La reprise par le social ou le capital ? 

La Confédération patronale a très tôt fait d’afficher ses ambitions « sociales » en se préparant à entrer de plain pied dans l’ère post-confinement. Elle a adressé un mémo dans ce sens au chef du gouvernement pour arracher le « feu vert » qui permettrait à ses membres de jouir d’un délai de grâce supplémentaire d’une année avant que de revenir à de meilleurs sentiments vis-à-vis des salariés qui aspiraient, eux, à une revalorisation de leurs salaires de 5 %.

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La reprise par le social ou le capital ? 

 Ainsi, le Patronat se défausse d’un engagement antérieurement pris pour doper, il faut le rappeler, le pouvoir d’achat des citoyens. Au motif que la pandémie qui a surpris tout le monde a mis en équation les équilibres financiers de nombre d’entreprises appelées soit à réduire leur voilure à cause du confinement et de la mise sous cloche de nombre de marchés, soit de baisser le rideau… 

Nul ne saurait dire que les répercussions de la pandémie ont épargné les opérateurs. D’ailleurs, et cela se conçoit, l’État s’est même plié en quatre en cette période exceptionnelle pour voler au secours d’un secteur privé considéré, à tort ou à raison c’est selon, comme le moteur de la croissance. Un Fonds a été établi pour venir en aide aux opérateurs et les banques nationales ont été poussées à voler au secours des PME et PMI et autres TPE pour que le redémarrage soit le plus confortable possible. 

Mais est-ce une raison valable de « cliver » davantage la société en exigeant du gouvernement le « plus » qui se réalisera au détriment des classes laborieuses ? Certes, la CGEM a eu raison de prendre la défense de ses membres et, par ricochet, de faire « ruisseler » l’acquis, si jamais sa revendication est prise en compte, sur le reste des acteurs économiques. Mais songe-t-on aux conséquences d’un telle surenchère socio-économique lorsque l’État et les opérateurs privés conviennent que l’une des premières leçons à tirer de la pandémie consisterait à promouvoir le produit marocain auprès des consommateurs ? 

Si au sortir du confinement les entreprises paraissent bien fragilisées, que dire des salariés qui n’ont eu droit qu’à ce que la CNSS a bien voulu leur accorder pour joindre les deux bouts… 

Le choix est des plus cornéliens pour l’Exécutif. Prendra-t-il la défense des salariés, et donc ipso facto faire en sorte que la consommation nationale serve de levier à la croissance, où à contrario s’érigera-t-il en défenseur du « capital » et de ses représentants en faisant valoir la nécessaire « remontada » des opérateurs ? 

L’épisode est des plus corsé. A moins que l’on recourt à un arbitrage qui exigerait que la pomme soit coupée en deux. Histoire de satisfaire les deux protagonistes. Saad Eddine El Othmani est acculé. De quel bois se chauffe-t-il ? Valeur aujourd’hui, il est difficile de pouvoir trancher pour lui. Quand bien même il est de notoriété publique que tous les PJD se valent un peu lorsqu’il s’agit de privilégier le monde du business. Attendons pour voir la suite…  

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