La présidentielle ougandaise sous pression des réseaux sociaux ? 

L’Ouganda a ordonné aux opérateurs internet de suspendre l’accès aux réseaux sociaux et services de messagerie jusqu’à nouvel ordre, deux jours avant une élection présidentielle tendue et après que des comptes proches du pouvoir ont été supprimés. 

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La présidentielle ougandaise sous pression des réseaux sociaux ? 

Avant l’élection présidentielle du 14 janvier en Ouganda, Irene Sewankambo, directrice de la Commission ougandaise des communications,  a ordonné le 12 janvier dans un courrier transmis aux opérateurs internet de «suspendre immédiatement tout accès» à l’ensemble des réseaux sociaux et services de messagerie, notamment Facebook, Twitter, WhatsApp, Signal et Viber», rapporte l’AFP.

Dans un discours télévisé le 12 janvier au soir, Yoweri Museveni a confirmé la mesure, expliquant qu’elle avait été prise en représailles de la fermeture le 11 janvier par Facebook de plusieurs comptes appartenant à des responsables gouvernementaux ou des soutiens du président. Le géant américain accuse ceux-ci d’avoir cherché à «influer sur le débat public en amont de l’élection».  «Un de ces groupes, je pense qu’il s’appelle Facebook, ou quelque chose comme ça, a essayé de cibler nos groupes», a déclaré le président. «Je suis vraiment désolé pour le désagrément mais nous ne pouvons tolérer l’arrogance de quiconque vient décider pour nous de ce qui est bien et de ce qui est mal», a-t-il poursuivi. Dans un tweet, Twitter a condamné «fermement» les actions contre les services Internet, en bloquant les médias sociaux et les applications de messagerie, les jugeant «extrêmement néfastes, violant les droits humains fondamentaux et les principes de l’open internet [liberté d’internet]»
Twitter a dans un autre message confirmé la suppression de comptes «ciblant les élections en Ouganda», sans plus de précisions. N’en demeure pas moins que le réseau social a confirmé que «l’accès à l’information et la liberté d’expression […] n’est jamais plus important que pendant les processus démocratiques, en particulier les élections». 

Les Ougandais voteront le 14 janvier lors d’élections présidentielle et législatives où le président sortant Y. Museveni, 76 ans, au pouvoir depuis 1986, affrontera notamment le principal opposant Bobi Wine, 38 ans, au terme d’une campagne électorale plus violente que les précédentes. 

Des candidats de l’opposition ont été arrêtés et empêchés de faire campagne. Leurs supporters ont été visés par des gaz lacrymogène et parfois par des balles réelles. Loin du tumulte, Y. Museveni a tranquillement sillonné le pays ces dernières semaines, coiffé de son emblématique chapeau à large bord, inaugurant de nouvelles routes, et tenant le décompte du nombre de jours le séparant de la victoire sur ses posters de campagne. Il a accusé son jeune rival d’être soutenu par «les étrangers» et «les homosexuels», et a plus largement suggéré que ses opposants sont aidés par des «gangs criminels». En 35 ans, il n’a jamais perdu une élection.

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