L’armée monte au front politique : Qu’est-ce qui se passe en Gambie ?

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Le chef de l’armée gambienne Ousman Badjie a réaffirmé mercredi son « soutien inébranlable » à Yahya Jammeh qui refuse de quitter le pouvoir à la suite de sa défaite à la présidentielle. La Cour suprême a été saisie de nouvelles plaintes contestant les résultats de l’élection de décembre. Le général Ousman Badjie a renouvelé « l’assurance de la loyauté et du soutien inébranlable des forces armées gambiennes » au président qui briguait un cinquième mandat ainsi qu’aux autorités, a-t-il écrit, en félicitant aussi Yahya Jammeh pour son « engagement personnel » envers l’armée. Il y a lieu de rappeler que cette même position de ce galonné avaité été faite à la délégation des chefs d’Etat ouest-africains qui a séjourné dans le pays le 13 décembre dernier en vue de désamorcer la crise institutionnelle dans laquelle risque de s’engluer la Gambie. Il était arrivé aux discussions en portant sur son uniforme un badge de Yahya Jammeh, affirmant qu’il soutenait « le commandant en chef, le président Yahya Jammeh ».
Le chef de l’armée gambienne a par ailleurs plusieurs fois réitéré ses critiques contre la Commission électorale indépendante (IEC) et son président, Alieu Momar Njie, à l’origine d’ « erreurs inacceptables ».
Le président de la CEI dont les locaux ont été fermés durant deux semaines, a fui vers le Sénégal car il craignait pour sa sécurité.
Le parti de Yahya Jammeh, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), a déposé mardi 03 janvier deux nouvelles plaintes auprès de la Cour suprême gambienne établissant que les résultats ont été falsifiés dans deux régions, privant ainsi le président gambien d’une « victoire bien méritée ».
L’APRC avait déjà saisi la Cour suprême le 13 décembre dernier pour contester les résultats de l’élection présidentielle. Un recours devant être examiné le 10 janvier, à neuf jours de l’expiration du mandat de Yahya Jammeh.
L’issue de la crise post-électorale gambienne est toujours incertaine alors que le président nouvellement élu Adama Barrow doit être investi le 19 janvier.
La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), tout comme les Nations unies et la communauté internationale, maintiennent la pression sur Yahya Jammeh. Même si elle privilégie un transfert pacifique du pouvoir, la Cedeao n’exclue pas le recours à la force pour évincer le chef de l’Etat qui s’accroche au pouvoir…

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