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L’Amérique du tout nucléaire: Start & go!

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Entre Moscou et Washington, laborieux est le dialogue depuis que l’Amérique développe une russophobie liée non seulement à une prétendue implication dans les élections présidentielles US, mais aussi et surtout de la volonté russe de promouvoir un monde multipolaire, loin du diktat US. Malgré cela, la diplomatie russe fait preuve de constance à vouloir négocier plus que céder aux sirènes d’une relance de la course aux armements. «Cela fait longtemps qu’il n’y a pas de dialogue de fond et concret sur ce sujet avec les Américains. Il est venu le temps de le relancer», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, appelant Washington à reprendre le dialogue sur la défense antimissile.

Comme la pertinence du sujet de la défense antimissile entre la Russie et les Etats-Unis ne cesse d’augmenter, il est temps que les parties entament une discussion de fond à ce sujet, a déclaré Sergueï Riabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, dans une interview accordée au journal russe Izvestia. «J’aimerais souligner la pertinence accrue du problème de la défense antimissile. Je rappelle, dans le préambule de l’actuel Traité sur la réduction des armements stratégiques offensifs (START), qu’il existe un lien inextricable entre le START et la défense antimissile. Cela fait longtemps qu’il n’y a pas de dialogue de fond et concret sur ce sujet avec les Américains. Il est venu le temps de le relancer», assure le diplomate russe.

Cette invitation à la table des négociations intervient après la publication récente du Pentagone de sa nouvelle «Revue de la posture nucléaire» américaine dans laquelle il accorde une grande attention au développement des forces nucléaires russes. Parmi les autres menaces potentielles, sont cités la Corée du Nord, l’Iran et la Chine. Le Pentagone a souligné que les efforts des États-Unis seraient concentrés sur le développement des armes nucléaires de faible puissance.

Par ailleurs, la nouvelle doctrine prévoit l’augmentation des dépenses militaires pour la modernisation de l’arsenal et le développement des éléments de la triade nucléaire américaine (missiles balistiques, sous-marins stratégiques et bombardiers). Les États-Unis ont réitéré leur attachement à l’idée d’une réduction de leurs forces nucléaires tout en qualifiant l’accord de l’Onu sur l’abolition de ces armes comme n’étant pas conforme à l’ordre du jour actuel.

Le document prévoit que le recours des USA aux armes nucléaires dans des circonstances d’urgence pour protéger leurs intérêts vitaux, ainsi que leurs alliés et leurs partenaires. La doctrine précise que des «circonstances d’urgence» impliquent entre autres «des attaques stratégiques non nucléaires à grande échelle». Désormais, on n’est plus dans la logique de la dissuasion, mais celle de l’escalade nucléaire.

Moscou juge que la doctrine en question revêt un caractère de confrontation et est orientée contre la Russie, les déclarations de Washington assurant que Moscou renonçait à la poursuite de la réduction des armes nucléaires étant une «entourloupe». Et dénonce le caractère «belliqueux» et «antirusse» de la nouvelle posture nucléaire américaine, tout en promettant de prendre «les mesures nécessaires» afin d’assurer sa sécurité face aux États-Unis qui tentent, selon Moscou, de «remettre en question son droit à la légitime défense».

Les principes de la nouvelle doctrine nucléaire américaine abaissent le seuil de l’emploi  des armes nucléaires, selon les menaces politiques et militaires auxquelles Washington doit faire face, explique l’expert militaire Igor Korotchenko. «En ce qui concerne le possible emploi de l’arme nucléaire, Washington a toujours refusé de se lier les mains et il continuera à menacer ses adversaires géopolitiques de son utilisation. Le seuil de son emploi, y compris contre les pays non-nucléaires, relevait toujours de la décision du Président américain. Le recours aux menaces et au chantage restent le mainstream de la politique américaine», ajoute l’expert. Lequel assure aussi qu’à part les armes nucléaires il existait d’autres composantes de la puissance militaire américaine. Et de conclure que «la doctrine militaire est importante, mais il ne faut pas oublier que la puissance militaire des Etats Unis   comprend deux autres composantes fondamentales: la défense antimissile stratégique et des armes qu’on peut employer pour effectuer une frappe non-nucléaire globale. Ces trois composantes doivent être analysées ensemble».

Les États-Unis veulent «rejeter leur mauvaise conscience» quand ils déclarent que la Russie est en mesure d’être la première à effectuer une «frappe nucléaire limitée», estime un député russe, rappelant qu’une telle mesure n’était pas prévue dans les documents officiels russes.

Commentant la nouvelle doctrine nucléaire américaine, qui assure que Moscou pourrait être le premier à réaliser une «frappe nucléaire limitée», le chef de la commission de la défense à la Douma russe, Vladimir Chamanov, a rappelé qu’un tel scénario n’était pas prévu par les documents officiels. «C’est le rejet de la mauvaise conscience. Il y a un mois, les militaires américains ont présenté une suggestion au Sénat tendant à les autoriser à effectuer une attaque nucléaire préventive. Dans les documents officiels, nous n’avons jamais eu ni n’aurons de telle possibilité», a-t-il indiqué.

Le texte de la nouvelle doctrine indique que face à la menace d’une «frappe nucléaire limitée» émanant de Moscou, les Etats Unis sont prêts à assumer un prix inacceptable élevé en cas d’agression russe.

Le parlementaire a souligné que la stratégie annoncée par les États-Unis apparaîtrait comme «un chemin direct pour attiser les tensions et les confrontations».

Le ministère chinois de la Défense a vivement réagi à la nouvelle doctrine nucléaire US, dans laquelle la menace du potentiel nucléaire chinois serait surestimée. «Le ministère américain de la Défense a publié une doctrine nucléaire contenant des hypothèses absurdes sur les plans de développement de la Chine et exagérant la menace des forces nucléaires chinoises, ce à quoi nous nous opposons fermement», signale une déclaration du ministère chinois publiée sur son compte officiel sur le réseau social WeChat.

La déclaration rappelle que «la Chine se tient fermement à une voie pacifique de développement, appliquant une politique d’État à caractère défensif, et respecte strictement ses engagements quant au principe de ne recourir en aucun cas en premier à l’arme nucléaire et de ne pas utiliser et de ne pas menacer d’utiliser des armes nucléaires contre des États ne disposant pas de potentiel nucléaire et dans les zones dénucléarisées».

En Iran, la réaction ne s’est pas fait attendre. En effet,  Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré que le document rapprochait l’humanité d’une extermination. De la sorte, les États-Unis se montrent très dépendants des armes nucléaires et rendent la fin du monde très proche. «La Revue de la posture nucléaire des États-Unis reflète leur dépendance croissante aux armes nucléaires ce qui constitue une violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Rien d’étonnant que l’horloge de l’Apocalypse soit dans la position la plus dangereuse depuis 1953», a lancé J .Zarif sur Twitter. Selon J. Zarif, l’obstination du Président Donald Trump, qui cherche à détruire le Plan global d’action conjoint sur le nucléaire iranien (JCPOA), s’explique par « la même imprudence dangereuse».

Les critiques dépassent le seul cercle des « adversaires » pointés par Washington. En Europe, la diplomatie allemande craint que la volonté US de se doter de nouvelles armes nucléaires à faible rayon d’action ne risque de déclencher une nouvelle spirale de la course aux armements. «La décision du gouvernement américain concernant de nouvelles armes nucléaires tactiques démontre qu’une nouvelle spirale de la course aux armements nucléaires est déjà en cours. Comme à l’époque de la guerre froide nous, les Européens, sommes particulièrement vulnérables. C’est pourquoi il nous reviens à nous de lancer de nouvelles initiatives relatives au contrôle des armements et au désarmement»,  estime Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères. A ses yeux, tout cela «envoie de faux signaux», et les accords actuellement en vigueur concernant le contrôle des armements doivent être préservés.

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