L’Algérie à la croisée des chemins: L’Armée ne peut occulter l’offre politique en lice

Face à la mobilisation des formations politiques et de figures de proue de la société civile pour dégager une issue à la crise profonde que traverse l’Algérie, Ahmed Gaïd Salah qui s’habitue aux habits de « l’homme fort » du système persiste dans le déni.
S’il assure que l’armée n’a pas d’ambitions politiques, il ne cherche pas non plus à se rapprocher des milieux qui offrent l’alternative.
La transition se complique.

Une dizaine de partis de la mouvance démocratique et pas moins de 80 personnalités de la société civile se sont retrouvés ce mercredi 26 juin, au siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) à Alger.
Objectif de cette troisième réunion du genre, mettre les dernières retouches à la feuille de route de sortie de crise que vit l’Algérie.
Cette réunion, qui succède à la précédente tenue au siège du Front des forces socialistes (FFS), a été marquée par la participation de nouvelles personnalités et partis politiques.

Ainsi, le PST, le MDS, l’UCP et le PLD se joignent au triumvirat FFS-RCD-PT, tous actifs dès le début de l’initiative.
Les participants ont pour ambitions de se mettre d’accord sur une feuille de route pour une sortie de crise en dehors des présidentielles auxquelles a appelé le pouvoir et les partis qui lui sont inféodés.

La rencontre sera sanctionnée par un document qui trace les grandes lignes de la transition démocratique. Les partis et personnalités de la mouvance ambitionnent de constituer une alternative au régime en place et comptent peser dans les choix à venir.

Ils rejettent la gestion actuelle de la crise et dénoncent le recours aux arrestations et à la mise sous tutelle de la justice par Ahmed Gaid Salah, chef de l’état-major de l’armée.

Pour rappel, ce dernier s’est exprimé le même jour depuis Cherchell, sur la situation politique que traverse le pays.
Soulignant à l’occasion que « l’armée va continuer à accompagner le peuple au sens propre du terme. Le commandement de l’armée n’a pas d’ambitions politiques », rapporte l’ENTV.

On signalera qu’Ali Benflis a fait une proposition pour sortir l’Algérie de la crise actuelle. Dans un entretien accordé au Quotidien d’Oran, le président de Talai Elhouriat, a évoqué quatre axes qui pourraient aider à l’émergence d’une alternative.

« Le premier axe du plan que je propose part du constat d’une réalité politique incontournable. Je veux dire qu’il n’y a pas de dialogue national possible sous l’égide des figures résiduelles du régime politique qui a sévi dans notre pays deux décennies durant. J’ai donc proposé que la partie invitante au dialogue soit composée de personnalités nationales sans affiliation partisane et jouissant d’une large acceptation populaire», a indiqué l’ancien premier ministre.

«Le deuxième axe de ma proposition porte sur le cadre du dialogue national qui doit nécessairement s’insérer dans la trajectoire de la satisfaction des demandes légitimes formulées par le peuple algérien et du changement de régime politique qu’il veut et qu’il attend », a-t-il poursuivi.

Le troisième axe « concerne l’objectif du dialogue national qu’une très large tendance a permis de dégager et qui porte sur l’option de la tenue de l’élection présidentielles dans des délais raisonnable et acceptables».

Enfin, le quatrième axe du plan proposé s’articule autour de quatre points :

  1. Les conditions politiques du scrutin présidentiel
  2. Ses conditions institutionnelles
  3. Ses conditions légales
  4. La date de la tenue de l’élection présidentielle.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus