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L’Afrique des cobayes a choqué, en haut lieu, à Dakar

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Abdou Latif Coulibaly a vitupéré, dans une tribune publiée le 5 avril, choqué par les déclarations d’un chercheur de l’Institut français de la recherche médicale (Inserm) et d’un chef de service d’un hôpital parisien, ainsi qu’une note du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du Quai d’Orsay datée du 24 mars. 

Dans les propos diffusés le 1er avril par la chaîne française d’information LCI, Camille Locht, de l’Inserm, et Jean-Paul Mira, chef de service à l’hôpital Cochin, évoquaient la pertinence éventuelle d’une étude qui pourrait être menée en Afrique autour du vaccin BCG contre le Covid-19, avec la même approche que des études conduites sur les «prostituées» contre le sida.
La note du CAPS, elle, met en garde contre le risque que le Covid-19 ne balaie des «régimes fragiles» ou «en bout de course» en Afrique, et incite à anticiper les crises possibles en approchant de futurs interlocuteurs. 

Le porte-parole de Macky Sall, dit avoir été «choqué, comme beaucoup de citoyens africains, traumatisé même» par «la désinvolture et le mépris affichés pour la vie des Africains, marqueurs d’un racisme qui s’ignore certainement», de la part du chercheur et du médecin. Ces propos dénotent une «bêtise que je pense congénitale, car elle est [le] produit d’une histoire coloniale aux séquelles dévastatrices», estime-t-il. Et d’ajouter que la note du CAPS est rédigée «dans le même esprit».

Ce que l’universitaire et critique palestino-américain Edward Saïd identifiait chez l’écrivain Albert Camus comme manifestant «l’inconscient colonial peut être répété concernant beaucoup d’intellectuels et d’officiels occidentaux dans leur rapport à l’Afrique», affirme-t-il. Les propos des deux scientifiques «ne reflètent pas la position» de la France, fait valoir le Quai d’Orsay.

Le chercheur et le médecin français ont présenté leurs excuses, depuis le tollé suscité par leurs propos télévisés. L’Inserm a déclaré que la vidéo avait été tronquée et avait donné lieu à des interprétations «erronées». Jean-Paul Mira, cité dans un communiqué des Hôpitaux de Paris, a plaidé la maladresse.

Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré pour sa part que leurs paroles «ne reflétaient pas la position» de la France. Même chose pour la note du CAPS, selon le quai d’Orsay, qui ne vise qu’à alimenter «la réflexion interne».

 

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