncer l’assassinat de la journaliste palestinienne.

Pour rappel, avec le décès tragique de S. Abu Akleh, ce sont pas moins de 40 journalistes qui ont trouvé la mort sous les balles assassines des services d’occupation israéliens. Un crime de trop que les 180 journalistes accrédités à la réunion de la Coalition mondiale contre Daech, tenue mercredi 11 mai à Marrakech, ont dénoncé en observant une minute de silence à la mémoire de la journaliste d’Al Jazeera liquidée, le même jour, par l’armée d’occupation israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, rapporte l’agence de presse italienne ANSA.

Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) n’a pas manqué de dénoncer, dans un communiqué, la responsabilité de l’armée israélienne dans le meurtre de la correspondante de la chaîne qatarie. Pour sa part, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) a qualifié de crime odieux le meurtre de la journaliste, un crime ciblant les médias libres et violant le principe de protection des journalistes, en ligne de front dans les territoires occupés.

Au niveau de la majorité, la réaction reste timorée. Ainsi, Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal a signalé avoir joint Jamal Al-Shobaki, ambassadeur de la Palestine au Maroc, pour lui exprimer « ses sincères condoléances et, à travers lui, à la famille de la journaliste et à tout le peuple palestinien frère dans cette douloureuse épreuve ». Dénonçant, sur la page Facebook officielle du parti, un crime perpétré par « les forces d’occupation israélienne », N. Baraka a réitéré la «dénonciation » des militants du parti de « toute violation des droits légitimes du peuple palestinien, dont le droit à la vie ».

Du côté du Parti authenticité et modernité (PAM), c’est Abdellatif Ouahbi, secrétaire général, qui a déclaré avoir appris la triste nouvelle avec « une grande douleur et un grand chagrin », décrivant la défunte de « brillante amie ». Dans la foulée, il a présenté ses condoléances à « sa famille, ses amis, ses connaissances et le corps journalistique arabe ».

David Govrin, chef du bureau de liaison israélien à Rabat, a commenté jeudi les récents événements survenus en Palestine, dont Shereen Abu Aqleh, en assurant au journal Jerusalem Post, que ces derniers développement «rendent plus difficile l’établissement de liens», entre le Maroc et Israël.

«Le public au Maroc obtient la plupart de ses informations en français et en arabe, et beaucoup de rapports, en particulier en arabe, sont des mensonges qui incitent et provoquent», a-t-il déploré. «Une grande partie des reportages des médias étaient de fausses nouvelles, ce qui rend difficile l’explication de la situation», a-t-il ajouté.

L’occasion de pointer des «théories du complot» et citer «celle selon laquelle Israël prévoit de changer le statu quo sur le mont du Temple». «Nous avons totalement nié cela et avons souligné que le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères n’avaient aucune intention de changer cela, car nous sommes très sensibles aux circonstances et ne voulons pas d’escalade», s’est-il défendu.

D. Govrin a rappelé que «le public marocain s’identifie profondément aux Palestiniens». «C’est une question sensible, et le roi Mohammad VI est le chef du Comité de Jérusalem de l’Organisation de la coopération islamique. Cela s’exprime dans la position officielle du Maroc qui veut un État palestinien indépendant aux frontières de 1967, y compris Jérusalem-Est, aux côtés de l’État d’Israël», a-t-il encore expliqué. Assurant être «en contact permanent avec les autorités marocaines et les journalistes, en plus des membres du public via les réseaux sociaux».

 

 

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