La Sonatrach change de tête: Forte secousse en Algérie!

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En début de semaine, un véritable séisme a eu lieu en Algérie toute attachée aux commentaires sur la santé du Président Bouteflika sorti de l’ombre le temps de quelques images.
Le séisme, de forte magnitude, a touché la Sonatrach, véritable vache à lait du système et grand distributeur automatique de la richesse nationale. En effet, c’est désormais Abdelmoumen Ould Kaddour qui hérite du fauteuil de P-DG du first groupe algérien en lieu et place de Amine Mazouzi, débarqué sans autre forme de procès, par ceux qui l’ont installé naguère. Tout est officiel puisque c’est le ministère de l’Energie algérien qui l’a annoncé dans un communiqué lapidaire à l’issue d’un conseil d’administration présidé par Noureddine Bouterfa, ministre de l’Energie.
Pourtant, les médias algériens ont réservé un accueil froid à cette nouvelle nomination en s’interrogeant sur la nature de l’homme. Celui-là même qui a été confondu dans une affaire de trahison, avant d’être blanchi. Le polytechnicien diplômé du Massachusetts Institute of technologie (Etats-Unis), est en effet connu pour ses antécédents judiciaires. Il a été condamné, en février 2007, par le tribunal militaire de Blida à 30 mois de réclusion, dans le scandale Brown and Root Condor (BRC), joint-venture entre Sontarach (51%) et Halliburton, soupçonné d’avoir bénéficié de nombreux marchés publics en violation de la réglementation en vigueur. Ould Keddour, patron du BRC au moment des faits, avait été arrêté par les agents du DRS pour « divulgation d’informations classées secret défense ».
Selon quelques sources algériennes, le limogeage d’Amin Mazouzi s’expliquerait par un bilan négatif. Mais l’affaire prend une autre dimension lorsqu’on sait que le Palais El Mouradia et son hôte ne sont pas étrangers à de pareilles décisions jugées « stratégiques ». Le site d’information algérien lematindz.net rapporte que « BRC, qui a servi de tirelire à bien des pontes américains et algériens, s’occupait de tout et de rien, bénéficiant de marchés allant de l’engineering pétrolier à la construction d’hôpitaux ou de stades de football! Toutes les prestations de BRC étaient surfacturées. » Ce site ajoute que Sonatrach, sous Chakib Khelil avait confié, illégalement, vingt-sept projets à BRC signés de gré à gré.
Le site donne davantage de précisions: « BRC fut amenée à acheter, en 2004, du matériel sophistiqué destiné à l’armée algérienne, achat effectué auprès de la firme américaine Raytheon, pour un montant de 1,5 milliard de dollars. » Ce matériel, sous forme de «mallettes bourrées d’électroniques», était supposé permettre aux hauts gradés algériens de communiquer entre eux et de donner des ordres en toute sécurité. Or les services de renseignement russes ont prévenu leurs homologues algériens que les mallettes acquises à 1.5 milliard de dollars étaient connectées aux services d’écoute de la CIA. Ce qui a valu au nouveau PDG de la Sonatrach d’être traduit devant un tribunal militaire de Blida et ensuite condamné pour intelligence avec une puissance étrangère et trahison. Il écope de 30 mois de prison ferme pour «divulgation d’informations classées secret défense». Il sortira de prison en mars 2009, à la faveur d’une libération conditionnelle. Pour étouffer le scandale, Bouteflika a ordonné la dissolution de ladite société en 2007, au moment où Abdelmoumen chutait pour espionnage. Comment dès lors expliquer ce retour en grâce du nouveau P-DG de la Sonatrach ? Les Américains ont-ils réussi à convaincre l’entourage du Président de la pertinence d’une réhabilitation qui sent le soufre ? Une affaire qui rejoindra d’autres scandales qui émaillent la chronique algérienne. Pour des observateurs avertis, le pouvoir algérien qui agit en blanchisseur aura ainsi rivé le dernier clou dans le cercueil de l’ancienne garde que représentait le puissantissime patron du DRS défunt, le très célèbre Toufik.

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