L’Allemagne se renforce au Sahel: La France aussi…

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Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a achevé dimanche soir à Faya- Largeau dans le nord du Tchad sa tournée d’adieux au Sahel. Après Bamako, Gao et samedi soir Niamey, le ministre a été reçu ce matin à Ndjamena par le président Idriss Déby Itno.
Dans la région, des inquiétudes commencent à poindre quant à l’avenir du dispositif Barkhane, après l’élection présidentielle en France. A Niamey, au Niger, le responsable français avait annoncé notamment le déploiement temporaire d’un groupe d’appui opérationnel de 80 hommes à Tillabéry, région où l’armée nigérienne avait subi la semaine dernière, une attaque dont le bilan s’est alourdi, à 16 morts après le décès d’un militaire nigérien qui avait été blessé dans les affrontements.
Il y a lieu de rappeler que la France est appuyée dans son investissement sahélien par les Américains. Mais aussi par l’armée allemande qui a renforcé sa présence au Mali, avec l’arrivée de huit hélicoptères et de plusieurs centaines d’hommes, une décision emblématique de la montée en puissance européenne que la France appelle de ses voeux en Afrique.
Depuis quelques jours, quatre hélicoptères de transport NH90 aux couleurs allemandes stationnent sur le tarmac de l’aéroport de Gao (nord), transformé en camp retranché de l’Onu et de la force française Barkhane, fer de lance de la lutte antiterroriste au Sahel.
Ils seront rejoints, début mars, par quatre hélicoptères de combat Tigre qui assureront leur sécurité rapprochée et participeront à des missions de reconnaissance, au côté de blindés légers et drones allemands.
« Ces missions de reconnaissance sont notre principale contribution à la Minusma », la mission de paix de l’Onu au Mali, explique le chef du contingent allemand, le lieutenant-colonel Marc Paare.
Ce contingent, passé de 150 à 800 hommes en quelques mois –atteindra près de 1.000 bientôt – constitue le plus gros déploiement de la Bundeswehr à l’étranger, devant la mission en Afghanistan. Son mandat a été prolongé en début d’année par le Parlement allemand jusqu’en janvier 2018.
La Minusma reste la mission la plus coûteuse en vie humaines depuis la Somalie en 1993-1995, avec plus de 70 Casques bleus tués par des attaques de djihadistes.
Deux attentats suicide ont frappé dernièrement le secteur de l’aéroport de Gao, dont l’un, le 18 janvier, a fauché des dizaines de soldats maliens et ex-rebelles réunis dans un campement pour des patrouilles mixtes.
Les Allemands ont des règles d’engagement très strictes qui limitent leur marge de manoeuvre sur le terrain.
A la différence de Barkhane, qui compte 4.000 hommes au Sahel dont 1.400 à Gao, « nous n’avons pas pour mandat de traquer les terroristes », souligne l’officier allemand.
La Minusma est avant tout chargée de sécuriser les populations et veiller à la mise en oeuvre des accords de paix de 2015. Manquant de blindés et bridée par le peu de motivation de certains contingents à sortir sur le terrain, elle peine à remplir sa mission.
L’Allemagne, qui a positionné deux avions de transport militaires Transall à Niamey, pourrait aussi participer au financement de la force commune que cinq pays de la région (Niger, Mali, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie) veulent mettre en place pour combattre les groupes terroristes.

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