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L’Allemagne privée du gaz russe : Retour à la case charbon…

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« Ce que nous avons vu la semaine dernière revêt une autre dimension. La réduction des livraisons de gaz par Nord Stream est une attaque contre nous », a-t-il affirmé mardi 21 juin, lors d’un discours devant les patrons de l’industrie à Berlin.

Le ministre allemand a par ailleurs déclaré que le gouvernement pourrait être amené à décréter un rationnement énergétique obligatoire dans le pays : « Nous serons contraints d’adopter de nouvelles mesures d’économie, si nécessaire, par décret », a-t-il déclaré à la chaîne de télé TVARD.

Dimanche 19 juin, il avait déclaré via un communiqué que son pays va aussi devoir recourir au charbon, combustible fossile le plus émetteur en gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique, alors le gouvernement d’Olaf Scholz avait promis de sortir du charbon d’ici à 2030.
« C’est amer, mais c’est indispensable pour réduire la consommation de gaz », a réagi le ministre allemand écologiste de l’Economie.

La Russie a pris cette mesure en riposte après l’annonce par Kiev de l’envoi de canons automoteurs allemands Panzerhaubitze 2000 à l’armée ukrainienne. Berlin avait annoncé début mai que l’Allemagne lui en fournirait sept pour l’aider à contrer l’armée russe.

La société russe Gazprom a averti la semaine dernière qu’elle était « obligée d’arrêter de suspendre le fonctionnement de la pompe fabriquée par la société allemande Siemens à la station de pression de Portovaya de North Stream » en raison de la nécessité de sa maintenance, ce qui conduira à « réduire d’un tiers ses expéditions de gaz vers l’Europe via ce gazoduc ».En service depuis 2012, Nord Stream alimente l’Allemagne en gaz russe via la mer Baltique. Selon la compagnie, sa production journalière passera de 100 à 67 millions de mètres cubes par jour à compter du 16 juin. Une première baisse de 167 à 100 millions de mètres cubes avait été décidée quelques jours auparavant.

L’Allemagne était censée être approvisionnée par le nouveau projet Nord Stream 2, auquel l’Allemagne a contribué financièrement, malgré les pressions énormes exercées par les Etats-Unis et leurs tentatives de lui faire obstruction. Une fois achevé, il devait entrer en service lorsque la crise a éclaté entre la Russie et l’Ukraine, et l’Allemagne a décidé de suspendre son partenariat après que la Russie a reconnu la souveraineté des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk. Les accords de Minsk en 2014 auraient dû discuter les demandes d’indépendance de ces deux régions russophones de la région Donbass de l’Est ukrainien, mais les puissances occidentales les ont totalement ignorés pendant 8 années. La Russie a déclaré entre autres comme objectifs de sa guerre en Ukraine d’aider ces deux républiques qui ont subi des attaques régulières pendant ce temps-là, fauchant la vie à plus de 13 mille habitants.

L’arme du « titane »

Par ailleurs, l’agence Bloomberg a rapporté que les approvisionnements en diesel russe vers l’Europe demeurent élevés en dépit des sanctions et des tentatives de renoncer aux ressources énergétiques russes. Ils ont atteint les 14 millions de barils durant ce mois-ci, ce qui ne constitue qu’une baisse insignifiante par rapport à leur niveau d’avant la guerre en Ukraine, affirme l’agence qui s’est basée sur les chiffres et datas de la société analytique Vortexa.
Selon elle, le diesel russe qui est acheminé depuis des Etats qui faisaient partie de l’ex-Union soviétique constitue la moitié du carburant importé par les pays européens.

Mais la guerre économique ne fleure pas bon uniquement les hydrocarbures. Ainsi, la société européenne Airbus a de nouveau appelé l’Union européenne à ne pas imposer de sanctions contre le titane russe, métal activement utilisé dans l’industrie aéronautique.

« Nous pensons que les sanctions sur le titane de la Russie deviendront des sanctions contre nous-mêmes. Les ventes de titane sont l’un de ces domaines d’activité où aucune des parties n’est intéressée à changer la situation actuelle », a déclaré Guillaume Faury, PDG d’Airbus, lors d’un rassemblement aéronautique au Qatar ce week-end, rapporte le quotidien américain Wall Street Journal dans son édition du mardi 21 juin.

Selon le cabinet de conseil Alix Partners, Airbus achète environ 65 % de ce métal à la Russie. Son dirigeant Pascal Fabre déplore un passage à d’autres fabricants qui dépend d’un long processus de certification complexe qui peut prendre de 18 à 24 mois. « Il y a une très forte dépendance vis-à-vis d’un fournisseur spécifique. Il est très difficile de changer complètement tout le système », explique-t-il

Airbus n’est pas la seule entreprise occidentale qui achète encore du titane à la Russie, mais elle fait partie des plus grandes entreprises aérospatiales qui le font encore. Le titane a jusqu’à présent été exclu des listes de sanctions de l’UE et des États-Unis, mais de nombreux acheteurs ont réduit leur exposition aux sources russes, notamment le rival d’Airbus, Boeing, qui achetait auparavant environ un tiers de son titane à la Russie.

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