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Le chef du gouvernement rattrapé par la colère du peuple : Lorsque Timitar reprend en cœur « Dégage ! »

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Le Maroc renoue avec une campagne lancée sur les réseaux sociaux invitant le chef du gouvernement au départ. Le hashtag est de retour et fait craindre un raz de marée difficilement surmontable par le « patron de la majorité » auquel on reproche non seulement d’avoir mis sous haute pression le pouvoir d’achat, avec le yo-yo des prix de carburants, en servant les intérêts propres des importateurs et distributeurs de produits pétroliers dont il est un acteur majeur, mais aussi de nourrir « le mélange des genres » incompatible avec l’éthique politique.

De passage à Agadir où il devait clôturer le festival musical Timitar qu’il a lui-même mis sur rails depuis des années, A. Akhannouch a préféré s’éclipser lorsque la foule s’est mise à entonner à l’unisson : « Dégage, Dégage ! »

L’alerte est on ne peut plus chaude lorsqu’on sait que dans les provinces du Nord, là où la boussole politique devait normalement aiguillonner les déplacements du patron de l’Exécutif, les incendies faisaient encore rage.

Chaud devant ! Le chef de file de la majorité aux affaires se retrouve, après avoir été porté aux nues, désarmés face à une vox populi qui, pour l’heure, gronde. Et de plus en plus fortement, la voix de la contestation prend de l’ampleur au point de ne plus être ignorée en haut lieu, là où la stabilité de la situation est évaluée et calculée à l’once près.

Devant une vague de contestation qui monte, des politiques ont commencé, pour leur part, à donner de la voix. Rejoignant les critiques exprimées depuis plusieurs mois par le PSU, il faut croire que le PPS s’est fait une raison pour réagir. Moins radical que Nabila Mounib, Nabil Benabdellah, S.G du Parti du progrès et du socialisme (PPS), a appelé, dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, à ce que «les compagnies pétrolières qui ont accumulé des profits effrayants» contribuent «un peu à l’effort national». Comme il a appelé le gouvernement à prendre «une décision souveraine» de redémarrer l’activité des raffineries Samir. Selon lui, cette mesure permettra de reprendre le contrôle sur la distribution et le prix du carburant. «Aujourd’hui, les prix ont baissé au niveau mondial» et «[les décideurs marocains] regardent en spectateurs», a ajouté N. Benabdellah. La baisse mondiale «ne s’est reflétée ni sur le prix du carburant [au Maroc], ni sur celui des autres matières premières et de base», a-t-il déploré. «Qu’attend ce gouvernement ? Jusqu’à quand continuera-t-il à traiter les Marocains de la sorte ? La patience des Marocains est à bout», a fustigé le leader du PPS. «Si vous êtes vraiment un gouvernement politique, alors intervenez immédiatement pour stopper l’inflation des prix», a-t-il encore ajouté.

Depuis jeudi, de nombreux internautes, acteurs politiques et associatifs ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux, à travers un hashtag qui a bénéficié d’une grande interaction. Les publications qui y sont rattachées ont exigé la réduction des prix du gasoil à sept dirhams et de l’essence à huit dirhams. Elles ont également appelé au départ d’un chef du gouvernement qui cumule responsabilité à la tête de l’exécutif et intérêts familiaux de distribution de carburants.

Abdelilah Benkirane a exprimé à nouveau son opposition à la nouvelle campagne lancée sur les réseaux sociaux. «Je ne suis pas d’accord avec ces appels qui demandent à ce gouvernement de dégager maintenant. (…) Ce gouvernement doit rester et doit bénéficier du temps nécessaire afin de démontrer ce dont il est capable», a estimé le secrétaire général du PJD lors d’une intervention diffusée, samedi 16 juillet, sur le site de son parti.

A. Benkirane soutient que «les hashtags et les referendums ne font pas destituer les gouvernement au Maroc. Seul Sidna (le roi Mohammed VI, ndlr) en a la compétence (…) Sidna voit et suit parfaitement» la situation et lorsqu’il considère que cet exécutif «ne fait pas son travail et que le peuple ne le tolère plus alors Sidna va mettre fin à ce cabinet et appeler à l’organisation d’élections législatives anticipées», a-t-il précisé.   Tout en laissant aux membres de son parti la liberté de s’engager dans la campagne demandant le départ d’A. Akhannouch. «Si vous voulez y participer, c’est votre droit. Je n’ai aucune objection. Mais moi, je ne vais pas prendre part à ce hashtag», a-t-il martelé.

A. Benkirane n’est pas à un coup de semonce près. En février dernier, il avait exprimé, lors de la séance inaugurale d’une session ordinaire du conseil national du PJD, son «étonnement» quant à la campagne lancée, en février dernier, sur les réseaux sociaux, réclamant le limogeage du chef du gouvernement. «C’est bizarre (…) Je suis contre les personnes qui demandent le départ d’Akhannouch, maintenant»,avait-il soutenu. Le secrétaire général du PJD avait notamment mis en garde ses «frères» voulant prendre part à une «opération de règlement de comptes» et de «complots» visant l’actuel chef de l’exécutif. Appelant à donner au président du RNI «un an» afin qu’il apporte des solutions aux problèmes des Marocains. Dans le cas contraire, il a émis le souhait que le roi intervienne «et organise des élections législatives anticipées, comme en 2011».

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