L’Algérie piétine : Le système mis à nu

Passé le cap de l’organisation de la Coupe d’Afrique dans laquelle le pouvoir algérien plaçait ses espoirs, le foot étant aussi « l’opium du peuple », la nomenklatura a choisi de réoccuper le terrain en jouant sur plusieurs tableaux à la fois. D’abord, il y a la liquidation de ce que le système algérien appelait «terrorisme résiduel », l’APN ayant réussi une opération qui aurait conduit à la liquidation, dans la région de Boumerdès, du chef de file de Jund Al-Khilafa. C’est toujours bon à prendre pour faire oublier le précédent d’In Amenas. Ensuite, en multipliant les démarches de bons offices pour régler les problèmes du voisinage, les cas du Mali et de la Libye restant toujours en suspens, avec les dangers qu’ils font courir à la stabilité de l’Algérie. Et last but not least, rien ne vaut d’occuper la scène politique en faisant grand cas de la révision de la Constitution pour laquelle deux consultations ont déjà eu lieu… Sans pour autant que les formations politiques ne soient fixés sur sa teneur. Surtout que « la vacance de pouvoir » qui profite à Said Bouteflika, depuis que son frère Président est diminué, a poussé de gros calibres politiques, bénéficiant d’une aura historique doublée d’une respectabilité aussi bien nationale qu’internationale, à en appeler à la grande muette pour qu’elle sorte de son silence pour aider le pays à s’assurer d’une alternance politique sans dégâts. Ainsi, une offensive été menée par le tandem du FLN, Ould Khelifa-Saadani, auxquels s’est adjoint le secrétaire général du RND, Abdelkader Bensalah, pour faire monter les enchères politico-politiciennes. Avant qu’une voix «autorisée» n’intervienne pour les rappeler à l’ordre. C’est Mourad Medelci, président du Conseil constitutionnel, qui est sorti de sa réserve pour rappeler trio susmentionné la réalité toute nue. «La Constitution est régie par des règles claires et lorsque le président de la République décide de procéder à sa révision, il le fait à travers une saisine officielle du Conseil constitutionnel, et nous sommes en attente de cette saisine jusqu’à présent», a-t-il martelé. Mais serait-ce suffisant pour que la fièvre ainsi alimentée retombe. Rien n’est moins sûr. Surtout que le système est loin d’être crédible aux yeux d’une opinion très attentive aux scandales qui façonnent le quotidien d’une république de toutes les gabegies. Au-delà des procès vite pliés, c’est un nouveau pavé qui est jeté dans la mare. Il s’agit d’un livre publié en France qui apporte nombre d’éclairages sur les « affaires » dans lesquelles trompent nombre de dignitaires du régime. Commis par deux grands reporters français « Paris-Alger, une histoire passionnelle » ne restera pas en stock. Surtout que des noms comme Sellal, Bouchareb, Saadani, Brahimi, Cherif Abbas sont cités pour leurs acquisitions immobilières en bordure de la Seine et bien au-delà de la capitale des lumières. Ca sent le roussi…  Tout cela donne du poids à Louisa Hanoune qui, dans un de ses récents meetings populaires a fait état de la gabegie dont fait montre le système. Les chiffres confirment une certaine tendance au laisser-aller avec un secteur informel qui brasse près 3700 milliards de dinars selon le Premier ministre et une évasion frauduleuse de devises à hauteur de 60 milliards de dollars, selon le président de la République, a-t-elle rappelé. La leader du parti du Travail (PT) s’interroge pourquoi le privé bénéficie de 60 milliards d’effacement de dettes fiscales alors que la fraude est évaluée à 5000 milliards. A ses yeux, « l’oligarchie » qui vit de la rente que lui offre une économie parasitaire ne saurait faire preuve de « nationalisme » comme le fait la vraie bourgeoisie qui investit pour développer son pays. A ses yeux, «les révolutions naissent pour deux raisons : l’exploitation d’une majorité du peuple par une minorité de privilégiés (sociale) ou alors l’oppression et la dictature (politique).» Une prémonition ?

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