L’alerte Fnideq…

Le Maroc est-il condamné à perdre son nord socialement et politiquement après avoir engrangé des acquis non négligeables sur le plan économique ? La question se pose avec acuité à l’heure où une alerte a retenti depuis Fnideq, « temple » de la contrebande que la mansuétude de l’Etat a laissé faire et laissé circuler avant de prendre conscience des enjeux d’une économie parasitaire qui mine le tissu productif local et détruit le lien social.

0
L’alerte Fnideq…

Avec une gestion de crise qui, comme par hasard, ne se fait pas de manière pro-active, une aberration pour les sécuritaires, comme cela s’est déjà vérifié lors du Hirak rifain, il est fort probable que le pays renoue avec les manifestations de colère au regard des fragilités qui accompagnent la pandémie et sa gestion. Le ras-le-bol est bien là et ce n’est un secret pour personne que l’atmosphère du confinement pourrait servir de catalyseur pour une irruption à l’image de ce qui a déjà eu lieu dans bien d’autres régions. 

Tout le monde se souvient des images intolérables, pour tout marocain qui se respecte, de ces nuées de « mules » qui s’agitaient aux postes-frontière avec les Présides spoliés… Brimées ici, comme ailleurs, chargées à bloc et titubant sous les ballots qui font la richesse de quelques têtes d’affiche de la région. Tout cela était toléré de ce côté-ci de la frontière quand bien même les données économiques laissaient entendre que la non gestion d’un « coût social » engendrait un surcoût économique et social des plus lourds pour le pays. 

Nul besoin de rappeler les milliards de dirhams que le Maroc a perdus faute de volonté politique. Et si aujourd’hui la décision est prise d’assécher les sources du fameux « trabando », ne fallait-il pas prévoir une alternative à une activité délictueuse pour mieux négocier pareil délestage ? Cette question rappelle, à bien des égards, celle qui a trait à la culture du cannabis et au circuit socio-économique qu’il a su charrier dans son sillage. Doit-on parler d’échec en la matière ? 

Tout déplacement dans la zone nord rappelle à ceux qui ont l’âge qui leur permet de faire la comparaison que le Maroc a réussi bien des prouesses. Infrastructure routière et portuaire, les plus visibles en tout cas, témoignent de l’ampleur des investissements publics, lourds, ainsi consentis. Toutefois, pareil effort n’aura pas été accompagné du meilleur ruissellement au grand bénéfice de la population locale. Et ce n’est pas pour rien que l’action du BCIJ a souvent été montée en épingle dans cette vaste région où défrayé la chronique dans cette vaste zone où l’undeground socio-économique ne saurait s’accompagner que par l’explosion du discours djihadiste. L’Etat doit être conséquent lorsqu’il entreprend des actions stratégiques. Toutes les réactions en chaine doivent être appréhendées pour gérer au mieux les processus de transition et donc l’impondérable. 

Faible, l’Exécutif qui a failli dans la gestion du Hirak rifain risque, une fois de plus, de passer à côté de la colère de Fnideq. A trop minorer le trop-plein de colère, risque il y a de voir la contestation faire tâche d’huile. A-t-on le luxe de fermer les yeux sur les cicatrices sociales d’un déclassement économique programmé et qui plus est renforcé en cette période de pandémie? 

Osons croire le contraire…

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus