La Turquie fait pression sur l’Iran : Le jeu trouble d’Ankara dans le bourbier syrien

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Une dizaine de groupes rebelles syriens ont gelé leur participation aux préparatifs des négociations de paix à Astana, accusant les forces du régime de ne pas respecter la cessation des hostilités en vigueur depuis vendredi dernier. La trêve parrainée par la Russie et la Turquie est marquée par des violations qui pourraient saborder les pourparlers d’Astana au Kazakhstan, prévus pour fin janvier. Le ministre des Affaires étrangères de la Turquie, Mevlüt Cavusoglu, s’est empressé hier à demander à Téhéran à faire pression sur Damas pour les faire cesser. «Si nous n’arrivons pas à stopper les violations croissantes du cessez-le-feu, le processus d’Astana pourrait échouer», a déclaré le chef de la diplomatie turque. «Quand nous regardons qui commet ces violations, nous voyons que c’est le Hezbollah, en particulier, les groupes chiites et le régime» syrien. Ainsi, l’Iran, qui soutient le président syrien Bachar Al Assad, doit «faire pression sur les milices chiites et le régime», a ajouté le ministre. Des déclarations qui ne passent pas sans susciter des réactions au sein des forces coalisées autour de Damas. Ces dernières laissent entendre que la dynamique guerrière dont font preuve les rebelles serait suscitée par Ankara qui diposerait d’officiers supérieurs chargés de la coordination tant à Idleb, fief des djihadistes, que dans la banlieue d’Alep. Cette dernière ville stratégique qui vient de renouer avec la paix étant toujours considérée par Ankara comme le verrou qui permet à la Turquie de garantir sa sécurité. Le Président turc n’a pas manqué de le reppeler en soulignant que la bataille d’Al-Bab, dans laquelle pas moins de 7.000 sodats turcs prêtent main forte aux rebelles du « Bouclier de l’Euphrate » serait gagnée dans quelques jours. Plus, des observateurs signalent que la Turquie persiste à souffler le chaud et le froid en Syrie pour amener la Russie à ne plus considérer « Fath Al-Cham », ex-Al-Nosra, comme un groupe terroriste. Pression qui n’est pas sans conséquences au regard des positions de principe que Moscou respecte en matière de souveraineté syrienne violée par l’intervention turque directe à Al-Bab. Gageons que c’est pour lever les équivoques que des représentants russes se rendraient en Turquie les 9 et 10 janvier pour discuter des pourparlers d’Astana. Si la trêve est respectée, le sommet pourrait avoir lieu le 23 janvier, selon le ministre turc. Une dizaine de groupes rebelles en Syrie ont annoncé, lundi, qu’ils suspendaient toute discussion liée aux pourparlers de paix prévus à Astana, en réponse aux «violations» par le régime de la trêve.
«Ces violations se poursuivant, les factions rebelles annoncent (…) le gel de toute discussion liée aux négociations d’Astana», ont-ils indiqué dans un communiqué. Ils affirment avoir «respecté le cessez-le-feu dans l’ensemble du territoire syrien (…), mais le régime et ses alliés n’ont cessé d’ouvrir le feu et ont mené d’importantes et fréquentes violations, notamment dans les régions (rebelles) de Ouadi Barada et la Ghouta orientale», toutes deux situées dans la province de Damas. Là où justement les terroristes de Fath Al-Cham sont présents et ont revendiqué haut et fort le sabotage des installations qui permettaient l’alimentation de Damas en eau potable.
Mais il faut croire que l’instabilité en Syrie risque de prendre une autre tournure avec les opérations terroristes qui visent à atténuer l’effet de la reprise par le régime d’Alep. En effet, la tension a repris le long du littoral syrien avec un attentat qui a visé, il y a quelques jours, la ville de Tartous, suivi d’un autre, plus meurtrier, qui a ciblé un souk dans la ville de Jabla. L’attentat à la voiture piégée a fait au moins 15 morts et des dizaines de blessés évacués vers Lattaquié. Le jeu trouble d’Ankara dans le bourbier syrien est éminemment dénoncé par Damas qui confirme haut et fort que la paix ne saurait être sans que Turcs, Américains et Européens ne lèvent la main sur le dossier syrien.

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